XLVIII. — A la sœur Angélique de Sainte-Agnès
Elle l'exhorte à l'amour el à la confiance en Dieu. — Il faut accepter la privation des grâces comme une pénitence, et éviter le scrupule.
Ma très-chère sœur. Il me semble que vous ne devez point aïoirde peine de ce que vous me mandez. Je vous piie, soumettez-vous simplement à ce qu'on vous ordonne. Si Dieu est si favorable à nos corps, ma chère sœur, qu'il ne veut pas qu'ils se fassent de contrainte qui intéresse leur sanlé pour son service, il l'est encore plus à nos âmes, des(|uelles il ne demande que l'amour, qui n'est pas une chose difficile, mais accompagnée de joie et de paix. Et pour obtenir cet amour, il nous ordonne la prière, qui ne consiste (ju'cn désir et il n'y a point de difûculté à désirer, et ce désir il nous le donne, et il n'y a rien de si facile qu'à recevoir comme vous l'avez déjà reçu : ne pouvant nier sans ingratitude vers Dieu que nous n'ayons une bonne volonté dans le fond de l'âme, quoiqu'il