XL. — A LA SCECR CATHERINE DE SAINT-AI'GUSTIN
prosterner devant Dieu, jusqu'à ce que vous preniez l'habit ', pour le remercier en silence, dans le ressentiment de voire cœur, du changement qu'il lui a plu de faire en vous, et le supplier d'achever son œuvre en vous rendant simple, sincère, obéissante, sérieuse, silencieuse, grave et mortifiée, car vous avez besoin de tout cela pour vous disposer à être religieuse. N'appréhendez point ce que Je vous dis de faire en ce billet, de demander tous les jours (juehiue chose à faire pour Dieu pendant ce Carême; la grâce vous en suggérera assez si vous êtes simple, et vous pouvez bien, par votre propre esprit, trouver quelque chose, afin d'obéir et de vous vaincre en ce point.
XL. — A la sœur Catherine de Saint-Augustm, Sur la nécessité de veiller sur ses défauts.
Ma très-chère sœur, Il me semble que vous devez avoir une confiance en Dieu, qui éloigne de vous ces pensées de réprobation (|ui ne conviennent point à une âme religieuse, (jui doit agir par amour et par lidélilé cm ers Dieu. Ce (jiie vous devez faire, c'est de veiller sur certains défauts dont vous ne faites pas assez d'état, connue des réplicjiies (jue vous avez faites avec lessentinient et émotion sur ce (juon vous a dit de vos habits. Cela est étonnant qu'on ne voie aucune prali(|iie de vertu dans ci's rencontres, et (ju'après y avoir man(iué on veuille encore s'en défendre connue si l'on avoit raison. Je n'ai garde de vous dire que ces fautes-là mettent votre salut en péril, parce (jue je ne le crois pas; mais je crains bien (jue ce ne soit la cause de tant de sécheresses d'esprit dont vous vous plaignez (au UKjJns de celle pauvreté inleiieure, j'ai pris l'une poiu l'antre;. Car Noire-Seigneur dit : Donnez, cl il vous sera donné ; et comme nous ne lui donnons pas des pratiques d'humilité, il nous refuse aussi ses faveurs iiarlictilières, qui sont la récompense des humbles. Il laudioil prendre poiu' dcNise te (|ui
' l»«|irr>, la leUredeM. Siiiuliii, du l'ruiarh Hiii, la su iiidallieriiie du SaiiiUAu^uktiu a dû |ir('iitirc I liaiiil de rxi^tulanle le seiidrcdi rlo la CompaRoion de la sainte Vin^r, IH iiiai> <(il4.
iliî I.ETTRKS DE LA MÈRE AGNÈS.
Dous est dit dans la règle, après David : C'est pour ramoiir de vous, Seigneur, qu'on tmus égorge tous les jours et que nous sommes comme des brebis destinées à la boucherie. Que si Dieu permet que nos sœurs contribuent à cela par quelques paroles qui nous déplaisent, n'est-ce pas renoncer à l'obligation que nous avons de mourir tous les jours à notre amour-propre que de ne vouloir pas le souffrir sans s'en plaindre? Nous avons bien besoin, ma chère sœur, de prier les unes pour les autres, afin que la charité couvre nos farites, qui sont si continuelles. Je désire de le faire pour vous, comme je vous supplie IrèS' humblement de le faire pour moi.
XLI — Ala sœur Angélique de Sainte-Agnès de Marie de la Falaire.
Nos fautes nous averlisseni du besoin continuel que nous avons de la grâce. — Il n'importe pas de connaître la grâce en nous, pourvu qu'elle y soit en la manière qu'il plaît à Dieu.
Ma très-chère sœur, Vous vous faites tort quand vous ne dites pas ce qui se passe en vous. Il importe peu de faire des fautes, pourvu qu'on puisse trouver Dieu dans sa misère et se perdre en lui autant de fois que Ton s'en est retiré par infidélité. La grâce ne subsiste en nous que pour des momens (je dis celle qui nous est donnée pour agir); c'est pourquoi, si l'on n'a soin d'en attirer continuellement de nouvelles, on se trouve toujours prêt à tomber, et c'est d'où viennent les changemens de dispositions, l'absence de la grâce faisant revivre le mal et son retour en donnant la victoire. La sainteté des âmes consiste donc en lunion continuelle à l'Esprit de Jésus-Christ, et leur imperfection à s'en détourner souvent, ce qui n'empêche pas pourtant que les actes que l'on fait ne soient bons, encore qu'ils soient interrompus.
11 me semble quil n'importe pas de connoîlre la grâce en nous, pourvu qu'elle y soit en la manière qu'il plaira à Dieu, ou cachée ou manifeste; mais qu'il faut seulement vouloir être en elle et assujettis à elle, soit qu'elle soit en nous ou hors de nous. Je dis hors de nous, parce qu'il semble que l'in-