CCIII.— A LA SGBIIB ANGÉLIQUB DE 8AIKTB-A6NÈ
nion^ car c'a été une parole sans mystère, et dont il ne me souviendroit pas, sinon qu'elle me revient souvent sur d'autres sujets. Je pense que je Youlois dire en vous conseillant de communier, qu'étant lors dans une vue particulière de vos manquemens et dans le désir d'en sortir, vous deviez tous approcher de Dieu pendant cette lumière. Car il me semble que les fautes sont grandes quand on ne les connott pas^ et qu'on les veut défendre; et elles devienaent petites et presque nulles quand on les connott, qu'on les avoue, et qu'on en est fort humilié devant Dieu, ce qui porte à se retirer de la communion ; et c'est quelquefois lors qu'il est* meilleur de s'en approcher : mais la règle n'en est pas générale; c'est pourquoi cela se dit dans un mouvement présent, qui ne doit point tirer de conséquence pour une autre fois. Vous voyez par mon explication que je ne suis pas si profonde que vous pensez. Mais agrès vous avoir obéi, je vous dirai que vous êtes trop remarquante, et qu'il faut laisser passer ce qui est passager^ ne vous ayant dit cette parole que pour une fois : et c'est ce qui nous fait avoir toujours besoin de conseil, n'étant pas toujours permis de nous résoudre sur ce qui nous a éiê dit en une occasion particulière.
Je vous désire, ma très-chère sœur, la ilisposition que la règle nous ordonne, de chercher la paix, et de la poursuivre avec ardeur. On ne s'imagine point que ce soit un devoir d'être dans cet état ; au contraire, on croit que c'est une partie de la piété de se troubler des maux de son âme, quoiqu'elle ne puisse guérir que dans le repos, non plus que les malades
dans un lit; et qui les voudroit souvent lever et les changer de place, augmenteroit leur mal, n'étant pas capables de ces agitations- là.
Je suis, ma très-chère sœur, entièrement à vous.
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