LXXVII.— A une religieuse de Port-Royal
Sur le désir qu'elle avait témoigné d'être déchargée de son emploi.
Ma très chère sœur. Je ne vous blâme point d'avoir représenté que l'emploi où vous êtes vous fait tort, et d'avoir désiré d'éviter les fautes que vous y faites; mais d'avoir importuné pour cela, c'est en quoi vous êtes coupable, et cela donne sujet de croire que c'est plutôt par fantaisie que vous en voulez sortir que par un bon mouvement ; car si c'étoit la crainte d'offenser Dieu, vous appréhenderiez de faire une plus grande faute en voulant avec opiniâtreté ce que vous voulez, que toutes celles que vous y faites par fragilité. Ce n'est pas que vous ne puissiez représenter encore votre désir et votre besoin, mais ce doit toujours être dans la disposition d'attendre qu'on se porte volontairement à vous l'accorder, et ne vouloir pas en sortir une heure plus tôt que Ion ne trouvera bon; et ce seroil le moyen de vous disposer à bien célébrer la fête qui porte la grâce d'une bonne volonté, c'est-à-dire d'une volonté flexible à celle de Dieu, qui est venu en la terre pour ramollir notre volonté qui résiste toujours à la sienne. Je ne pense