XLI. — A LA SOEIR ANGÉLIQUE DE SAINTE- AGNÈS. il
lime de notre àine, où la grâce se cache quelquefois, ne soit pas nous-mêmes, puiscjue nous ne pouvons entrer dans ce fond, (pii est ténèbres pour nous, et que c'est la où Dieu habite. Et Dieu a mis des ténèbres à l'entour de lui, lesquelles ténèbres sont appelées en un autre endroit lumières itiacces- ^bles; c'est i)oiH»pK)i, siuis aucune apparence , ains miilgré les apparences, il tant adorer Dieu caché dans le fond de notre àme, et se donner a lui pour porter ce cachement et tous les tllèls si pénibles qui en lésulteut.
Dans 1 hounnage que je rends au mystère de la croix et de la déréliction, j'ose penser que Jésus-Christ a porté en quehpie sorte connue un défaut de lumière qui rempèchoit de se voir uni au l'eie éternel, ce (jui semble maniué par ces [)aroles : Mon Dieu, moti Dieu, pourquoi m'avez-vous délaissé; et qu'en ce point a été rachèvement de sa consommation, car il a dit aussitôt : Tout est roiisomnié. Les âmes se doivi/nt donner à cette consonnuation, en disant les mêmes paroles : C'on su //imalum est, et les suivantes : P^l, iiuUnalo capile, Iradidil fipirlluni. Dites-les en vous prosternant en terre, comme fait l'Éyhse pour adorer la mort de Jesuï^-Christ, et consente/, eu hommage de la douloureuse séparation de IVime de Jésus-Christ d'avec son corps, d'être séparée de l'àme de votre àme, qui est la puissance de vous rendre a l>ieu en la manière (juc vous le désire! ie/, de laciuelle vous portez la privation, alin que volic mort soit véritable, et votre perte parfaite, n'y pouvant voir aucun gain. Eiiliii, ma Ires-chère sieur, parmi ces ténèbres, et dans l'ignorance ou l'on est souvent île sou état, il l.uit sidjsisler sans subsistance, et se laisser à la pure merci de Dieu pour lr>utes les miseies esijuelles il lui pliil de nous réduire, et (pie notre consolation soit en ces paroles de Jésus-(]lnist : Qui perdra son àme pour I (iinonr de moi, il la Irounru ri lu sauvera.
Je SUIS toute a vous, ma tres-chère su,'ur.
4i4 LETTRES DE LA MÈRE AGNÈS.