DE LA MÈRE MARIE-ANGÉLIQUE ARNAULD
Je VOUS dis les mêmes choses de tout mon cœur que vous dit la mère Agnès, n'ayant rien à y ajouter que vous dire : faites cela et vous vivrez. Je suis toute à vous, ma chère sœur. Il est aujourd'hui un jour de bénédiction et de miséricorde pour vous; pour y correspondre vraiment il faut souffrir
qu'on VOUS écorche; je prie ce grand Apôlre qu'il tous obtienne la grâce de le désirer.
CXCY.— A la sœur Angélique de Saint- Jean Amanld d'Andilly.
Sur le désir qu'elle avait témoip^né que la mère Âgoès ftt le voyage de Porl-Royal-des Champs. Elle Tengage à proourer à son âme ce qui lui conserve et lui augmente la >ie.
Gloire à Jésus au Très-Saint-Sacrement I
(Avant septembre 4653.)
Ha très-chère sœur^ J'avois prié au tour que ma sœur Mar* Une portât la lettre de ma sœur Hillerin et qu'elle la donnât en main propre^ mais elle s'est contentée de la donner à M. d'Hillerin. Je crois qu'il en aura 80in, et qu'elle sera reçue. Je vous remercie d'avoir fait mes excuses; j'ai encore ajouté une douzaine de lignes à votre lettre pour faire ma paix.
Je vous suis bien obligée, ma chère sœur, du désir que vous avez que je fasse le voyage^ mais je me trouve humiliée de ce que vous doutez que je m'y porte, car je ne puis attribuer ce défaut d'inclination que j'aurois pour cela qu'à de mauvaises causes, ou parce que je serois attachée au lieu où je suis^ ou que je m'y croirois nécessaire, ou que je n'aurois point de sentiment pour les personnes qui ont tant de bonté pour moi que de me désirer avec elles.
Si j'ai tous ces défauts, je les renonce, et je désire d'avoir une préparation de cœur pour recevoir le mouvement qu'on me donnera, que je me promets qui sera celui qu'on vous a promis. Ce que J'en aime le mieux, c'est que M. Singlin a projeté cela de son propre mouvement.
Je voudrois bien savoir si vous l'avez vu en particulier et comme il faut depuis que vous êtes retournée. Je vous supplie, ma chère sœur, n'ayez point de retenue ni de timidité pour vous procurer ce bien et ce secours qui vous est si nécessaire. Il faut avoir pitié de son âme en lui procurant ce qui lui conserve la vie et qui lui augmente, et ne pas écouter son amour propre qui ne veut faire peine à personne, au lieu que c'est humilité de vouloir être redevable. Ce que vous n'obtiendrez pas après l'avoir demandé, le défaut vous en sera utile ; mais