MME DE GENLIS A N. P. FORTH
[Bellechasse, fin avril 1784].
Mme de Genlis envoie à M. Forth un paquet (2) très important pour M. le duc de Chartres. Il est de la plus grande conséquence qu’il le reçoive le plus tôt possible. Mme de Genlis conjure M. Forth de le! faire partir, de la manière la plus sûre et la plus prompte. M. le duc de Chartres et elle, lui en auront une extrême obligation.
Mme de Genlis a éprouvé un malheur qui lui a été bien sensible. Mme de la Woestine (3) sa fille, est accouchée, il y a douze jours, et l’enfant dont ellel est accouchée n’a vécu que trois jours : c'est ce qui l’a empêchée d'aller chercher Mme Forth comme elle en avait le projet. Elle aurait plusieurs petites choses à dire à M. Forth. S'il peut venir la voir mardi à 7 heures du soir, elle en serait charmée.
Aussitôt que la santé de Mme de Genlis lui permettra de sortir, elle aura sûrement l'honneur d’aller voir Mme Forth avec autant d’'empressement que de plaisir.
Mme de Genlis recommande encore le paquet à M. Forth, car il est bien véritablement de la plus grande importance et elle a
() « Les lettres sont reçues à la poste générale jusqu’à onze heures du » soir. on peut mettre ses lettres jusqu’à neuf heures précises dans les » boîtes des rues. A neuf heures. ii y a des femmes qui se promènent dans » la rue avec une sonnette pour recevoir les lettres et pour un sou, elles les » portent au grand bureau. » La Combe, Tableau de Londres, 1784, p. 72.
(2) Plusieurs lettres sous une même enveloppe, toutes les lettres et dépéches que portait un courrier, prenaient le nom de paquet. On disait ainsi le paquet d'Angleterre. Il s’agit sans aucun doute ici des papiers relatifs à la vente de Saint-Cloud, affaire qui venait d’être mise sur le tapis.
(3) Caroline-Jeanne Brulart de Genlis, née le 4 septembre 1765, mariée
dans la chapelle du Palais-Royal au marquis de la Woestine (1779); morte eu couches à Paris le 19 décembre 1786. ‘
pensé qu’elle ne pouvait mieux l’adresser qu'à M. Forth, dont elle connaît l'exactitude, l’obligeance et tout l'attachement pour M. le duc de Chartres.
A M. Forth, rue des Mathurins, près la Chaussée d’Antin, à Paris.
[Fin avril 1784].
Mme de Genlis a un rendez-vous d’affaires ce soir, à sept heures : c’est pourquoi elle n'avait pas donné le jour le plus près. Elle est bien fâchée que le plaisir de le voir, ainsi que Mme Forth, soit autant retardé. Elle le prie de recevoir tous ses remerciments relativement au paquet dont il a la bonté de se charger. Elle aurait bien voulu qu’il partit plus tôt, mais elle aime mieux qu’il parte un peu plus tard et qu'il arrive bien sûrement.
[Printemps de 1784).
Je désirerais, si cela se peut, que la mère de Paméla soit instruite du lieu où est sa fille, savoir au juste quelle est sa naissance, avoir des lumières sur ses parents, sur un de ses oncles que Mme Forth n'a dit qui habitait Londres. Savoir les noms et surnoms de son père, ses grades et qualités, avoir enfin des preuves de la légitimité du mariage des père et mère de Paméla. — Je nei suis pas pressée de savoir tout cela, mais d’ici à un an je voudrais avoir ces éclaircissements, si cela est possible (1).
Pour Monsieur Forth.
(1) Elle songeait à faire naturaliser Paméla pour assurèr son avenir. (Voyez ci-dessous, lettre 57). Déjà « la poule de Rousseau » s’était mise en règle à l’égard de l’orpheline. Peu lui importait la mère : chargée de ses devoirs, elle succédait à ses droits en vertu du texte de l’Emile. Par un acte en forme, contresigné par deux témoins, L. P. J. d'Orléans et S. Myris, N. P. Forth lui avait transmis le 3 février 1784 Je soin de protection et le droit d'autorité qu’il tenait du contrat d’apprentissage conclu avec la mère le 8 janvier 1780. Par ce traité, Mary Syms avait renoncé à tout droit de parenté sur sa fille, jusqu’à l’âge de 21 ans. Pour la reprendre avant ce terme, il lui faudrait rembourser tous les frais d’entretien et d'éducation, à compter du 4 février 1780, jour où Forth avait assumé la charge de la fillette.
