‹ Lettres de L.-P.-J. d'Orléans duc de Chartres à Nathaniel Parker Forth (1778-1785): Publiées avec une introduction et des notesChapitre 5 sur 19 · XII « INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII « INTRODUCTION

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un billet amusant du vieux maréchal de Duras, il passait pour bien connaître Paris, Il logeait alors « à la Petite Pologne, vis-. à-vis l’épicier » et comme tous les Anglais en France, maquignonnait, vendait ou échangeait voitures et chevaux de carrosse, et faisait le jockey. Nous savons par une lettre d’Horace Walpole à James Crawford, datée de Paris, 6 mars 1766, qu’il de- ‘ vait courir le lundi suivant contre le prince de Nassau ; mais le Roi interdit cette course à la suite d’une querelle qui avait éclaté la veille sur la piste entre lord Forbes et le comte de Lauraguais et qui avait fourni au public l’occasion de manifester son anglophobie, I1 semble bien que le jeune voyageur, très apprécié et très aimé de lord Mansfield, avait été introduit par « le père du torysme moderne » dans l'entourage de George III et chargé par son roi de sourdes missions,

De son premier métier, il garda dans la diplomatie secrète la verbosité et les mouvements d’éloquence de l’avocat qui devaient impatienter Vergennes, peu enclin à écouter ce grand faiseur d’adjurations, de protestations et d’exhortations en qui il ne voyait qu’un de ces instruments « qu’on jette en avant avec facilité parce qu’on les désavoue sans peine (1) ».

Pourtant le choix de lord Mansfield et de George III n’était pas malheureux. N. P. Forth avait de quoi plaire chez nous. D’après un mauvais portrait qui reste de lui et le signalement d’un passeport qui lui fut délivré à Paris le 14 août 1792, c'était un grand corps de cinq pieds, neuf pouces (1 m. 86 environ), long de nez et de visage, aux yeux bleus, au poil châtain. Grand viveur, gai soupeur, gros joueur, beau parleur, hardi chasseur et intrépide cavalier, il s’enivrait volontiers en Anglais de bonne compagnie. De sang vif, il prenait aisément la mouche et ne tenait guère en place : il était toujours prêt à courir la poste, par terre et par mer. « Mercure était un paresseux à votre égard », lui écrivait lord Mansfield (2).

(1) Lettre au marquis de Noaïlles, 13 sept. 1777, (2) Kenwood, 19 sept. 1777.

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