‹ Lettres de L.-P.-J. d'Orléans duc de Chartres à Nathaniel Parker Forth (1778-1785): Publiées avec une introduction et des notesChapitre 2 sur 19 · ARC · texte numérisé non relu

ARC

INTRODUCTION ps IX

raissent sur ce point aussi correctes que celles de l’institutrice. Je n’y relève qu’une légère particularité : la prononciation l’amène à redoubler la consonne médiane dans les mots anglais. Il écrit Howward, Lewwes, Tunnebridge. etc, pour Howard, Lewes, Tunbridge. Il m’a semblé utile, surtout pour les noms propres, de rétablir l’orthographe courante et de ne pas laisser croire, par exemple, qu’il y avait trois personnages pour un seul : l’un répondant au nom de Méris (graphie du prince), l’autre au nom de Miris (graphie de Mme de Genlis), alors que l'intéressé, artiste polonais attaché comme maître de dessin à l’'éducation des enfants d'Orléans, signait Myris.

L'intérêt de ces lettres est qu’elles forment une suite, sans lacune sensible. Il semble bien que ce lot de papiers nous soit parvenu intact, avec les moindres billets que N. P. Forth gardait avec ordre. Si son correspondant accuse quelques lettres perdues, elles l’ont été dès le moment et par la poste, Mais c'était surtout celles de Forth au prince qui subissaient ces hasards. « Apparemment qu’on n’aura pas voulu que je les reçoive », lui écrivait le duc le 6 mars 1783. Les courriers d’alors étaient sujets aux erreurs, plus que les nôtres peut-être. Aussi le rêve des correspondants était-il de « profiter d’une occasion sûre » (c'était la formule ordinaire pour le début ou la fin des lettres), et ceux qui passaient le détroit, dans un sens ou dans l’autre, ‘devaient se défendre des paquets et des bagages confiés par les amis, qui les auraient mis pour un peu dans la nécessité d’affréter un vaisseau.

Si les lettres du duc de Chartres à N, P. Forth ne sont pas plus nombreuses, c’est que l’Anglais, partageant sa vie entre les deux rives de la Manche, habitait volontiers Paris et que le prince lui-même séjournait à Londres de temps à autre.

Ce fragment de correspondance vaut une confession, car le prince écrit de sa main, sans témoin, en cachette de ses valets de chambre et même de son ami Ducrest, Dans ce tête-à-tête avec Forth, nous connaissons au vrai l’anglomane, qui ne saurait évidemment inquiéter les ministres de Versailles. A peine si

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