XLIII. — A MONSIBUR l'aBBÉ DB SAWT-GYRAN
les 06 de ceux qui veulent plaire aux créatures, me trouvant sans force et sans fermeté quand j^ai donné lieu à quelque accommodement humain, quoique imperceptiblement et ne croyant pas le faire. C'est un aveuglement qui est un mauvais effet d'une plus mauvaise cause, et un châtiment que Dieu fait des péchés que j'ai commis de cette nature. Je me trouve maintenant en paix et fortifiée, ce me semble, contre les surprises. Donnez-moi, s'il vous plaît, mon père, votre sainte bénédiction pour commencer d'être en vérité,
Mon père, Votre très-humble et très-obéissante fille et servante en J.-C.,
. Sœur Agnès db Saint-Paul, I. R. B.
ZLni.— A Monsieur l'abbé de Saint-Gyran.
Pour i*inviter à prêcher le Vendredi-Saint.
Ce 24 mars, à une heure et demie (4 637).
Mon père, — U est temps que nous pensions à un prédicateur pour le vendredi saint, si nous ne voulons être sans sermon ce jour-là. Je ne me saurois résoudre à prier personne sans avoir tenté votre charité, car encore que vous m'ayez refusé beaucoup de fois, ce jour est si particulier qu'il me semble que . foutes les raisons qui vous retiennent doivent cesser, et qu'il n'est pas possible d'avoir d'autres mouvemens que de componction en entendant non-seulement la parole mais les souffrances du Fils de Dieu qui ont une voix plus forte pour toucher les ftmes que ce qu'il a dit. Je vous supplie très-humblement, mon père, d'y vouloir penser devant Dieu, et de me pardonner si J'oee vous faire cette proposition. Notre Seigneur nous permet de l'importuner, et nous promet qu'il accordera la troisième fris ce qu'il a refusé à la première. Je vous presse avec la condition que Dieu demande, c'est que votre volonté qui est la rienne, soit plutôt faite que la nôtre. Je le supplie de vous en 4lonner une nouvelle connoissance, et qu'elle soit avantageuse pour nous. Offrez-nous, s'ilvous plait, à lui et à saint Benoit,
88 LBTTRKS DE LA M£RB AGNÈS.