‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-RoyalChapitre 125 sur 246 · CLYI.^A LA SCBUR ELISABETH DE SAINTE- AGNÈS · texte numérisé non relu

CLYI.^A LA SCBUR ELISABETH DE SAINTE- AGNÈS

d'elle. La petile n'est pas demême^ son humeur musante m*est un exercice que je tâche de porter sans lui faire paroître; néanmoins je n'ai pas assez de suavité pour adoucir ses petits chagrins, ni assez de ferveur pour suppléer au défaut de la sienne; j'espère néanmoins que Dieu en fera quelque chose de bon, puisqu'il lui a plu de la réveiller d'un si grand assoupissement.

Je suis toute à vous, ma très-chère sœur.

Assurez ma sœur Anne Gertrude*, que j'ai reçu sa lettre et que je lui récrirai. Je dois aussi une réponse à ma sœur Madeleine de Sainte-Melthide% je la salue de tout mon cœur, et ma sœur Marie-Charlotte % et ma chère sœur Gertrude^ Christine,. Scholastique et Euphrasie, et omnium sororum; et ma sœur Jeanne de la Croix*, dites-lui tout ce qu'il vous plaira de ma part.

GLYI.—A la sœnr Elisabeth de Sainte-Agnès le Féron.

De TobligatioD el de ruliliié qae Ton trouve à rendre comple

de ses actions.

Dimanche matin (janvier) 465S.

Ma très-chère sœur. Encore que vous ne reconnoissiez pas (|ue cela vous serve de rendre compte de votre état tous les jours, ou bien de deux jours Tun, vous ne devez point laisser de continuer, sachant bien que cela est agréable à Dieu, puisque c'est une pratiqtie d'humilité et d'assiyettissement, et que la moindre chose que l'on fait pour Dieu avec persévérance profite toujours beaucoup, puisqu'il a dit que celui qui donne un verre d'eau froide en son nom ne demeurera point sans récompense. Ce que vous donnez en faisant cela n^est que de Teau, puisque ce ne sont que des fautes, et cette eau est bien froide, puisque vous les dites sans sentiment ; néanmoins votre intention étant bonne elle sera toujours reçue de Dieu. Pour ce qui est de n'avoir toujours à dire que les mêmes choses»

^ Sœur Anne-Gertrude de Saint-Angustin Gamier.

' Sœur Madeleine de Sainle-Melthide Thomas.

' Sœur Marie-Charlotte de Sainte-Claire Arnauld d'Andilly.

^ Sœur Marguerite de Sainte-Gertrude du Pré.

* Sœur Jeanne de la Croix Morin.

j'espère, si vous coniiouez à remarquer vos actions^ que la confusion que vous aurez d'en faire si peu de bonnes, vous excitera à mieux faire ^ et vous fera concevoir de Taversion d'une vie si négligente et si tiède^ que celle que vous menez dans un lieu saint^ dont Dieu vous demandera compte, et principalement de ce que vous ne ménagez pas le temps qui vous reste pour vous préparer aux tentations qui vous doivent arriver^ étant d'une humeur qui vous causera bien de la peine partout où vous serez, et à quoi la grâce de Dieu peut remédier seule^ et non autre chose.

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