Une copie certifiée authentique de cet acte appartenait à Henry Lapauze. Elle a été publiée par J, Turquan. (Op. cit., I, p. 128). .
[Printemps de 17841].
Le bijoutier qui devait m'apporter la bonbonnière que Paméla veut donner à Naghty (1), ne peut l'apporter que ce soir dimanche. J'ai donné ordre qu’on l’apporte à M. Forth le soir, si on peut le trouver ; on la lui rémettra, parce que j'ai recommandé qu’on ne la lui remette qu’en mains propres. Si on ne le trouve pas, j'en chargerai mon frère lundi, qui la portera lui-même à Nagkty. Ô
Pour Monsieur Forth.
LE buc AN. P. FORTH:
Versailles, ce dimanche.
J'ai bien pensé, Monsieur, à tout ce que j'avais à faire venir ; mais, comme en y réfléchissant, j'ai imaginé que cela était peutêtre parti, je trouve que ce qu’il y aurait de mieux fût que Mme Forth eût la bonté d'envoyer chez Howard le sellier carrossier lui demander s’il a fait partir toutes les commissions que je lui ai données et s’il en restait encore quelque chose et qu’elle voulüt bien s’en charger, elle me ferait grand plaisir. J'espère que vous voudrez bien, Monsieur, vous charger de lui faire toutes mes excuses de lui donner tant de peines et recevoir personnellement tous mes remerciments.
À Monsieur Forth, rue Neuve des Mathurins, à Paris.
Douze soïs au porteur si la lettre est rendue à 2? heures aujourd’hui.
Dimanche 19 juin 1784.
Reçu à 4 1/2 heures [de la main de Forth.]
(@) Fils de N. P. Forth, né le 21 mai 1777,
Ce lundi soir, 26 juillet 1784.
Avant que d'entrer en matière, il m'est nécessaire, Monsieur, de vous faire aussi ma profession de foi. Vous m'avez fait beaucoup de plaisir, vous avez toujours cherché à faire ce qui pouvait n'être agréable : j'en ai toujours été et serai toujours reconnaissant. Je ne vous y ai jamais vu aucune vue d'intérêt ; aussi je vous prie d’être persuadé que je ne vous ai jamais soupçonné d'agir malhonnétement avec moi et, par cette raison, je suis fort fâché que vous ne veuilliez pas gagner dans une affaire avec moi parce que je ne regarderais point cela du tout comme malhonnèéte, et que je serais enchanté, qu’en arrangeant une chose que je désire, vous y trouvassiez quelque avantage aussi.
Ainsi donc, pour en ‘revenir à l’affaire en question (1), quand vous serez au fait des conditions par lesquelles il en faudra passer, dites-le moi tout simplement, je ne vous soupçonnerai point d’avoir voulu y gagner et je vous répondrai de même tout simplement jusques à quel point je veux faire des sacrifices pour avoir ce que je désire.
Quant à votre voyage (2), j'accepte toujours avec reconnaissance l'offre que vous me faites d'en prendre la peine, mais je vous prie de ne pas pousser pour moi l’économie au point de le faire d’une manière qui vous fût incommode, car je vous assure que quinze où vingt louis de plus ne me feront aucune peine à payer pour vous mettre un peu plus à votre aise. Voilà ma façon de penser bien sincère. |
Je compte sur vous, Monsieur, Je suis très reconnaissant de votre amitié. Ainsi quelque chose que je vous dise où que j'écrive, ne me soupçonnez pas, je vous en prie, d'aucune méfiance avec vous.
Je compte partir demain matin pour la campagne et je par-
(1) Encore un projet d'emprunt, la vente de St-Cloud: n’était pas encore conclue.
(2) En Hollande sans doute, où le marquis Ducrest avait échoué.
tirai le soir ou le lendemain pour l'Angleterre. Je serai charmé de passer la mer avec vous, Monsieur, si je vous trouve au port.
[Septembre 1784].
Pour répondre avec môn exactitude ordinaire, je vous dirai, Monsieur, que la proposition de cent louis de rente payables & Londres ne me convient point du tout ; si cela était payable à Paris, à la bonne heure ! je serais entré en composition.
La lettre que vous n’envoyez de ce Monsieur ne nva point étonné car, comme il dit fort bien, j'en ai reçu plusieurs de lui; mais, comme je n'ai aucune connaissance quelconque de ce qu’il dit n'avoir envoyé, je n'ai point répondu et n’y répondrai point. Je vous envoie sa lettre pour que vous en fassiez ce que bon vous semblera.
