‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 160 sur 205 · I.XXVIII — A INE RELIGIEUSE DE PORT-ROYAL · texte numérisé non relu

I.XXVIII — A INE RELIGIEUSE DE PORT-ROYAL

r». — Je vous assure (ju'il ne se forma aucune pensée en moi dans l'occasion dont vous avez eu |)eine ; et (juand j'en aurois eues, ce sont celles-là que vous ne devez point savoir; et cependant vous faites en ces occasions plusieurs tours et retours pour les découvrir; et c'est proprement comballre la simplicité qui ne |)rétend rien sur les secrets d'aulrui, et expose les siens par devoir pour devenir encore plus simple.

A quoi bon ces réflexions (pi'il y en a d'autres envers qui l'on ne j^arde pas la même conduite? J'ai envie de vous dire sur cela ce (juiest dans rÉvanjjile : Prenez ce qui est à vous, et vous en allez; que vous importe si Dieu donne |)lus ou moins aux autres?

7. — Vous ne devez dépendre de personne pour avoir la paix, puis(|ue c'est celle (|ue le monde ne peut donner; or, toute créature est le monde inca|>aljle d'opérer la paix dans l'àme, parce (ju'elle surpasse leurs sens et les noires. Mais celle que vous demandez, à la vérité, ne les surpasse pas ; au contraire, elle leiu" est assujettie, car ce sont eux (jui ont composé ces règles de celle paix, lesquelles pour celte raison je ne trouve |)as recevables ; c'est pouniuoi j'y fais un renversement, ordomiaul (lue la simplicité devancera la confiance, et qu'il vous suflira de savoir (|ue IHeu vous envoie aux personnes de (jui vous devez dépendre, pour leur être simple et ouverte comme à lui.

Je serai bien aise de savoii' comment vous aiuez reçu tout ceci, et si vous demeurerez convaincue d'avoir écrit votre billet dans l'aveuglement <|ue je preuois |)Our tentation. Je n'eusst; pas cru (|ue vous eussiez eu si peu de coruioissancede lasimplicité avec hujuelle on doit recevoir la conduite, et tant de capacité à veus indisposer (juand ou ne vous la donne pas confoiiue à vos i^entirnens. J(! ne sais ce «jue l'on peut espérer (le vous dans les cliangemens oii Wm est exposé, car avant i\\iti vous eussiez deviné tout ce (|ue penseroil une supérieure, il se passeroit bien du tem|>s (jue vous ne lui seriez pas assujellie, et je pensc (pie voiisNiendricza conclure qu'il s'en faut passer.

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