‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-RoyalChapitre 66 sur 246 · L.— A MONSIEUR SINGLIN · texte numérisé non relu

L.— A MONSIEUR SINGLIN

s'éloit entièrement dcprise, mais par embarrassement, ne pouvant concevoir qu'il fallût se séparer si manifestement: et je ne Tai fait qu'à force qu'on m'a entreprise là-dessus ; ce que H. R. faisoit avec peine, et en me disant que ce n'étoit pas à lui à me dire cela; mais je le priois toujours de continuer et d'avoir égard à mon aveuglement. Je vous fais la même supplication, mon père, et vous supplie très-humblement de Taccepter en considération de H. R. qui me traitoit ainsi, et ne s'est point rebuté de mes rechutes que Dieu permet, comme je crois, pour m'humilier : car il est vrai que je m'étonne contme il est possible de se tant méprendre sur des sujets dont on est il bien instruit; mais comme il faut grâce pour chaque action, il faut aussi une lumière particulière pour chaque rencontre. Je vous ai dit ma faute simplement, sans vous faire connoitre le sentiment que j'en avois, qui est tel que vous le dites, me regardant comme si c'étoit moi-même qui eusse communié eo mauvais état, et je ne sais si Dieu ne m'a point regardée de la sorte dans la communion que je fis ce jour- là. J'ai à vous demander très-humblement pardon de deux fautes que je fis hier à votre égard, mais le temps ne me le permet pas, étant l'heure du chapitre, pour lequel je vous demande votre bénédictiooy s'il vous plait.

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