Je me suis acquitté au surplus de vos commissions pour Mme de Genlis. Elle n'ira point aux vendanges cette année mais le Comte de Genlis ira, et moi aussi, et il sera sûrement charmé de vous y voir ; quant à moi, vous connaissez, Monsieur, mon amitié pour vous ; ainsi vous êtes sûr du plaisir que j'en aurai.
Paris, ce 15 décembre 1784.
Heureusement, Monsieur, je ne suis plus dans le cas de désirer les mêmes arrangements à présent que l’année dernière (1). Ainsi j'attendrai très patiemment que les circonstances ramènent l'argent à un taux raisonnable et je vous prierai pour lors de recommencer vos tentatives pour moi en tout. Je vous serai bien obligé de m'écrire sitôt qu’il y aura quelque apparence que l'argent baisse, parce que, dans ce cas, je vous manderai ce que
j'aurais envie de faire. Vous savez comme je compte sur vous.
(1) La promesse de cession et vente de St-Cloud avait été signée le 24 octobre 1784. Par convention datée de Sainte-Assise, le 15 précédent, le duc d'Orléans avait autorisé son fils à toucher quatre millions sur les six millions de livres, prix de cette vente, savoir : deux millions comptant le jour du contrat, et les deux autres payables le dernier décembre de 1786,
A NATHANIEL PARKER FORTH re 31
Ainsi je ne m'adresserai sûrement pas à d'autres, Vous venez de me donner encore tout à l'heure des preuves que je n'avais pas pu mieux faire que de vous laisser la garde et la jouissance de ma maison. Ainsi je m'applaudis tous les jours de plus en plus d'avoir mis ma confiance en vous et suis toujours reconnaissant des marques et des preuves d'intérêt que vous me donnez.
Je vous prierai de m'envoyer, par la première occasion que vous pourrez trouver, trois paquets d’aiguilles & coudre, les plus fines possible, deux estampes du portrait de Mme de Genlis et sept aunes de flanelle. Comme je ne demanderai pas de passeport pour tout cela, à moins que vous ne me mandiez que cela est absolument nécessaire, je vous prie de me l'envoyer par une occasion ou par plusieurs, car je ne suis pas attaché à ce que tout arrive à la fois.
Adieu, Monsieur, j'espère que la santé de Mme Forth est meilleure, Comptez, je vous prie, toujours sur mon amitié. *i?
Paris, ce 20 janvier [1785].
J'ai reçu, Monsieur, les épingles ou, pour mieux dire, aiguilles que vous m'avez envoyées. On en a été parfaitement content mais je n'ai point encore les autres objets que vous m'avez an noncés et dont je vous ai envoyé la petite note. Je les attends avec impatience.
Vous trouverez ici un gant pour modèle. Je vous prierai d’envoyer dans le Strand n° 62 et d’en commander douze douzaines exactement pareils. Quand ils seront faits, vous pourrez les envoyer par la poste à l'adresse de M. le Contrôleur général à Paris (1). La dame qui les désire en est fort pressée. Ainsi je vous prie de recommander à l'homme de se dépêcher le plus qu’il pourra.
Adieu, Monsieur, je compte être à Londres vers le 10 ou le 1? de février (2). Ainsi je vous prie de me tenir ma maison prête
(1) Calonne, nommé contrôleur général des finances en novembre 1783,
(2) I1 y arriva exactement le 14.
pour ce temps-là car, comme je me déciderai à partir d’un moment à l’autre, selon le temps qu'il fera, je n'aurai pas le temps de vous prévenir d'avance. Quant aux papiers, il est inutile que vous me les envoyiez. Je les reçois comme à l'ordinaire. Adieu, Monsieur, faites bien des compliments de ma part à Mme Forth.
Paris, ce 31 janvier [1785].
J'en userai sans façon avec vous, Monsieur, et vous dirai que Mme Forth me génerait beaucoup dans la maison. Il n’en est pas de même d’une femme que d’un homme. Ainsi donc je vous prierais de me laisser la liberté de la maison, ce que je n'aurais pas si elle y logeait. Je suis bien fâché de la déranger mais, comme vous me le demandez sans façon, je vous le dis de même.
Je compte être le 10 de février, au plus tard, à Londres. Je ne sais encore si jé mènerai Smith avec moi, ou s’il tra devant. Quant au nombre de personnes à loger, je connais la maison et je sais qu'il n'y faut pas plus de deux maîtres et moi. Il y a assez de chambres de domestiques pour qu’ils puissent en avoir chacun deux. Je crois que j'approuverai fort. le changement dont vous me parlez, mais en arrivant je m'établirai toujours dans ma chambre ordinaire. Selon toutes les apparences, j'en descendrai le lendemain.
