CCCXXIV.— (A la sœur Françoise de Sainte-Thérèse Maignard
de Bemières.)
Il faul porier sa croix tous les joura.
Le jour de mint Luc (4 8 octobre 4 659).
Saint Luc nous apprend dans son Évangile, auw bien que
CGGXXY.— A ..... REtiGIEtdE DS ft.-il. DB TARD. 46t
les autres évangélistes^ qu'un disciple de Jésus-Christ doit porter tous les jours sa croix. Et il l^a fhlt lui-même si parfaitemeut, que c'est la louange que TËglise lui donne dans son oraisod. Il importe beaucoup de remarquer qu'il est dit quil faut porter sa croix, et non pas seulement la croix, parce que Dieu destine à ehadun la sienne, et qu'il n'y a que cette croix pHfliculière que Ton reçoit yolontairetnent de la main de Dieu (}ui soit salutaire à ceux qui la portent; les autres sont des cfoit cruciQantes et affligeantes qui n'ont point d'onction, au lieu que celle-ci nous attache à Jésiis-Christ cruciflé, qui nous rond son joug aisé et sa charge légère. C'est encore un avantage qu'il ne faut point aller chercher de croix, ni désiret qu'elles soient grandes; c'est assez de les recevoir telles qu'elles se présentent, puisque Dieu ne fait état que de Tamour et de la bonne volonté avec laquelle on s'y soumet.
CCGXXV.— A .... religieuse de Notre Dame dé Tard, à Dijon, qui Tenait d'être élue abbesse de ce monastère.
Elle lui témoigne ses sentiments, et son aflection pour cette communauté.
Gloire à Jésus au Très-Saint-Sacrement I
^9 novembre 4659.
Ma révérende mère^ Je reçois comme une grâce, et non comme une dette, les témoignages de charité qu'il vous plaît dé me donner par celle que vous avez pris la peine de m'écrire. Je sais combien les services que je devois rendre à votre maison, pendant le temps que Dieu m'y avoit engagée, ont été inutiles; c'est pourquoi il ne me reste rien que d'en gémir devant Dieu, et de le supplier d'en vouloir réparer les défauts et dans moi-même et dans les autres. Il m'est toujours resté tine affection particulière pour votre maison, et un désir que Dieu y fût glorifié dans toutes les âmes, et particulièrement dans celles qu'il m'avoit données pendant que j'y étois; et comme vous êtes de ce nombre, ma chère mère, je me sens obligée de vous offrir à sa divine majesté, comme si j'avois à lui rendre compte de votre avancement dans la vie religieuse. C'est potir^ôi J'entre dans votre sentiment sur le sujet de
Totre élection , et j'aurois désiré que nos sœurs vous eussent laissée en repos ^ au moins ces trois ans que la mère Madeleine de Jésus pouvoit êlre continuée^ sachant par expérience le poids de la charge auquel on ne peut trop longtemps se préparer. Dieu vous décharge néanmoins en vous chargeant, ma chère mère, en ce qu'il vous donne pour votre secours ma sœur la prieure et ma sœur Madeleine de Jésus, dont je ne doute point que vous ne preniez conseil, et qu'elles ne soient dans la disposition de vous rendre tout le service qui leur sera possible. Je me promets, ma très-chère mère, que vous pren* drez la liberté dont je vous parle, pour un effet de la soumission que je dois au désir que vous m'avez témoigné que j'agisse avec vous sans réserve.
Nos deux communautés vous présentent leurs très-humbles respects., comme elles font leurs prières à Dieu pour le supplier qu'il vous donne tout ce qu'il vous demande. C'est ce que je désire aussi de faire avec toute la fidélité qu'il me sera possible, et d'être autant que je dois.
Votre très-humble et très-obéissante servante en J.-C. Noire- Seigneur,
Sœur Catherine-Agnès de Saint-Pacl, R. ind.