‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 147 sur 205 · LKTTRES DE LA MÈRE AGNÈS · texte numérisé non relu

LKTTRES DE LA MÈRE AGNÈS

devoirs selon l'état où elles se trouvent. Si on est stupide, se tenir dans la stupidité, comme étant indigne d'un meilleur état, à l'imitation de celle qui ne demandoil que des miettes qui tombent dessous la table, c'est-à-dire, les restes des âmes que Dieu favorise et nourrit comme ses en fans.

Quand vous vous mettez devant Dieu, ne vous mettez point en peine de chercher des pensées pour vous entretenir en sa présence; c'est assez de vous y tenir en silence et en gémissement, souffrant les troubles de votre esprit, et faisant la sourde oreille à tout ce que l'esprit malin vous suggère de découragement et désespoir. Votre contenance tranquille et dévote, quoique sans dévotion, le confondra, car il ne sauroit pénétrer ce qui se passe en une àme qui est tournée vers Dieu. Ayez dévotion à ces paroles du psaume : Scapulis suis ohumbrabit tibi, et sub pennis ejus sperabis. Il semble (jue ce soit ime participation de la grâce de la sainte Vierge que le Saint-Esprit a obombrée; et Dieu promet la même faveur en une autre manière aux âmes qui s'approchent de lui, et demeurent en lui par une fréquente oraison. Car le psaume commence : Qui habitat in adjutorio Altissimi; et ensuite le prophète dit qu'/7 a été délivré de toute sorte de tentations qu'il spécifie aux versets suivants K

Tout votre mal vient de ne pas assez prier Dieu. Quand vous avez mal employé le temps de la messe et de l'offlce, prenez un peu de temps ensuite pour gémir devant Dieu, et le supplier de réparer en vous cette perte; puis offrez-lui l'oraison que Notre-Seigneur nous a enseignée, espérant qu'il écoutera les paroles de son Fils, et vous donnera par ses mérites la grâce de le bien prier une autre fois.

Les remèdes qu'on doit apporter à ses fautes ne sont point extraordinaires; chacun sait qu'on les doit réparer par leurs contraires. Mais on manque de fidélité et de persévérance à les employer. Tout ce qu'on vous pourroit dire de nouveau ne vous servira pas, et plus vous saurez de choses, et moins vous en pratiquerez. Souvenez-vous de cette parole de lEcriture : Qui ajoute science, ajoute douleur, parce (lue la science que

' Ps, xc.

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