L.K. — A INE RELIGIELSE DE PORT-ROYAL, 4i
qui les domine. Depuis le péché d'Adam nous sommes de la même façon embarqués dans la prédestinalion de Dieu, qui nous fera surj:ir où il lui plaira; ce (|ue nous pouvons faire, c'est de l'invoquer, et de nous le rendre favorable jtar la sincérité de noire amour et de notre confiance vers lui, n'attendant rien de notre industrie qui ne peut pas nous ^^aranlirdes orages.
Ne vous étonne/ pas de ne pas connoître vos fautes; c'en est la pénitence que Taveuglement. Lincjuietude qu'on a de les avoir oubliées, n'est (ju'un amour-propre; car (jue sert de les avoir dans la inemoire pour s'en accuser, et non dans le cœur pour en gémir? Celles <iu"on ne tire point de son cœur, qui est le lieu de leur expiation, ne doivent point venir sur les lèvres (|ui en (kineurent pollues, comme dit un |iro[)lièle. Il vaut donc mieu\ ne dire que deux ou trois fautes a confesse en Tamertume de son âme, qu'im grand nombre par réflexion et subtdité de discernement. La plus grande de toutes nos fautes est celle de laciuelle nous ne nous conle>sons peut-être point, parce qu'elle ne nous paroît pas telle, et je |)ense (|ue c'est l'empressement a désirer et chercher des niDvens d'aller à Dieu autres i\uc lui-même, qui ne se lrou\e (juedans l'anéantissement de notre propre action, de quoi nous ne voulons point nous démettre; et ce|)endanl Notre-Seigneur dit dans l'évangile d aujourd liui , (jue, qui ne renonce à tout ce quil possède ne peut être son disciple.