‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-RoyalChapitre 122 sur 246 · CXLY.'—A LA SOSUR MARIE- CHARLOTTE OB SAINTE-GLAIRE · texte numérisé non relu

CXLY.'—A LA SOSUR MARIE- CHARLOTTE OB SAINTE-GLAIRE

qu'il est plus aisé de vouloir le bien que de le pratiquer. Pour y commencer^ je vous conseille^ ma chère sœur, d'entreprendre quelqu'un de vos défauts, et de vous appliquer à celui-là comme si vous n'en aviez point d'autre ; car la sainte Écriture dit que les justes vont de vertu en vertu, pour nous apprendre qu'on ne les acquiert pas toutes ensemble , mais l'une après l'autre. Celle qui vous est la plus nécessaire c'est la dévotion^ je veux dire l'attention et la révérence àl'offlce divin ; car il faut dire de cet exercice ces paroles de Jésus-Christ : Si votre ml est simple, tout votre corps sera rempli de lumiête. J'appelle l'oraison l'œil de l'âme, parce que c'est elle qui la conduit et qui dirige nos pas, qui nous instruit dans nos ignorances, qui nous rappelle de noségaremens, qui nous relève de nos chutes, et qui nous faisan t voir Tinvisible nous empêche quasi de voir les choses qui nous frappent les yeux, c'est-à-dire qu'elle nous rend presque inconsidérable tout ce qui nous arrive; au lieu qu'une âme qui ne goûte point Dieu et qui nVst pas recueillie en ellemême, se distrait de tout et est touchée des moindres choses. Je ne vous demande pas néanmoins que votre oraison soit si parfaite, ni qu'elle vous élève si haut, mais au moins faut-il tâcher de la rendre la plus pure qu'il vous sera possible, en n'allant point à Tofflce sans affection et sans préparation. Que si après avoir eu l'une et l'autre, votre mauvaise habitude ne laisse pas de vous y faire faire des fautes un peu volontaires, ou par négligence, il ne faut point vous retirer sans en avoir fait pénitence devant Dieu par quelque prière, ou par quelque humiliation, et avec dessein que l'office suivant répare cette négligence. Je crois, ma sœur, que c'est la meilleure pratique que vous paissiez entreprendre pour votre avancement, et qu'il vous arrivera ce que dit Notre-Seigneur Jésus-Christ : Si voire œil est simple, tout votre corps sera rempli de lumière. C'est-à-dire que si vousfailes bien les exercices spirituels, qui sont comme les yeux de la rehgion, tout le corps de vos actions sera éclairé de la lumière de la grâce.

Et je crois aussi que c'est à quoi vous êtes plus obligée comme étant la première professe du Saint-Sacrement « ,

Les religieuses de Port-Royal avaient prit Tbabit da Saint-Sacrenieiit T.i. 44

âlO LETTRJîS DE LA MfiKK AtiMÈS.

puisque cet institut est tout spirituel. Comme le mystère qu'il adore n'a rien qui ne soit au-dessus des sens et de toute la capacité de Tesprit bumain^ qui ne peut lui rendre sesbom* mages qu'en renonçant à sa propre lumière pour embrasser celle de la foi ; de nième^ vous ne sauriez être fille du Saint- Sacrement si vous n'êtes spirituelle et rehaussée par-dessus vous-même en ayant votre conversation dans le ciely comme dit saint Paul^ c'est-à-dire votre cœur attaché à Jésus-Cbrisl dans l'Eucharistie^ qui est le paradis de la terre.

