‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 146 sur 205 · LXVIII. — A une religieuse de Port-Royal · texte numérisé non relu

LXVIII. — A une religieuse de Port-Royal

Il n'y a que Dieu qui puisse nous secourir. — H faut se gouverner dans les maladies de Fànie^ comme l'on fait en celles du corps. — S'approcher de Dieu, et demeurer en lui par une fréquente oraison. — Remèdes qu'on doit apporter à ses fautes. — Moyens pour mériter que Dieu s'approche de nous.

Ma sœur. J'ai été en peine si je devois vous écrire, ou employer ce temps-là à prier Dieu pour vous. Il m'a semblé qu'il falloit faire tous les deux, la prière comme le plus puissant pour

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VOUS secourir et celle-ci pour vous témoigner que nous pensons à vous, et que nous voudrions faire plus quecela pour vous soulager.Mais il est besoin, ma sœur, que vous sachiez qu'il n'y a que Dieu (jui le puisse laire, et que tout ce (pie voiir^ clierclierez hors de lui en la manière que vous le faites ne vous apportera que de l'inquiétude. C'est unelTet delahonté de Dieu vers nous, d'avoir voulu que notre repos ne fùlqu'en lAi. Sou venez-vous de ce qu'il (lit dans rKvanjj;ile : Venez à moi vous qui ètestraiiaillés et chargés, et je vous soulagerai. Quand vous aurez obéi à ce commandement si favorable, et que vous n'en aurez point e.vpihiuu'uté i'cIVtît, vous aiuvz sujet de vous [ilaindre; mais cela ne sera point, nar jamais personne n'a espéré en Dieu, qui ait été confus. Vous m'avez dit vous-même plusieurs fois (pie IKiurvu (pic vous eussiez recours à Dieu, il vous forlilicit beaucoup. Pounpioi donc vous plait;nez-vous de lui, et non pas de vous-môme qui man(piez de patience et dMiumilité dans vos prières, ce (|ui est cause (|ue vous ne i retirez point (Ut fruit? Gouvernez-vous dans les maladies de votre àme comme l'on fait en celles du corps. Ceux (pii désirent de guérir d Une grande maladie tâchent de se mettre l'esprit en repos, p.irce que riiKpiiétude et le trop grand désir de guérir augmenleroient leur mal; et plus le mal augmente, plus ils demeurent en tran(juillité pour donner lieu à la nature de les secourir. Faites do mémo pour la gràoe; arrêtez autant (|ue vous pourrez tous les mouvemens d(i votre esprit ju'opre, sachant (jue tout ce qu'il fait est mauvais, elaltond(V(pie l'Esprit de Dieu prenne sa place. 11 le fera (piand vous cesseiez d'agir, ce cpie vous ne faites pas niainteiiaut; car encore (pie vous na^iissiez pas eu eflet, et ne lassiez rien de bon particulièrement pour l'intérieur, c'est par impuissance et privation de grâce, et non par démission et respect envers Di(Mi ; tclleiiieiit «pie celte imililité ne vous rend pas plus humble et plus dopeiulaiite de Dieu, mais vous met dans l'impatience et Ut murmure, ce (|ui aiigmenlo toujours votre slu|»i(iilé. Car Dieu ne doiiiie aucune lumioro ni oik tion aiiv âmes (pii en veulent a\oir comme une chose (| Il i leur est due, et (|ui se rebutent (piaiid il ne leur eu donne point; mais il les garde pour telles (pii uo s y alleudent point. el(pii se inetleiit devant lui [»our lui rendre leuis

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