XXX.— A la sœur Catherine de Saint-Augustin, M"* d'Elbeuf
Ma très-chère sœur, Comme je crois que ce que vous prenez la peine de me dire dans votre billet est sorti de votre cœur, je ne puis que je ne l'attribue à un renouvellement de grâce, que j'espère que Notre-Seigneur vous augmentera de jour en jour, si vous conservez les bons mouvemens qu'il vous donne. Il est vrai qu'il y avoit beaucoup à redire à ce que vous m'aviez dit, quoique je jugeasse bien que vous le disiez en faveur de M. Singlin, duquel Dieu vous a fait la grâce de tout prendre en bonne part. Néanmoins, quand c'est la vérité que l'on aime, on la reçoit toujours volontiers de quelque part qu'elle vienne. Vous devez prendre garde à cela, afin que ce que Dieu vous a donné pour M. Singlin ne demeure pas attaché à sa personne, mais qu'il s'étende à tous ceiLx qui agissent par l'Esprit de Dieu et selon les règles de la vérité, comme lui. Il me semble que vous lui devez écrire et qu'il ne seroit pas à propos de faire faire vos excuses par une autre. La répugnance que vous y avez ne peut être bonne, et quand il n'y auroit que cette raison, il le faudroit faire pour vous vaincre, n'y ayant rien qui vous soit si
XXXIl. — A LA SŒUR CATHERINE DE SAINT-AIGISTIN. 403
nécessaire. La pénitence que vous ferez d'avoir refusé ma sœur Geneviève sera que vous )'acce{>terez s'il vous plaît; on ne répare point autrement ces fautes-là.
XXXI —A la sœur Catherine de Saint- Augustin.
Ma sœur.. Je ne suis si vous vous attende/ que je vous résolve pour la communion d'aujourd'hui. Il me semble qu'en faveur des saints anges vous pouvez vous présenter a Dieu revêtue de leur charité, (jui est extrême vers les plus petits. Il n'y a point de doute que votre procédé vers cette sœur ne vînt d'orgueil et de dédain, et, par consé(|uent, que la charité n'y ait été fort hles.'^ée, car tout amour porte respect et dtterence, qui croît à mesure que l'amour augmente : c'est pourquoi, en suite de l'amour (}iio Dieu porte aux àiues, qui est infini comme luimême, il est dit en la sainte Écriture ^\^l'H lea traite arec un souverain respect. Cela donc est une faute notable conti-e la charité; mais la même charité, non ^as la vôtre mais celle de bien, la couvrira. Nous vous parlerons une autre fois de la sacristie à l'égard du chapitre.
XXXII.— A la sœur Catherine de Saint- Augustin. Elle lui recommande l'Immilili''.
Ma sœur, Je suis bien marrie, et vmfç devez l'être au!;si cxlrêmemcnt de vous êli-e exclue de la siinte cotmnunion en une si gratide fêle, ]>our n'avoir pas fait une si légère pénitence que celle qui vous avoil élé recommandée et que vous devrifz vous être proposée vous-même, sa( haut combien le trop parli r et l'amusement vous fait de tort. Tâchez de reuqdir ce grand vide en vous humiliant beaucou|) en la présence des saints t"4 les SMj)plianl de vous domier <|ucl»|ue miette de leur labl^. Ayer nltention a respecter tiniles vos snuis qui auront comnumié. Si vous aviez sentiment des choses d« Dieu, vous seriez
la plus humble de toutes, y ayant le moins de part; et au contraire on \oit fort bien que vous prenez toujours le dessus, peut-être sans vous en apercevoir, mais par défaut de vraie liumililé qui vous doit rabaisser en vous-même et vous élever vers Dieu par une entière confiance, tout étant en sa puissance et non en la vôtre.