CCXCVII.— A UNE RELIGIEUSE DE POETROTAL
toutes les choses où elle se rencontre, puisqu'elle est la source de tous les biens, comme la propre volonté est la source de tous les maux. C'est pourquoi TËvangile attribue la passion de Jésus-Christ à la mauvaise volonté des Juifs, ayant dit que Pilate le livra à leur volonté; ce qui nous montre que notre volonté est si perverse qu'elle feroit plutôt mourir Dieu en soi-même que de vouloir faire mourir ses mauvais désirs; ce qui nous doit faire conclure de la haïr plus que toutes choses, et d'aimer toutes les choses oîi elle ne se trouve point. Je désire, mes chères sœurs^ que Dieu vous fasse la grâce de bien employer ce temps de retraite où il ne se trouve point d'objets qui vous donnent des distractions. Vous tenez la place des anachorètes (encore que vous soyez deux), que la règle dit qu'ils sont plus parfaits que les conventuels^ parce qu'ils se privent de la consolation de vivre en communauté, pour avoir plus de part à la conversation de Dieu et des anges. Vous êtes assurées d'en avoir trois avec vous; saluez-les souvent, et les priez de vous faire sentir leur présence.
J'embrasse ma chère petite sœur, que Dieu ne traite pas en enfant, en lui donnant sujet d'exercer la vertu des grandes personnes. Je la supplie d'offrir ses maux à Dieu, et tout ce qui lui fait peine, en action de grâces des sainls sacremens qu'elle a reçus cette année.
Je suis toute à vous, mes très-chères sœurs.