CCLXVIII. — A LA MÈRE MABIK DRS ANGES
ç*û élé encore pire, ayant été quasi continnellement malade, et Tous/ma chère mère, chargée de tout. J'ai eu la même pensée pour notre mère ces Jours passés, qu'il lui falloit une nourrice. J'en parlerai à H. Singlin qui nous fera connoître la volonté de Dieu. Il y a grande apparence que ce mal est une défaillance, à quoi ce remède est souverain. Nous sommes assurées que M. Singlin ne désire pas moins la conservation de notre mère que nous la désirons, c^est pourquoi ce qu'il ordonnera nous doit satisfaire. Ma sœur Geneviève ne pense pas qu'il faut nécessairement un enfant pour entretenir le lait, autrement les nourrices tarissent; c*est pourquoi il faudroit dire à cette femme, qui a un nourrisson qu'elle veut rendre, de le garder encore, et ce sera un avantage qu'il soit à des personnes à qui il n'est pas fort cher, puisqu'ils ne la payent pas. Que si elle nourrit notre mère, on la payera pour l'un et pour l'autre. Il me semble, ma mère, qu'il seroil encore mieux que ce fût vous qui parlassiez de cela à H. Singlin; il seroit peutnètre plus libre à vous dire son sentiment; et si vous l'aviez fait plus tôt, c'eût été autant de temps gagné , car il faut pourvoir à ce mal le plus toi qu'il sera possible. Cependant il faudroit qu'elle prit souvent du sirop de pommes tiré sans feu. Je crois qu'elle prend du lait d'ànesse. Je crois qu'elle a vu M. Quenault dans l'état où elle est, mais il ne s'applique pas toujours autant qu'il faudroit. J'ai toiyours été prèle à retourner si on me l'eût ordonné ; c'a été H. Singlin qui en a disposé de la sorte. Nous voilà sur notre départ qui sera jeudi prochain*, à ce qu'il nous dit en son dernier voyage.
.... Il ne faut que demander les papiers à ma sœur Philiberte qui est hors de sa retraite.
Je suis, ma très-chère mère, entièrement à vous.
Je vous supplie très-humblement de saluer toutes nos sœurs de notre part à la conférenc-e, et de les assurer que j'aurai beaucoup de joie de les revoir pour leur rendre tout lé service dont je serai capable.
Je suis la très-humble servante de mademoiselle de Lian-
* Diaprés ceci, il parali que la mère Agnès revint à Paris le jeudi 2t octobre.
courte à qui je Youlois récrire^ mais on ne me lo permet pas^ parce que je suis au lit pour un rhume qui n'est pas grand'chose; je le choie fort pour le faire passer plus vite.