‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-RoyalChapitre 150 sur 246 · CXCVI. — A UNE RELIGIEUSE DE PORT-BOYAL · texte numérisé non relu

CXCVI. — A UNE RELIGIEUSE DE PORT-BOYAL

en ne demandant pas^ ^ous serez coupable de la privation que vous en souffrirez. Je dis cela en l'air, craignant que vous ne soyez encore dans la foiblesse où je vous ai vue pour cela et pour la prière^ sans laquelle nous ne respirons point Tair de la grâce, pour nous préserver de Tair corrompu de notre propre esprit, qui entre en la place de TEsprit de Dieu qu'on attire par Toraison. Nous sommes la maison de Dieu, et cette maison doit être une maison d'oraison, et d'une oraison actuelle en certaines heures, et d'une oraison habituelle qui soit continuelle; et au lieu de cela je puis dire de moi-même que je suis souvent dans la distraction actuelle et toujours dans rhabituelle. Priez Dieu quil m'en délivre, ma chère sœur, et je lui demanderai la même grâce pour vous, quoique vous n'en ayez pas tant de besoin que moi.

Ha sœur H. Ang. de Sainte-Anne fait un peu mieux que de coutume pour ce qui la concerne, car pour le reste il n'y a point sujet de s'en plaindre : elle vous prie de prier Dieu qu'il lui fasse la grâce de réparer le temps perdu de son noviciat. Je n'ai plus de temps que pour vous dire, ma chère sœur, que je suis toute à vous.

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