‹ Lettres de la duchesse de Broglie-- 1814-1838Chapitre 20 sur 33 · hà Revue française y recueil publié parM.Guizotetsesamis · texte numérisé non relu

hà Revue française y recueil publié parM.Guizotetsesamis

A Madame la marquise de Catellan.

Paris, 16 septembre 1830.

Chère amie, que vous dirai-je ? Je n'ai pas de plaisir à voir * Victor là, vous le concevrez ; la cause est admirable, mais les difficultés sont grandes; et puis, pour moi personnellement, je regrette la retraite et la vie tranquille. Ce charmant langage de convention est vrai pour moi. Je suis convaincu que tous les éléments sont parfaits et qu'il n'y a que la peur à craindre, mais elle est très vive. On demande au Gouvernement d'être très fort, et c'est la première fois qu'on voit de l'opposition pour forcer un Gouvernement à commander. La majorité de la Chambre est toute dévouée au ministère; hier, M. Guizot y a eu un bien grand succès*

1. Le duc de Broglie faisait partie du premier ministère nommé par le roi Louis-Philippe uprès son avènement»

Mon mari avait aussi très bien réussi à la Chambre des pairs deux jours avant. Les sociétés populaires sont un grand sujet d'effroi ; je crois qu'il y a plus de souvenir que de réalité dans ces craintes, cependant, il est vrai qu'il y a quelque chose de choquant dans le peu de respect pour les lois. La grande et triste affaire, c'est le procès*. Dieu ne permettra pas qu'une si belle cause soit souillée ; c'est pour moi la plus grande préoccupation. Vous le comprendrez.

Ma sœur avait bien envie de vous voir ; on l'a trouvée bien touchante et bien aimable; elle me manque bien. Madame de Sainle-Aulaire est encore à Etioles, quoiqu'elle soit venue souvent.

Adieu, chère amie, merci de votre bon souvenir; j'y compte toujours. Vous sympathisez à tous mes sentiments; nos regrets sont communs, et sont la base indestructible d'un attachement très profond.

Mille choses à M. de Guizard ^.

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