‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-RoyalChapitre 176 sur 246 · CCXLIII.— A LA MiBE MARIE-DOROTHÉE DE L'INCARNATION · texte numérisé non relu

CCXLIII.— A LA MiBE MARIE-DOROTHÉE DE L'INCARNATION

GCSXLIL— Ala mère Marie-Dorotliée de llncarnation Le^Gonte, prieure de Port-Royal-des-Ghaiiips.

 Toccasion de la nouvelle année.

(4«r;a»iwer466ô.)

.... Je prie Dieu, ma cbère mère^ qu'il se donne à voiis^ afln que vous tous donniez toute à lui pendant cette année. Le premier est déjà fait^ car un Enfant- Dieu nous est né; mais il faut qu'il naisse en nous aussi bien que pour nous, et après être né il faut qu'il soit circoncis, et c*est à quoi nous répugnons tant, ne voulant ni souffrir, tii être humiliées. Deman- * dons-lui qu'il nous donne cette bonne volonté^ qui est la seule bonne, parce qu'elle est pleine, car il n'y a plus rien qui nous empêche d'être à Dieu quand nous voulons bien Thumiliation et la souffrance.

Je vous supplie d'assurer ma sœur Anne de Saint-Augustin^ et ma soeur Marie de Saint-François ' que j'ai un particulier souvenir d'elles, quand je me souviens de toute la commu* nauté.

CCXLIII.— A la sœur Marie de Saint-Jcseph Midorge. Elle Texhorte à offrir à Dieu la privaiion où elle était de la \rue.

(4*riafivt>r4655.)

Ma très-chère sœur, J*ai reçu votre présent avec la même charité que vous me l'avez fait^ pourtant avec regret de la peine que vous y avez prise : c'est une marque de l'affection que vous avez toujours eue pour moi, qui ne vous en ai donné aucun sujet, mais plutôt d'exercice de patience en désirant votre perfection avec trop peu de douceur et de support, contraire à la bénignité de Dieu même, qui nous souffre avec une bonté ineffable. Je vous supplie, pour l'amour de lui, ma très-

t Sœur Anne-Gerlnide de Saint- Augustin Gamîer, novice en 4607, professe en 1643. Elle est morte le 24 novembre 4669, ftgée de 75 ans.

* Sa>ur Marie do Saint- Françnis Grimoull. Elle est morte le 43 jota 4655. ^

354 LETTEE8 DB LA MARB ilOlfiS.

chère sœur, de lui offrir en ce jour avec plénitude de cœur Paccepiaiion du défaut de lumière corporelle^ qui est une arrhe de la lumière éternelle qu'il vous veut donner dans les splendeurs des saints, et d'appliquer cette privation pour réparer les imperfections de votre vie spirituelle^ dans laquelle vous avez souvent marché en suivant d^autres lumières que celles de son espritet de sa grâce^ ce qui vous a fait commettre beaucoup de petits égaremens ; au lieu que les ténèbres dans lesquelles vous êtes vous conduiront tout droit à Dieu^si vous pouvez dire avec David que la nuit est votre lumière et vos délices. Car pourquoi ne mettons-nous pas nos délices à accomplir la volonté de Dieu^ qui met les siennes à demeurer avec nous, et à faire la volonté de ceux qui le craignent? Bon jour et bon an^ ma très-chère sœur : c^est aujourd'hui mon baptême.

GCXLIV.— A la sœur ângélicpie de Sainte-Agnès de Marie

de la Falaire.

Sar cei ptrolei de rÉvaDgile : « Vous moiirrei dans vos péchés. »«— Pensée pour le Jour de la GouTersion de Saint-Paul.

(26 janvier 4655.)

Ha très-chère sœur. Je me promets que Dieu aura parlé à voire âme, et qu'il Taura consolée en lui donnant la paix pour récompense de la retenue que vous avez eue à ne vouloir pas incommoder M. Singlin ; car je crois que cela est fort agréable à Dieu d'épargner ses directeurs par respect à la grâce de conduite qu'il leur a donnée et qu'il donne si rarement au degré de M. Singlin, et de laquelle il faut user si Ton peut comme de certains remèdes excellens dans la nature, desquels on prend peu et rarement. Je pense que nous devons nous appliquer pour cela ce que dit saint Paul, qu't7 faut être $age avec sobriété , je veux dire être consolée et assistée avec sobriété, et se contenter des miettes, en se souvenant que Men* heureux sont les pauvres.

Je ne doute point, ma chère sœur, que votre peine ne soit bien grande dans l'impression que vous font les paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ aux Juifs iVous moufYez en fx^

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