‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 125 sur 205 · XLIX.— A la sœur Anne de Sainte-Christine Graillet · texte numérisé non relu

XLIX.— A la sœur Anne de Sainte-Christine Graillet

Elle lui refuse quelques nusiérilés. La plus grande de loulcs est l'ohéissance.

J'espère, ma chère sœur, que vous n'aurez point de peine des choses que je vous refuse, puis<|ue vous m'assure/ <|ue vous les demandez avec soumission. Je vous supjjhe de considérer qu'il y a eu beaucoup d'àmes qui ont fait de grandes austérités (jui n'ont pas été sauvées pour cela, mais (juil n'y en a jamais eu qui aient été liumi)lemenl soumises a leurs supérieurs à qui Dieu n'ait fait miséricorde. Dites souvent en vos prières ces paroles de David : Doce me faccre volunlalem litam, (fuia Dciis meus es lu. Dieu n'est point notre Dieu, dit saint Augustin, s'il n'est notre maître, c'est-à-dire, si nous ne dépendons de lui en toutes choses, en suivant les ordres (pii nous sont donnés par ceux (jui tiennent sa [)lace.

L'obéissance est la plus grande de toutes les pénitences, parce qu'elle assujettit notre volonté à Dieu, qui est ce que nous avons de [)lus cher. Notre-Seigneur Jésus-Christ nous en a donné l'exemplt; conmic nous devons coiimiencer toutes nos bonnes œuvres par le sacrilice de noire volonté, ayant soumis sa volonté très-sainte à celle du Père éternel, auparavant (fue d'entreprendre l'œuvre de notre rédemption, en disant à son Père dans le jardin : Que ma volonté ne soit pas faite, mais la vôtre. C'est ce que Ton doit toujours avoir dans le cœur lorsque l'on demande (pielque chose, aUn de n'être point contrisié quand on la refuse, comme étant déjà faitdev^mt Dieu.

L— A la sœur Marie de Saint-François Grimoult.

Gloire à Jésus au Très-Saint-Sacrement !

Ce 46 janvier.

Ma très-chère sœur, l'ne personne riche donne plutôt un écu qu'mie [lauvre ne donne un son. Vous èles riche- en loi-

' Professe de clntur le "» mars tC-ii , elle e»l iiiorle le h \ octobre 1681*.

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