A Monsienr Pérou, baebelier en théologie
Sur rinslkat du Sainl-Sacrement , dont il s^élail chargé de poersuivre
rapprôbation à Rome '.
Ce kl êécembre i^'iJ^.
Vive Jésus et sa sainte Mère.
Monsieur^ La nouvelle qualité que tous prenec me met dans «m si grand respect, que je ne sais quel honneur vous faire; car si le plus grand roi de la terre n'étoit que la jument de Dieu% c^t une dignité excellente que d'être laquais de Jésus-Christ et être envoyé de lui, comme lui-même étoit envoyé de son Père, aûn qu'ainsi qu'il vivoit par son Père, vous viviez par lui et soyez employé pour le faire vivre d'une vie parfaite dans nos cœurs. Teusse été bien aise qu'il eût plu à Notre-Seigneur de me donner quelque pensée pour vous dire; mais je suis une terre stérile de laquelle il ne sort rien que des chardons. Jamais je n'eus moins de pensées du Saint-Sacrement que depuis que je me suis donnée a sa vénération. Je regarde ce mystère comme une chose à laquelle je dois mon être par
< Féron oo L« Féron est qualifié docteur de Sorboune et archidiacre de Chartres dans les Mémoires pour servir à C histoire de Port-Royal etàlawê de la R. M. Angélique i^matild. Utrecht, 4742, 1. 1, p. 224 et 3M.
* Voyei sur rétablissement 4e l*Ordre du Saint-Sacrement, Mém, dCUtr* I. I, p. 329, 424 et 507.
» Ps. LXXlî, V. 22.
r. Ir t
i LETTRES DE LA MÈRE AGNÈS.
ancanlisscmcnl^ et non par application. Il me semble que je suis un petit grain de froment qui pourrit maintenant en terre (car mon cœur me délaisse de plus en plus)^ pour élre fait épi et puis farine^ et enfin hostie (bien que très-indigne) du Saint- Sacrement. Il me vient en l'esprit que l'Ordre est déjà commence depuis que le dessein éternel de Dieu a été connu et reçu en la terre^ mais qu'il faut qu'il soit dilaté et que vous en soyez la trompette^ et, comme un autre saint Jean, le précur^ seur de cette nouvelle apparition de Jésus^^Cbrist en la terre. Vous l'imitez bien, mon Père, de refuser toutes sortes de quantités pour prendre celle de laquais du Saint'Sacrement, comme il fit celle de voix. Je supplie le Verbe éternel que sa voix de vertu et de magnificence soit en vos paroles pcnir nous obtenir le bon mot de confirmation , et en votre cœur pour tous faire être de plus en plus à lui, auquel je suis et en sa sainte Hfere, Monsieur, Votre très-humble et très-obligée servante.
Sœur Catherine- Agnès, R«« indigne.
n. — An Pape.
Toar supplier Sa Sainteté d*approuver Tlnstiiut du Saiot-Sacrement.
(46Î6 ou 4627.)
Vive Jésus et sa sainte Hère.
Sa Sainteté est très-humblement suppliée d'octroyer miséricordieusement à quelques âmes touchées d'un mouvement particulier d'honorer le Très-Saint-Sacrement, de s'établir dans un Ordre où elles se puissent dédier entièrement à cette vénération sous Tune des règles anciennes approuvées de PÉglise, et avec les constitutions qui seront dressées pour cet effet, et mises à ses pieds sacrés pour être examinées. Le motif de ce dessein étant : pour réparer en quelque manière les outrages que Notre-Seigneur Jésus-Christ a reçus en ce divin Sacrement en ce royaume par les insolences des hérétiques calvinistes, et étouffer les restes de cette malheureuse impiété qui a fait glisser dans l'esprit des catholiques mômes un si grand refroidissement de dévotion et de respect, qu'ils semblent