INTRODUCTION. XXV
défend ses religieuses et elle-même contre les accusations ou les menaces. Ces rigueurs extrêmes communiquent plus de ferveur à sa foi, plus de vivacité à ses pensées, et sa plume ne paraît pas se ressentir du poids des années.
On comprend qu'on s'intéresse médiocrement aujourd'hui à la question de savoir si les cinq Proposuions étaient' ou non contenues, explicitement ou implicitement, dans Jansénius. Mais on ne peut lire sans intérêt les pages dans lesquelles la mère Agnès exprime les angoisses de son âme; et n'est-ce pas un spectacle digne de respect que celui d*une conscience profondément sincère et chrétienne, qui redoute par-dessus toutes choses de se mentir à elle-même, en afflrmant ce qu'elle ne croit pas ou ce qu'elle ignore ; qui craint d'oflfenser la vérité comme d'autres craindraient de perdre leur fortune ou même leur vie!
Tout en admirant la piété sans tache de ces femmes de Port-Royal, on a dit qu'elles avaient de l'orgueil; ce dévouement absolu à des intérêts de l'ordre spirituel,
Sévigné elle-même ne put èlre admise h la voir , ce qui fit dire agréablement à la mère Agnès : « J'aurois beaucoup perdu du fruit de ma solitude si j*aTOÎs eu rhooneur de Voir M°'« de Sévigné, puisqu*une seule personne qui lui ressemble tient lieu d'une grande compagnie. > (Ldlre à M. de Sé^ vigne, X. II, p. 485.)
M"* de Sévigné parle de son côté, dans ses lettres, de la captivité de la mère Agnès, et surtout de la signature du Formulaire par la nièce de la vénérable abbesse, signature qui fut tout un petit drame, dans lequel figure Bossuet, alor^ simple abbé. M. Floquet donne sur tout cela des détails p|4 in< d'intérêt dans ses Etudes «t*r la Vie de Bossuet^ t. II, p. 399 et suiy.