CCGXXYUI. — A MADAME DE FOIX
que Bf • s. et M. de G.S ce qui me fait espérer que le titre de saint vous pourra être aussi justement attribué, counne à moi celui de sainte dont il vous platt de me gratifier. Hais ce sera encQre avec plus de raison et de sûreté^ lorsque nous auronf passé Tun et l'autre par tous les degrés de conversion qui nous 9QDt nécessaires pour nous approcher de Dieu^ qui est seul saiut^ et qui doi|s rendra semblables à lui.
GGCXXVni.— A Madame de Foix, coaiijiitrice de SaintBS.
Si|r la mort de la sœur Anne-Marie de Sainte-Eqgénie Arnauld d*Andilly,
et sur divers sujets.
iO octobre ^6^0.
Je commencerai, s'il vous plait^ celle-ci^ ma très-cbère mère, en vous demandant en toute humilité vos prières et celles de votre noviciat pour une de mes nièces, la plus jeune des quatre, qui mourut jeudi dernier % en suite d'une grande et fâcheuse maladie que Dieu lui a fait la grâce de souffrir avec beaucoup de patience et douceur d'esprit, sans désirer autre chose que de satisfaire à Dieu par ses souffrances. Elle est morte à Port-Royal-des-Champs, séparée de ses tantes et de ses sœurs, ayant choisi d*y demeurer pour suivre une de ses maltresses du noviciat' à qui elle croyoit que Dieu Tavoit engagée plus qu'à sa propre sœur. Nous l'avions élevée depuis 1 âge de trois ans jusqu'à vingt-quatre; cela n'empêche pas qu'elle ne puisse être beaucoup redevable à Dieu, puisque celte même grâce dont il l'avoit prévenue l'obligeoit à faire davantage.
Depuis vous avoir écrit ce quMl me sembloit de la tentation de votre nouvelle professe, j'en ai parlé à M. Singlin, comme vous me l'aviez ordonné, qui m'a dit qu'il la falloit fortifier dans sa vocation> et lui faire voir qu'elle se troni()e beaucoup de croire qu'elle auroit mieux fait dans le monde. Les raisons
* M. SioglÎD et M. deGournai (de Sacj).
^ 7 octobre. (Voyez, sur la mort de cette sœur, la lettre de la sœur Jacqueline de Sainte-Euphémie Pascal, Mém, d'Ulr,, t. III, p. 596).
* La sœur Jacqueline de Sainle-Euphémie Pascal, qui en étail sousprieure et maltresse des novices, depuis le 3 janvier.
473 LETTRES DE LA MERE AGNlâ.
de cela sont fort solides, et je ne douté point que yous ne les ayez déjà employées pour lui donner la paix de son esprit; mais il n'est pas aisé de le faire quand une &me est dans la tentation , puisqu'il n'y a ni expérience^ ni connoissance qui Fen puisse faire sortir^ mais la seule grâce de Dieu qui la dissipe en suite des prières qu'on fait pour cela, qui servent bien plus que les paroles. Pour moi, je me trouve tous les jours dépourvue de lumière et, encore plus de pouvoir pour aider les ftmes, que Dieu n'envoie à d'autres créatures que pour les humilier, étant lui seul le mattre et le directeur de leur cœur pour leur faire pratiquer ce qu'on leur enseigne. Tout ce qu'il demande à ceux qu'il emploie pour leur instruction, est un amour véritable de leur bien pour y contribuer tout ce qu'ils peuvent. Il vous a donné cette disposition , ma très-chère mère, c'est pourquoi je ne puis douter qjp^il ne bénisse vos soins, et qu'en servant les autres, vous ne vous serviez aussi à vous-même, puisque la meilleure manière d'apprendre c'est d'enseigner.
Au reste, je ne sais à quoi vous pensez, ma très- chère mère, de vous déclarer si hautement pour des excommuniées comme nous le sommes. Si Dieu est pour nous, comme je Tespèreen ce rencontre, ce sera lui-même qui vous confessera devant son Père et ses anges, ainsi qu'il le promet dans TEvangile. Je crois que vous le faites par bon lé et par piété. Hais quand vous n'auriez pas ces motifs, il me semble que la prudence humaine approuve cette géuérosité, puisque c'est aller au-devant d'une chose que l'on croyoit déjà, et c'est rendre honneur à la secte qu'on appelle, que de vivre en même temps comme vous faites, c'est-à-dire avec plus de fidélité à Dieu que jamais.
C'est une histoire bien pitoyable que celle de ces pauvres reUgieuses tourmentées de ces méchans esprits; mais c'est encore une chose plus pitoyable que ceux qui s'en mêlent s'y prennent si mal. Vous en parlez si sagement, qu'ils auroient besoin de vos avis pour s'y comporter mieux qu'ils ne font. J'espère que la miséricorde de Dieu éloignera de voire maison et de la nô!re un fléau si terrible, et il me semble que leur évêque a une grande raison d'arrêter le cours de ces jeux si ridicules. On ne voit plus guère d'exorcismes qui fassent peur
CCCXXlf .-^A MONSIEUR DE 8ÈVI61IÉ. 473
au diable comme autrefois^ parce quMIs savent bien à qui ils ont affaire, et il y a une histoire dans les Actes qui arrive tous les jourS; mais non pas visiblement.
GGGXXDL.— A Monsieur de Sévigné.
De la pauTreié et privation de toutes les choses extérieiires.
(Ver$ le 25 dèkmbre 4660.)
Monsieur, Si j'avois du pouvoir sur Tesprit de M. Singlin^ je Temploierois pour le supplier de ne dire d'aujourd'hui une seule parole à personne^ afin de soulager Tépuisement où il est. Car je crois que comme le Fils de Dieu a dit de ses ministres : Qui \>ous écoute f m'icoule ; de même il diroit : Qui vous soulage^ me soulagie. Et c'est par cette pratique que le Saint* Esprit nous apprend ce qu'il faut faire pour mériter que le Fils de Dieu naisse dans nos ftmes ; car il a choisi la pauvreté et la privation de toutes les choses extérieures, pour nous enseigner que nous serons mieux disposés à le recevoir dans une pauvreté spirituelle^ lorsqu'il ne lui plaît pas de nous donner de l'instruction sur ces mystères, ni par lui-même, ni par nos directeurs, que si nous en avions de grandes connoissances. Dieu vous a déjà donnée Monsieur, la disposition partictilière de cette féte^ qui est une bonne volonté et la paix de votre conscience que vous établissez sur la résolution d'une pénitence vraie et solide, par laquelle vous attirez le Fils de Dieu en vous. C'est de quoi je le supplie très- humblement.
GGGXZX.^A Monsiior de Sévigné.
Billet pour la fête de Noél.
[Vers le ^b décembre ^ 6^0.)
Puisque vous êtes si bien disposé à faire profit de toutes choses, j'ai cru qu'en faisant parler Jésus-Christ à votre cœur, TOUS en recevriez une consolation et une force que les créatures ne donnent point. Vous entendrez, Monsieur, ce que je veux dire en recevant ce billet que je vous envoiCi et que j'ai tiré