INTRODUCTION , XI
Son arrière-grand-père, le chevalier Forth, qui commandait un régiment de cavalerie dans l’armée parlementaire, passa du côté de Charles I‘ à la bataille d'Edgehill, le dimanche 23 octo- - bre 1642, et décida de la victoire en faveur de la royauté. Bien qu'il ait fini par rejoindre Cromwell, il devint secrétaire de la guerre à la restauration de Charles Il.
Son fils, le colonel Forth, était aide de camp du maréchal de Schomberg, le favori de Guillaume III. En récompense de ses services et de ses blessures, le roi lui donna un régiment et le droit de mettre une harpe irlandaise en écartelure. Samuel Forth, le fils du colonel et le père de Nathaniel, fut élu seigneur de Longford dans le comté irlandais de Leinster durant quarante-six ans consécutifs et envoya toujours de ce bourg au Parlement des députés royalistes.
Rien dans les épaves des papiers, que Nathaniel Parker Forth gardait avec soin, ne nous renseigne sur son éducation. La prime jeunesse de cet homme, qui tenait si ponctuellement registre de son temps, reste obscure pour ses descendants. Seule une lettre du grand juge irlandais John Scott, qui recommande chaudement l'avocat Forth à l’un de ses confrères, nous permet de croire qu’il fit ses études de droit et débuta au barreau irlandais. John Scott, qui le présente comme son intime ami, atteste
… Combien il est estimé de ses confrères aussi bien que de la société en général en tant qu'homme d’honneur, de principes et de science, respecté pour ses talents, son éducation et son intégrité. Une santé délicate et peut-être la timidité de son caractère ont queique peu retardé ses progrès au barreau et n’ont guère permis le libre jeu de ses facultés dans une carrière limitée où la chance, une bonne dose d'effronterie et une solide constitution sont les meilleurs alliés qu’un homme de cette profession puisse s’adjoindre contre les difficultés du monde (1).
Quoi qu'il en soit, N. P. Forth voyagea très jeune, par goût autant que pour raison de santé. Il se rendit au Portugal, en Espagne, s’attarda en France. Dès août 1766, si l’on en croit
(1) Harcourt Street, 4 décembre 1778.