‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 139 sur 205 · I.XIF. — A INE RELIGIEISE DE PORT-ROYAL · texte numérisé non relu

I.XIF. — A INE RELIGIEISE DE PORT-ROYAL

déjuger par lu lumière de Dieu la qualité de vos fautes, et vous ordonner selon cela la privation ou l'approche de la sainte communion ; car (}uesavez-vous si c'est par ce moyen le plus excellent de lous (piu Dieu vous veut {.'uérir ? Le Centenier a été juslilié en se retirant de Notre-Sei^Mieur ; Z.ichée,au contraire, s'est sauvé en le recevant chez lui. Comment saurezvous par hupielledes deux voies le Fils de Dieu vous veut faire miséricorde, sinon en consultant son Esprit résidant en ses prêtres, et non le vôtre?

Il est bon de se faire connoîlre une bonne fois telle qu'on croit être dans le fond de lame, contre l'ortrueil (jui nous fait cadicr ce (jui nous est plus intime. Ce qu'il faut faire, ce me semble, c'est de se rendre Taccusation de ses fautes plus familière, je veux dire, être prête à les dire en toutes les occasions, et cela dans la simplicité, ne faisant (jue loucher la chose sans Texaf^érer, ni faire connoître qu'on la jugegriève. Il n'y a pas [teu d'humilité à donner lieu à ceux à (jui on s'accuse de nous faire voir lim[)orlance de noire faute, et lors acciuiescer simplement sans enchérir |)ar-dessus ce (ju'ils nous disent, (jui est soiiventun arlitice de rarnour-[)ro[)re, (jui veut soulager son humiliation en faisant semblant de laugmenter.

J'aime bien la conclusion (juevous laites, que Dieu vous fait la grâce devoir tout cela sans trouble. S'il lui plaît de vous, conserver celte grâce, je crois «ju'elle seroit aussi désirable que celle de vous exempter de vos misères. Car n'avoir point de troidjle, c'est être humilié sous la [)uissante main de Dieu, qui n'élevé que ceux (ju'il lui plaît; c'est lui témoigner (jue tout bien vient de s;i pure miséricorde (jui a ses momens (|ue nous ne pouvons prévenir ; et c'est encore témoigner un désintéressement de nous-mêmes, voulant toujours bien faire, etsoull'rir néamiioiusde n'en p<juvoir venir à bout.

Ce que vous devez, couti ibiiei' de voir»- part pour sortir de l'état où vous êtes, après avoir purilié votre désir par les dispositions (jue vous Nenez de dire, c'est ce que vous dites vousmême : demeurer eu silence et en patience de\aut Dieu, attendant (|u il vous regarde; et toujours rentrer dans ce devoir, a mesure que vous eu sortez, (h uli mei semitcr ad VuinniHin, <iuoniain iijse evcllvl de /(K/uco itedts meos. (l*s.

T II «.'

XXIV, V. 10.) David no dit pas : Mes yeux sont quelquefois vers le Seigneur, et d'autres fois je les retire pour regarder les pièges qui me sont tendus ; mais il dit qu'il regarde toujours le Seigneur, et par conséquent qu'il ne regarde point les pièges, parce que ce doit être l'œil de Dieu et non le sien qui l'en délivre. Si nous faisions ainsi. Dieu feroil merveille en nous.

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