Je ne suis pas absolument de votre avis sur les laquais de place. J'ai éprouvé qu'il était assez difficile d'en trouver d’intelligents, parlant bien FRANÇAIS ET ANGLAIS ; aussi je vous prierais de n'en chercher deux en état de courir à cheval, et de ine les arréter, à tant par semaine, à commencer du 9 de [é- Urier.
Quant au charbon et à l'offre que vous me faites d’être mon intendant, comme vous dites dans votre lettre, pourvu que cela ne Vous donne pas trop de peine, car en vérité, je vous en donne déjà bien assez pour toutes les commissions que je vous donne, je l’accepterai avec grand plaisir. Vous connaissez ma confiance en vous ef la reconnaissance que j'ai de tous les soins que vous
prenez pour moi. Adieu donc, Monsieur, Je compte assez sur votre amitié que vous expliquerez bien à Mme Forth le regret que j'ai d'être dans l'impossibilité de lui donner un logement et le plaisir que j'aurai à la voir et à la trouver en meilleure santé que quand elle « quitté Paris.
Paris, ce 3 février [1785].
Je vous ai écrit, Monsieur, par la poste aussitôt que j'ai eu reçu votre lettre. Je ne savais pas encore, dans cé temps, le moment justa auquel je pourrais partir. Mais, comme je viens de terminer toutes les affaires (1) qui pourraient me retenir ici, je me décide & m'en aller les premiers jours de la semaine prochaine. Je serai par conséquent à Londres au plus tard le 11 toute 12.
Je vous renouvelle tous mes regrets, Monsieur, de ne pouvoir garder Mme Forth dans ma maison, pendant mon séjour er Angleterre. Je vous prierai de ne pas m'envoyer toutes les choses que je vous ai demandées, parce que j'en chargerai quelqu'un qui, je crois, viendra avec moi et qui ne restera que quelques jours.
Adieu, Monsieur, au plaisir de vous voir bientôt. Je n'ai pas. le temps de vous en écrire davantage, parce que je veux profiter
de l’occasion du courrier qui va partir.
MME DE GENLIS À N. P. ForTH,
Je profite d'une occasion sûre pour vous demander de vos nouvelles, Monsieur, et vous prier de me donner de celles de Mme Forth. Le mariage de ma fille (2) et quatre mois passés à
la campagne ne m'ont pas laissé la possibilité de profiter, comme
(1) Le contrat de vente de St-Cloud ne fut passé par devant notaires que le 19 février. 1785. Mais les intérêts à 5 pour cent des six millions eouraient depus le 1°" janvier 1785, date de prise de possession par la Reine.
(2) Jeudi 3 juin 1784.
je l'aurais désiré, du séjour de Mme Forth à Paris. Cependant, avant de partir pour Saint-Leu, j'ai été la chercher deux fois sans avoir pu la trouver chez elle. J'ai appris avec peine qu'elle est partie fort mécontente de sa santé : on m'a dit cependant qu’elle en est plus satisfaite à présent. Je vous demande’ en grâce, Monsieur, de me donner de ses nouvelles, de me rappeler à son souvenir et d’être persuadé que je n'oublierai jamais les preuves d'intérêt et d'amitié que j'ai reçues d'elle et de vous, Monsieur.
J'ai l'honneur d’être, Monsieur, votre très humble et très obéissante servante.
DUucREST COMTESSE DE GENLIS
. Belle-Chasse, ce 11 février 1785.
LE puc A N: P. FoRrTH.
[De la main de Forth] À la ville d'Eu, ce 15 [juin 1785].
reçu le jeudi 23 juin.
Je ne vous ai pas encore écrit, Monsieur, depuis mon retour parce que j'attendais toujours de savoir le temps où Mme de Genlis irait en Angleterre pour vous le mander positivement. Elle est enfin décidée et compte partir de Paris du 20 au 25 de ce mois-ci (1). Ainsi je vous prie de faire tenir ma maison prête & la recevoir pour ce temps-là. Elle mène avec elle deux personnes et une femme de chambre ; ainsi les arrangements ne seront pas difficiles à faire, Comme elle compte passer très peu de jours de suite à Londres, elle ne veut y voir personne. Ainsi je vous prie de ne parler de son arrivée à qui que ce soit.
