‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 126 sur 205 · LETTRES DE LA MKRE AGNÈS · texte numérisé non relu

LETTRES DE LA MKRE AGNÈS

sir, et j'en suis si pauvre que je n'ai pas le temps de me souvenir que vous m'avez écrit une lettre, et que je dois y répondre, quoique je n'oublie pas l'obligation que je Vous ai de tant de bonnes volontés et de prières ferventes que vous avez la bonté de faire pour moi. Il arrivera que je ferai lundi la conférence de la communauté, parce que notre mère prend médecine; je leur dirai les libéralités que vous leur avez faites, et le peu de récompense que vous en demandez. Il nous faut tâcher, ma chère sœur, d'êlre plus sainte que saine; car il faut que notre santé périsse, et que celui qui est saint soit encore plus saint, comme dit l'Ecriture. Ce sera en changeant nos eaux en vin, au lieu que nous changeons bien souvent le vin en eau en pratiquant trop foiblement les instructions qu'on nous donne, et pour n'avoir point de vigueur ni de ferveur à nous mortifier, sans quoi l'on n'a point de vin, car vous savez que le pressoir y est nécessaire. Chacun a ses sujets particuliers de s'y exercer, et celles qui disent le plus de chapelets n'en sont pas exemptes, y ayant toujours des intervalles où l'on se met en peine de beaucoup de choses, quoiqu'il n'y en ait qu'une de nécessaire, qui est de vivre comme s'il n'y avoit au monde que Dieu et nous.

Je suis tout à vous, ma très-chère sœur.

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