LV.— A Monsieur Singlin
Au sujet de la mort de la mère de M. Singlin i. Elle regrette qu*elle D*eût
pas demandé d*éire enterrée à PortRojal.
Mardi, à deux heures après midi (/in de 4644).
Mon père, Je suis sensiblement touchée de ce que nous
' Elle était économe générale de Thôpiul de la Pitié.
LVl. — A MOIISIIIUR L'ABBÊ DE SAINTH^YRAN. 105
serons privées du corps de la chère défunte. Si nous étions vraiment pauvres devant Dieu, il lui auroit donné la pensée de se donner à nous.
Je ne sais comment prendre ce qu'il vous plait de nous dire ; c'est un excès de bonté et d'humilité qui ne me permet pas de me mettre assez bas pour y correspondre. Je sais bien qu'avec une âme comme la vôtre il ne se perd rien, et que la piété et Taffection que vous avez evièê pour votre bonne mère doit passer à d^autres, et je reçois avec grande révérence la part qu'il vous platt de m'y donner^ espérant que l'esprit de grâce qui a été en elle et qui l'avoit rendue si bonne mère envers ses enfans, passera en vous, et vous rendra doublement père des âmes que Dieu vous a données, dont je suis la plus indigne. Nous avons intention de faire pour elle comme pour une de nous; ce sera au jour que vous choisirez, auquel j'y pourrai bien assister s'il plaît à Dieu. Je vous supplie trè»^ humblement de prendre quelque repos et de la nourriture pour l'amour d'elle qui désiroit tant votre conservation.