La troisième raison qui vous oblige d*être dévote^ c'est pour apprendre par votre exemple cette vertu aux enfans avec lesquels on vous a mise^ n'y en ayant point qui leur soit si nécessaire pour conserver la grâce de leur baptême^ puisqu'on ne la peut conserver sans l'accroître^ et qu'on ne la peut faire croître qu'en recevant de nouvelles grâces qui s'obtiennent par la prière et par la piété qu'on leur inspire d'avoir pour Dieu, c'est-à-dire un mouvement d'amour qu'il faut tâcher de leur faire concevoir en se servant de divers motifs, comme des bienfaits de Dieu vers elles, de ses promesses, de l'amour qu'il nous porte, de ses perfections infinies, de ses richesses éternelles, etc. Je n'entends pas qu'on leur parle de ces choses en de grands discours, mais seulement en leur insinuant par quelques bonnes paroles, et surtout en priant Dieu de leur ouvrir le cœur pour recevoir ce qu'on leur dit, et en exerçant la patience envers elles, à laquelle Dieu accorde principalement ce qu'on lui demande pour elles.

Je vous dis tout ceci inutilement, puisque vous avez des personnes qui ont plus de lumière et plus de droit de vous instruire. Nous nous souviendrons de vous demain, s'il plaità Dieu, qu'il est vos deux grandes fêtes. Ma sœur Anne vous salue de tout son cœur, et ma sœur Marie-Angélique de Sainte- Anne qui se recommande à vos prières.

J'ai écrit cette lettre en trois fois et en divers jours; c'est pourquoi il y a des répétitions que vous excuserez s'il vous plait. Je salue ma sœur Madeleine Melthide.

le 2i octobre 1647, ei la sœur Marie-CbarloUc de Saiute-Claire avait fait profession le 28 novembre suivant.

GXLVI. — A LA SCEUR MARIE- DOROTHEE DE L^ IN CARNATION. 211

GXLVI.— A la sœur Marie-Dorothée de rincamation Le Conte.

Au sujet de la nouvelle élection de la mère Marie- Angélique Arnauld, qui fut continuée abbesse de Port-Royal, une quatrième fois, le 26 novembre

28 noMm&r0 (1654).

Ma très-chère sœur, Je vous avois écrit hier matin croyant qu'on diit parlir : vous nous avez préTOBues de. votre joie qui est la nôtre. Je vous sais bon gré de vous plaindre de n'avoir pas été averties; car il y a sujet de regretter de n'avoir pas assez contribué pour obtenir une si grande grâce. Il ne faut pas vous en prendre à ma sœur Madeleine * qui est à Tinfirmerie au bout du monde, où elle ne sait qui va ni qui vient. C'est ma sœur Angélique * qui a fait la faute, et à qui je m'attendois de vous en avertir. Elle dit pour ses excuses que notre mère ne vouloit pas qu'on en parlât^ de belle peur que cela vint à manquer. Enfin Dieu a exaucé la pré|)aralion de vos cœurs; nous venons d'achever les quarante heures d'actions de grâces.

Pour votre réception de notre mère^ il faut l'attendre à la porte du bas du chœur, avec la croix et les chandeliers; et qnand elle sera entrée, on commencera le Te Deum, pendant lequel on entrera au chœur; et étant en son siège ^ on ira faire la reconnoissance : il ne sera pas besoin de l'y conduire^ parce qu'elle est déjà en possession. J'espère qu'elle ne sera pas incommodée de cette cérémonie, qui n'auroit pas de grâce si elle n'étoit pas faite en arrivant '.

Pour ce qui est de madame d'Aumont, ne vous mettez en aucune peine si elle vous fait des reproches, car ce sera pour vous faire débattre, n'étant point fâchée en effet; au contraire vous êtes dix fois plus en ses bonnes grâces que vous n'étiez^ car elle aime toujours mieux ce qu'elle n'a pas. C'a étéce mot d amertume qui Ta un peu piquée^ car elle voit bien que cela

^ La sœur Madeleine de Sainte-Agnès de Ligny.

* La sœur Angélique de Saint Jean, qui était alors à Paris.

