‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-RoyalChapitre 33 sur 246 · XIX.— A Monsieur Amaold d'Andilly · texte numérisé non relu

XIX.— A Monsieur Amaold d'Andilly

Pour la remercier du présent qu*il lui aTailfail de ses Œuvres chrétimneêen vers, et sur le désir qu*elle aurait de la visite de H. Arnauld, leur frère.

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Mon cher frère. Nous avons reçu votre présent qui nous a apporté une merveilleuse consolation, voyant votre esprit si saintement occupé dans les choses de Dieu qu'on vous prendroit pour un apôtre ou un évangéliste, ou tout au moins pour un grand religieux qui passe sa vie en une cellule dans une haute contemplation; mais il y a des solitudes intérieures qui valent bien les extérieures, et une manière d'être à Dieu qui n'éclate pas tant, et qui n'est pas pour cela moins sainte ni moins enrichie des divines communications. Vous nous avez fourni des sujets d'oraison pour toute Tannée, qu'il ne sera pas besoin de prendre dans le livre, car j'espère que je les saurai par cœur. Je trouve que les vers ont un grand ascendant sur l'esprit pour lui imprimer les choses puissamment. Que si cela arrive par les conceptions des autres, il est à croire que les auteurs en sont les premiers charmés, et qu'ils ne peuvent effacer de leur esprit ce qu'ils ont produit par , une abondance de sentiment et de lumière; ce qui me fait présupposer que l'Evangile est gravé en votre cœur par l'Esprit de Dieu vivant qui vous en a donné une intelligence particulière pour être votre plénitude, au lieu que les autres sciences ne sont qu'un accroissement de douleur. Je distribue ici vos œuvres sans vous nommer; néanmoins quand on méprend à foi et à serment, je n'oserois retenir la vérité prisonnière^ tellement que je fran**

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