XXX.— A MONSIEUR AR9IAUI.D
que vous demanderez mieux en ne demandant points parce que Yotre silence sera une marque de la confiance que tom aures que Dieu est fidèle^ et que cet oubli d'une chose si présente et si pressante est un effet de la ferme foi qu'il veut remédier à vos besoins^ selon que disoit Notre-Seigneur : Votre Pèr$ Mil bien que wus avez besoin de toutes ces choses.
Je ne puis finir sans vous demander encore une autre disposition, qui est de vous rendre un peu plus inutile en ne travaillant pas si excessivement que vous faites. C'est une vertu que l'action; mais quand l'activité naturelle y prend trop de part elle devient imparfaite, et je vous supplie très*humblement que Tesprit de Jésus-Christ vous retire de ce défaut si vous y êtes. Cet esprit est tranquille et modéré, qui nous fait porter notre âme entre nos mains, ne nous engageant en aucune action qu'autant que la modération nous le permet et les paisibles mouvemens de la grâcq qui fait sa demeure en la paix. Je ne vous oserois proposer votre santé pour cela, encore que ce soit mon principal motif, croyant que vous vous refusez le divertissement et le repos dont vous avez besoin, el que je vous demande comme pour moi-même à qui, je m'amire, vous ne le refuseriez pas ; et pour en donner à ma plume J'achève celle-ci en me réjouissant de la bonne disposition de ma chère sœur que je salue très-bumblement, avec votre permission, que je me promets aussi pour vous présenter les Irès-bumbles recommandations de ma sœur Jeanne de Saint-Joseph, qui vous donne toute la part que vous pouvez désirer en ses prières.
Ha sorar Marie vous traite comme elle doit devant Dieu à qui elle ne rendra pas compte d'avoir manqué d'amour pour ceux à qui elle est très-obligée d'en rendre. Adieu, mon très-cher frère.