CCCIX.— A Madame la marquise de SaUé
Elle loi entoie des actes d*adoretioD sur les mystères que TÉglise oâèbre.
Vendredi malin, 24 décembre {hûSl).
Je suis misérable cet hiver de ce qu'on ne veut point me laisser sortir de notre chambre s'il ne fait beau temps ; c'est ce qui me prive depuis si longtemps, ma très-chère soeur, d'avoir l'honneur de vous voir, de quoi je suis fort mortifiée, encore que peut-être ne le croyez-vous pas, ne vous donnant point de marques du respect et de l'affection que je conserve dans mon cœur pour votre chère personne. Et parce que je manque de pouvoir en des choses qui seroient dignes de vous, je me sers d'une très-petite pensée qui m^est venue en l'esprit, qui est de vous envoyer des adorations sur les mystères que rÉglise célèbre, afin que, voyant ce que les autres pensent, et trouvant en vous de meilleures choses, vous ne croyiez |du8 être si dépourvue de bons sentimens, comme vous vous l'imaginez, puisqu'il suffit de rendre présent à son esprit ce que le Fils de Dieu fait pour nous, et le considérer d'un œil de piété et de reconnoissance , pour être touché d'un désir de n'avoir que son amour dans le cœur, puisque ça été pour être aime de nous qu'il s^est réduit à de si grands abaissemens. Je vous remercie très-humblement de nous avoir fait part des bous sentimens de cette princesse, pour qui nous avons toute h vénération que ses vertus méritent.