Votre fameux baromètre était bien mal emballé, car la boîte est arrivée saine et sauve, je l’ai ouverte moi-même et l'ai trouvé brisé en mille pièces. Les serrures sont arrivées à Boulogne, je comple, au moyen de cela, les avoir bientôt. Comme je n'ai point
(1) Elle partit de St-Leu le 25 juin avec la charmante Paméla, l’aimable Myris et Victoire, sa femme de chambre.
entendu parler de M. Hammersley, j'imagine qu'il n’est point venu de mémoire ; j'en suis fort aise. Je vous serais cependant bien obligé de me faire savoir ce qui en est.
Adieu, Monsieur, je ne compte pas avoir le plaisir de vous voir avant l’année prochaine ; j'espère que vous me conserverez toujours la même amitié et compterez également sur la mienne.
Paris, ce 16 juillet [1785].
. J'attends avec impatience, Monsieur, de savoir si les choses que j'ai commandées à Parker et à Howard in plated (4) sont arrivées dans ma maison, parce que je m'occuperais pour lors de les faire venir le plus commodément possible. J'ai fait partir Nath Lon pour l’Angleterre avec un crédit sur M. Hammersley pour m'acheter des chevaux. Comme son acquisition sera, à ce que je crois, bientôt faite, si vous voulez nvécrire par lui à son retour, vous me ferez plaisir.
La réforme que fait le Prince de Galles fait beaucoup de bruit dans ce pays-ci et lui fail beaucoup d'honneur (2). D’après le cours des actions des Indes que j'ai regardé avec attention, j'imagine que la- différence, que vous m'avez mandé que vous éliez décidé à payer, aura été bien peu de chose. J'attends aussi que vous me le mandiez.
Mon projet est d'aller passer quelques jours à Brighton (à) à la fin de ce mois, je ne crois pas que j'aille jusqu'à Londres. Si vous veniez vous promener par là, je serais charmé, Monsieur,
() En plaqué.
(2) Ce n’était encore qu’une velléité. Le prince de Galles éprouvait alors plus que jamais le tourment de ses dettes qui montaient à plus de 150.000 livres sterling. (Aff. Etr. Corresp. polit. Anglel., Barthélémy à Vergennes, 19 avril 1785). Le Roi se refusait à les payer parce que son fils lui refusait toute explication et tout retranchement. Pour fléchir la rigueur paternelle, le prince menaçait de liquider sa maison et de passer sur le continent. En 1786, il ferma Carlton House, vendit à l’encan ses chevaux et équipages et logea dans des maisons d'emprunt.
(3) Que l’on nommait encore Brightelmstone. Le prince de Galles venait de le mettre à la mode en y bâtissant son pavillon chinois.
de vous y voir ; vous connaissez mon amilié pour vous, dont
| j'espère que vous ne douterez jamais.
Voudriez-vous faire dire à M. Hammersley que je lui ai écrit
pour le prier de payer au Prince, de Galles des chevaux de car-
rosse que je lui ai achetés. Mais, comme je n'ai peut-être pas bien mis son n°, j'ai peur qu'il n'ait pas reçu ma lettre. Il n'à autre chose à faire que de payer l'argent que le Prince de Galles lui dira de payer pour\ses chevaux. Je n’en sais pas le prix.
Le PJ: D.
Brighton, ce lundi [25 juillet 1785].
J'ai reçu hier, Monsieur, votre lettre et celle de Mme de Genlis que vous m'avez fait passer. Elle est remplie, ainsi que toutes celles qu’elle n'a écrites depuis son arrivée à Londres, de reconnaissance pour vous et Mme Forth, de tous les soins que vous avez pris tous les deux d’elle. Recevez-en aussi, pour ma part, tous les deux mes remerciments.
Si je vais à Londres, mon premier soin sera d'aller en remercier moi-même Mme Forth, Si Je n'y vais pas, je vous le man-
derai dans quelques jours et j'espère que vous pourrez peut-être :
venir passer une journée ici où à Lewes' (1) pour les recevoir vous-même. Je vous serai bicn obligé de dire à M. Hammersley que j'ai donné à Singleton un:büllet pour toucher chez lui 50 pounds, tous les mois, à commencer du 1” mai 1785. Si vous voulez bien me faire savoir aussi ce que je vous dois, je vous le paierai tout de suite, parce que, vous lé savez, j'aime à terminer les comptes de la moitié de l’année au mois de juillet.
Adieu, Monsieur, je vous renouvelle encore mes remerciments.
Tous les jours, je vous ai des obligations nouvelles et, tous les”
jours, ma reconnaissance augmente.
(1) Petite ville sur la rive droite de l’'Ouse, à quelques milles au N.-E, de Brighton.
bide L'a na