' Le mère Angélique ne put aller alors à Port-Royal-de»-€hampt. Elle y vint le 4 1 ou le 4 2 janvier 4 652. (Voyei LeUres de la mère Angéliqfie, t. II. Lettres 374 , 373, 374.)

m LETTRES DE LA MfiKE AGNÈS.

n'est pas beau d'en avoir ; néanmoins il étoit besoin de le dire, étant le plus exprimant. Vous lui direz, si elle vous en parle, que vous avez reconnu que c^étoit cela qui dorainoit en vous pendant votre tentation, et que c'est pour cela que vous avez osé lui attribuer la même chose, parce qu'elle vous avoit soufferte dans vos injustices. Enfin, prenez tout du côté de la liberté et de la gaieté; rien ne la touchera tant que de voir que vous avez ces deux choses^ étant dans l'état où vous aviez le plus d'opposition ^ ; celi est capable de lui ouvrir les yeux plus que toute autre chose; et il faut^ avec la grâce de Dieu, que vous lui soyez un sujet de conversion^ comme vous lui avez été une pierre d'achoppement. Le temps ne me permet pas de vous en dire davantage. Je suis^ ma chère sœur, entièrement à vous.

GXLVII —A la sœur Marie-Dorothée de l'Incamation Le Conte.

Sur ses boDoes disposilions. — Le renoDcement à dos propres satisfactioiis nous procure le repos de la conscience et la liberté d^esprit.

Vendredi {\^r décembre 4654).

Ha très-chère sœur, Votre lettre m'a satisfaite pleinement au regard de votre disposition intérieure, qui a maintenant toutes les dispositions essentielles pour être telle que Dieu le demande. C'est déjà une grâce du lieu où vous êtes, d'avoir réduit la multiplicité de vos pensées à Tunité du désir de faire la volonté de Dieu. Vous m'avez toute réjouie de m'avoir mandé ce que H. Singlin vous dit au sermon qui vous toucha le cœur. Et en effet il y a de quoi ; car je ne fais point de doute que celles qui iront à Port-Royal * dans l'esprit qu'il faut, n'y reçoivent des grâces très-particulières^ et n'aient sujet de dire comme Jacob : Vraiment Dieu est ici, et je nen savais rietu C'est-à-dire, je ne m'y étoispas attendue ni préparée à recueillir les fruits de sa sainte présence, qui est toi^ours plus sensible dans les déserts, parce que le Père céleste promet de regarder les âmes de son lieu secret.

Je vous supplie, ma très-chère sœur^ que votre repos soit

' D'aller à Port-Royal-de&-Cbamps.

* A Fori-Royal-des-Cbamps.

CXLTII.— A LA SCBCR MARIB-OOROTHÉB DE L'INCARNATION. 213

maintenant parfait^ puisquMl ne tenoit qu'à ma, santé qui est maintenant presque toute rétablie, n'y ayant rien à désirer que de la force au degré précédent. Vous ne sauriez trop vous assurer que je vous oublie moins dans l'absence que dans la présence, puisque ce n'a été que parce que j'aime votre âme que j'ai désiré votre éloignement, étant bien assurée que votre conscience seroit plus en repos, et que vous trouveriez la liberté de votre esprit quand vous auriez rompu les chaînes qui vous tenoient attachée à votre cellule, et aux petites satisfactions que que vous aviez ici, que Dieu vous rendfu au centuple. Pour vous, ma très-chère, je suis si assurée de votre charité pour moi, que je m'en glorifie quelquefois, et d'autres fois je m'en humilie, parce que je ne la mérite pas, étant trop sèche, trop dure et trop critique pour mes amies, à qui je fais pire qu'aux autres.

Je fus bien fâchée de n'avoir point dit adieu à ma sœur Anne de sainte Madeleine, avant qu'elle allât aux Carmélites, car je je me doutois bien qu'elle ne rentreroit pas. Je vous supplie de l'assurer que je suis toute à elle, et que je désire beaucoup ses prières. Je voudrois bien savoir comme s'est passé Tentretien des Carmélites; ce sera à votre loisir que vous m'en instruirez, s'il vous plait, si ce n'est point une curiosité; mais jeVrois que non, car je pèche plus du côté de ne rien savoir : il est bon de ne pas ignorer de certaines choses; il y en a assez d'autres auxquelles on se peut mortifier qui sont absolument inutiles.

