LXXXV.— A une religieuse de Port-Royal
Quelques avis pour une reU'aite et sur l'oraison.
Ma très-chère sœur, Je suis bien aise que vous ayez la pensée de faire une retraite, car encore que vous ne la puissiez pas faire exactement à cause de votre maladie, elle ne laissera pas de vous servir beaucoup, parce qu'elle changera la face de vos actions, qui sont à présent toutes humaines, n'ayant pour principe que les mouvemens de la nature que vous suiviez presque en toutes choses; au lieu que vous vous proposerez pour objet la velouté de Dieu et le désir de lui plaire, en lui offrant ce que vous pourrez retrancher de vos divertissemens ordinaires, et prenant les autres avec modération et sans dérèglement d'esprit, qui rend mauvaises les choses qui de soi sont assez indiflérentes. Je désirérois que vous fissiez trois petits quarts d heure d'oraison tous les jours, en trois diverses fois, qui consistera à vous mettre devant Dieu par un simple souve-
» CeUe leUre et les liait qui suivent viennent de la sœur Angélique de Sainle-Agnès, à qui on les avoil données. (Note de JU^^^de Théméricourt.J