‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-RoyalChapitre 134 sur 246 · CLXIX.— A LA S(Cl R MARIE-ANGÉLIQUE DE SA1NTE-THÉRÈ8K. U · texte numérisé non relu

CLXIX.— A LA S(Cl R MARIE-ANGÉLIQUE DE SA1NTE-THÉRÈ8K. U

Tai reçu tout ce que notre mère m^a dit de votre part avec toute la correspondance que je dois à une charité si particulière que Dieu vous a donnée pour moi^ et que j'ose espérer qui sera éternelle dans l'espérance qu'il me donne que sa bonté me fera miséricorde comme à vous. Vous êtes presque au port^ ma très-chère sœur^ et vous nous laissez dans la tem- »pète; mais vous nous donnerez plus de consolation que jamais quand les desseins de Dieu seront accomplis en vous.

Pensez quelquefois, quand vous le pourrez, à la parole que Notre-Seigneur dit dans TÉvangile : Celui qui m'a envoyé est avec mot, el ne m'a point laissé seul, parce que je fais toujours les choses qui lui sont agréables. Ce que Notre-Seigneur dit de lui-même, il permet à ses enfans de le dire aussi, parce que ses mérites sont les leurs qui les unissent à lui, comme il a toujours été parfaitement uni à son Père : ce qui augmentera l'union que vous avez toujours eue avec nous toutes, que Dieu comblera de ses bénédictions et de la vie éternelle.

Je n'ose dire que je vous embrasse, ma très-chère sœur, de peur de vous attendrir, et moi aussi, d'une manière qui ne soit pas digne de Tétat heureux où Dieu vous met, et dans lequel il veut être gloriflé. Sa sainte volonté soit faite en toutes choses !

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