Je m'attendois bien que H. Singlin vous parleroit sur votre lettre tôt ou tard. Ce qu'il vous a dit vous doit suffire puisque vous aviez dessein de vous faire connoître, et que vous y avez si bien réussi qu'il s'en souviendra toujours. Il faut avoir dévotion aux paroles abrégées de M. Singlin, car je crois que nous n'en aurons plus guère d'autres, étant confisquées à toute la terre. C'est de quoi nous nous devons réjouir, selon la lettre de M. Singlin que vous avez vue, et qui est la plus belle dévotion qu'on puisse avoir. Si vous y entrez, ma chère sœur, elle vous tiendra lieu de cette grâce extraordinaire que vous attendez ; et quand même vous n'y seriez que dans un moindre degré, vous ne laisserez pas de guérir de vos petits

maux; car la charilé, qui couvre la multitude des pochés, vous délivrera de ceux qui sont en moindre nombre. Je suis toute à vous, ma très-chère sœur.

CXLVin.—A Mademoiselle Perdreau, à Blois.

Elle lui promet qu'elle sera reçue à Port-Royal, puisque son dessein â*j entrer paratt venir de Dieu, et que les obstacles qu*on lui a opposés n*OBt serri qn'à raffermir dans son désir.

De Pori' Royal, ce % décembre 4654 .

Ma très-chère sœur^ Encore que nous ayons été longlennps sans apprendre de vos nouvelles, je n'ai pu néanmoins me persuader que vous eussiez changé de résolution par inconstance d'esprit ; mais j'avois eu la pensée que vous aviez peutêtre pris un autre parti par soumission, ou pour avoir cru n^avoir pas assez de force pour notre règle. Nous avons été bien aise que vous nous ayez rendu un témoignage contrafre, et que ce retardement avec les oppositions qu'on vous a faites aient servi à vous affermir davantage, aussi bien que la terreur de notre lettre, qui n^éloit pas pour vous rebuter, mais pour éprouver si vous seriez capable de porter la conduite de notre règle^ qui veut qu'on parle fortement à ceux qui se présentent àlareligion, jusquesà leur dire des injures, qui est bien loin de les attirer par des caresses et des louanges. Pour continuer donc d'obéir à notre règle, je vous dirai, ma chère sœur, que notre mère vous assure d'être reçue. Car saint Benoît veut qu'on donne l'entrée à ceux qui auront supporté avec patience les rebuts qu'on leur aura faits; et de plus vous avez encore été tentée d'ailleurs d'une manière qui m'étonne bien fort. Tout cela est un sujet de croire que votre dessein est fondé sur la pierre qui est Jésus-Christ, puisqu'il n'a pu être ébranlé par un si grand orage. Il faut continuer de plus en plus de vous affermir en Dieu, en vous défiant tout à fait de vousmême, dans la connoissance que vous devez avoir que l'état auquel vous aspirez est fort différent de la vie que vous menez quoiqu'elle soit bonne, et qu'on ne sauroit se le proposer tel qu'il est, sans en avoir Fexpérience. Néanmoins je vous avoue que quand Dieu appelle une âme, il enferme dans sa vocation

CÏLIX. — A LA SCKUR MARIE-DOROlUéE DE L^TOCARNATION. 21 ?>

la grâce nécessaire pour s'en bien acquitter. C'est ce que nous espérons de la vôtre, ma cbère sœur, ce qui nous oblige de TOUS regarder comme nous étant donnée de Dieu pour aug--menter le nombre de ses servantes en cette maison^ où à peine se trouve- t-il place, en ayant reçu trois depuis que vous êtes venue ici. Mais puisque Dieu vous y envoie , il nous donnera le moyen de vous y recevoir. Pour ce qui est du temps que vous devez venir, notre mère vous laisse la liberté d'en disposer comme vous jugerez à propos, eu égard au service l[]ue vous devez rendre à monsieur votre frërir, en ce qui est de son salut. C'est un sujet de vous arrêter plus légitime que pas un autre, et pour lequel il faudroit mettre votre propre vie s'il étoit nécessaire. Nous demanderons à Dieu qu'il le dispose à la grâce que vous lui souhaitez, avec la même affection que s'il étoit notre propre frère, puisqu'il nous doit être plus que cela en Jésus-Christ, n'étant tous qu'une même chose. C'est ce qui m'oblige de demeurer en Notre-Seigneur J.-C,

Votre très- humble et affectionnée sœur et servante.

