CLXIX.— A la sœur Marie-Angéliqae de Sainte-Thérèse
Amanldd'Andilly^
La crainte des jogements de Dieu est très-utile, quand elle est tempérée par la paix du cœur et la cooGance en Dieu.
Vers la fin de i6^^.
rai bien du regret, ma très-chére sœur, de ne vous avoir pu donner le temps que je vous avois promis, et que j'espérois qui nous serviroit à toutes deux, ayant jugé que votre cœur étoit plus ouvert qu'il n'a point encore été à mon égard. L'obligation que j'eus de m'appliquer à autre chose me fut une marque que Dieu ne me vouloii pas donner cette consola-
i Cette sœur étoit malade lorsque la mère Agnès lui écriTll cette lettre» ne la pouvant aller voir, parce qu*elle étoit elle-même au Ut.
(Note du manuscrit. J
^ii LETTRES DE LA HÈRE AGNÈS.
lion. Je ne doute point qu'il n'ait agréé la bonne volonté qu'il TOUS avoit donnée d'exposer vos dispositions, pour les rendre meilleures, qui est la fin que je présuppose que vous vous étiez proposée.
L'on m'assure que vous avez l'esprit en paix; c'est le fondement, ma très-cbère sœur, de tous les mouvemens que vous pouvez avoir dans l'état où vous êtes, qui vous peuvent porter à craindre les jugemens de Dieu, qui ne peuvent être que trèsutiles quand ils sont tempérés par cette paix du cœur qui regarde Dieu avec une humble défiance de soi-même, mais sans exclure une parfaite confiance en sa miséricorde parce qu'elle est infinie; ce qui nous doit porter à dire à Dieu avec saint Augustin : a Regardez, Seigneur, votre œuvre en moi et a non pas la mienne ; si vous regardez la mienne vous me « condamnerez, mais si vous regardez la vôtre vous me a couronnerez. »
C'est rinstruction que nous donne notre père saint Bernard, d'être toujours prosternés aux pieds de Jésus-Christ pour les baiser l'un après l'autre, de peur que, nous arrêtant trop au pied de la justice, nous ne perdions courage; et que d'ailleurs en nous arrêtant trop au pied de la miséricorde, la confiance que nous en recevons nous fasse oublier la crainte que nous devons avoir de sa justice. Notre esprit propre n'est pas capable d'allier ensemble des choses contraires, mais c^est Touvrage de la grâce de Dieu, qui sait abaisser les âmes et les élever autant qu'il leur est nécessaire.
GLXX.— A la sœur Marie-Charlotte de Sainte-Claire
Amauld d'AndiUy.
La mauvaise bonté est la plus dangereuse des tentations. — 11 faut rejeter toutes les pensées qui ne viennent point de Dieu.
Gloire à Jésus au Très-Saint- Sacrement!
Vers 4652.
Ma très-chère sœur, Vous ne devez pas donner lieu à la confusion où vous êtes de ce qui vous est arrivé; c'est la plus dangereuse de toutes les tentations que la honte qu'on a de les