‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-RoyalChapitre 194 sur 246 · CCLXXV.— A LA SOEUR M ARIB- ANGÉLIQUE DE SAINTE-THÉRÈSE · texte numérisé non relu

CCLXXV.— A LA SOEUR M ARIB- ANGÉLIQUE DE SAINTE-THÉRÈSE

nous viendra racheter avec un bras étendu, c'est-à-dire qu'il emploiera sa puissance pour vaincre la résistance que notre mauvaise volonté y apporte. Ces neuf prières ' sont les remèdes aux principales plaies que le péché a faites en nous, dont la plus dangereuse est la concupiscence, qui est une racine maudite qui infecte toutes nos actiops. Le remède, c'est la racine de Jesséy qui est Jésus-Christ, lequel répandant sa grâce en nous, y entre lui-même comme une racine de bénédiction d'où naissent les fruits de la vie éternelle. Invoquez-le souvent, ma chère sœur, dans tous ces titres qu'il a pris pour nous; ne vous lassez pas d'espérer en lui, attenuali sunl oculi mei svspicientes in exceho. 11 ne faut pas vous étonner de sentir des mouvemens d'orgueil fort déraisonnables; ils vous doivent servir à crier à Dieu : Domine, vimpaiior, responde pro me. Les paroles de TÉcrilure sont un baume qui guérit nos plaies : Misii verbum suum, et sanavit eos. Je crois que vous devez communier demain jour de saint Thomas, puisque Notre- Seigneur, au lieu de le punir de son incrédulité, a voulu se communiquera lui et se faire toucher par lui. Il nous apprend qu'il veut quelquefois que l'on communie avant que d'avoir tout ce qu'il faut pour cela, aQn de signaler sa bonté envers nous. Prenez bien garde, je vous supplie, à ne rien faire qui puisse blesser le prochain, et à supporter ses fautes, afin que Dieu vous pardonne les vôtres.

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