Sœur Agnès de Saint-Paul, R« ind.

GXLDL.— A la sœur Marie-Dorothée de rincamation Le Conte.

Sur robligalion de s'acquitter fidèlement de la charae de prieure, quoiqu'elle n'y soit employée que passagèrement. — Qu elle doit cacher ses faiblesses, etc.

Ce jour de iairU Thomas [21 décembre \6^\).

Ha très-chère sœur. Je ne vous écrivis point hier, croyant que ce seroit une superfluité et que la présence de M. Singlin giiériroit toutes vos langueurs. J'ai appris par les vôtrcsà notre mère et à moi, que cela étoit déjà fait et que vous étiez rétablie dans votre paix par le secours de son disciple. Je ne me suis pas étonnée, ma chère sœur, que vous eussiez eu cet ébranlement, mais j'eus désiré que vous n'en eussiez rien fait parottre et que vous n'eussiez pas donné sujet à nos sœurs de vousdire ce qu'elles vous ont dit, qui est si |)eu raisonnable, puisqu'elles ne seront jamais sans mère lorsqu'elles regarderont comme telles toutes les personnes qu'on leur donnera pour tenir cette place. C'est toujours votre défaut de ne point cacher vos foi-

âiO LETTRES DI LA MÈRE AGNÈS.

blesses; au contraire^ il semble que tous voulez qu'on les sache, je ne sais pour quelle fin, je ne Tai jamais pu concevoir^ puisque cela ne peut être bien^ ni selon la grâce^ ni selon la nature^ car Dieu ne veut point qu'on malédifie personne, et Tamourpropre ne veut point non plus faire connoître ses défauts. Que si vous avez beaucoup manqué à cela jusqu'à présent, vous êtes encore plus coupable dans l'emploi que Ton vous a donné, où vous êtes le sel de la terre, qui vous rendez sans saveur par vos affoiblissemens. Et ne dites point que cela ne vous convient pas, n'étant employée que passagèrement; car pour peu qu'on fasse une chose, il la faut faire le mieux que Ton peut et vous ne sauriez faire plus mal que de vous amollir de la sorte. Quand vous n'auriez qu'un enfant à gouverner il faudroit que vous fussiez du sel à son égard, en le soutenant et en remédiant à ses défauts, sans lui donner aucun sujet de vous moins respecter, en perdant la gravité et l'ascendant qu'on doit avoir sur ceux qui nous sont commis. Et ne croyez pas que ce soit orgueil, c^est plutôt une mortification continuelle qui exclue une certaine liberté qu'on se donne de parler selon ses sentimens, au lieu qu'on les doit toujours étouffer.

Le second dimanche n'est pas encore copié, j^espère que cela ira plus vite à l'avenir.

Vous avez fait comme nous en ne communiant à Notre- Dame-de-rO, et de ne point faire d'adoration; il n'y en a durant TA vent qu'à la Conception et à la saint Thomas.

Adieu, ma très-chère sœur, toute à vous.

(De récriture de la mère Angélique.)

Ma très-chère sœur. Je n'ai pas le loisir de vous écrire, et aussi n'en est-il nul besoin ; celle qui est visitée par les anges n'a pas besoin du secours d'une aussi petite créature que moi. Je me réjouis que vous ayez été la première fille de l'Ange du Midi K Je prie Dieu qu'il vous donne |>art à sa charité et à sa lumière autant que vous en avez besoin.

Je suis toute à vous.

* M. de Sacy. Cependant il ne commença à confesser les religieuses de Port-Royal-des-Cbtmps que le 24 janvier 1654.

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