CXC. — A MADAME d'aCMOKT
ce carême à ce qu'elle dit, quand elle aura mis ordre à des affaires nécessaires qu'elle a à son pays; je crois que la plus importante c'est de compter si elle a assez d'argent pour bâtir la tour de TÉvangile.
Notre mère^ vous salue très-humblement^ elle se porte bien^ Dieu merci. Tous les trois états de votre chambre vous saluent très-respectueusement. La petite' qui représente la vie des justes qui ne pèchent point; la vie contemplative signifiée par ma sœur Hélène' ; et la vie active dont ma sœur Eulalie^ s'acquitte fort dignement. Tout se porte bien. J'ai peur que cette pluie ait réveillé votre fluiion ; je voudrois bien que ce ne fût ni les dents^ ni le dos^ car ce sont des mauxpresque insupportables.
Il me rcsteroit à vous dire que je suis toute à vous^ ma trèschère sœur, mais seroit-il possible que vous en doutassiez? J'espère que vous ne le ferez jamais, et qu'il sera toujours vrai de plus en plus.
CXC— A Madame d'Aumont (à Pori-Royal-des-Gliamps). Au sujet de rappréhension où Ton était de la petite-?éroIe.
Mardi, Sainte-Claire (12 août 4653).
Ha très-chère sœur, M. Singlin mande à notre mère* que vous êtes assurée dans l'appréhension où l'on est de la petite- vérole. Je vous assure que j'en suis bien en peine, et que je n'aurai guère de repos jusqu'à ce que nous ayons des nouvelles. Je crains plus à cause que c'est la petite Gaillard %
* La mère ÂngéliqQe.
* M"« de Monglat.
* Sœur Hélène de Sainte-Agnès de Sa?enières, associée à Port-Royal; elle signa le Formulaire, et fut renvoyée, après sa signature, dans sa maison, Tabbaye de TËau, où elle mourut le 27 décembre 1 681 .
^ Apparemment la sœur Madeleine de Sainte-Eulalie, de Limoges, converse, qu*on trouve nommée parmi les sœurs de Port-Royal-des-Champs, à répoqne de U persécution, en 4664. Elle prit Thabit le 30 mai 4654, et fit profession le 24 mars 1653. Elle est morte le 22 mars 4690, âgée de 66 ans et demi.
* La mère Angélique, qui était alors ii Port-Royal de Paris.
* M"« Marie Guillard; elle mourut k Port-Royu-des-Champs le 28 août 4653, k Tftge de douze ans. (Voyez Nécroloije de Port^Raycd, j^e 350.)
qui est jolie; car cette malicieuse maladie s'attaque plutôt à celles-là pour leur imprimer sa déflgu ration.
Pour ce qui est de mademoiselle de Bonœil^ vous savez pourquoi on ne l'aime pas ici ; néanmoins notre mère remet tout à M. Singlin. Il n^y auroit point de cellule à lui donner^ sinon que la mère Françoise part demain. La cellule qu'elle quitte est en haut^ et par conséquent fort basse; c'est tout ce que nous avons.
Je voudrois bien qu'il vint quelqu'un aujourd'hui pour nous ôter de peine. Je pense et repense où l'on a pu mettre cette petite et je ne trouve rien qui soit fort éloigné. J'ai eu autrefois ce mal à la cellule de Sainte-Tbérèse^ au-dessus de Saint-Bernard, et notre mère, qui ne Tavoit point encore eu et qui le craignoit extrêmement, me venoit voir par la fenêtre du grenier; c'étoit justement au commencement de ce mois en i6i4.
Dieu vous ramène en santé, ma très-chère sœur^ et nous fasse lagAce de vous recevoir comme il le veut^ avec un cœur pur et une bonne conscience.
La mère ne songeoit pas au petit Palu. i Je suis toute à vous, ma très-chère sœur.
CXGL— A la sœur Marie-Dorothée de l'Incamation Le Conte.
Au sujet d'une poslulanle qu'elle lui envoyait, à Port-Royal-des-Champs.
46 août (4653).
Ha très-chère sœur, Nous avons trouvé le pelit livre des Considérations de saint Bernard, que vous avez écrit de votre propre main ; on le corrige sur l'original que vous avez envoyé, et j'espère qu'il sera fait avant que l'on parte. Nous aurons assez de temps et vous aussi pour le mettre au net, je n'entends pas vous-même, mais quelque autre; encore ne sais-je si vous avez quelqu'un^ puisque ma sœur Marie-Charlotte * est malade : quand vous n'aurez personne, mandez-le, nous ferons effort pour vous accommoder.
* La sœur Marie*CbarloUe de Sainte-Claire Amauld d*Aodilly.