XC— A UNE RELIGIEL'SB DE PORT-ROYAL
LXXXIX— A une religieuse de Port-Royal.
Conlre la vaine tristesse.
Ma très-chère sœur, Notre vertu de la semaine sera lacceptation de tout ce qui arrive contre notre pré, qui nous cause bien souvent de la vaine tristesse. Elle est prise de l'évangile où Noire-Seigneur dit a la veuve : Xc pleurez point. Car bien souvent nous pleurons ou nous fâchons pour des choses que Dieu n'a[)prouve pas; et einidoyant nos larmes h des sujets pourquoi nous ne devons pas pleurer, nous nous rendons incapables de le faire par le mouvement du Saint-Esprit, qui eut auteur den saintfs larmes etdea géminfemeus intérieure. Le verset, c'est : Quotticnn propler le mortifiramur lola die.
Vous ne m'écrivez point vos coulpes depuis que vous êtes séparée. Il ne faut rien omettre de vos bonnes coutumes, puisque même vous i)rati(jiiez la surérogalive. Adieu, ma trèschère sœur, je suis tout a vous.
XC— A une religieuse de Port-Royal.
Sur la vetiM de pénitence.
Ma tres-chère sœur, J<! u'ni pu hier vous écrire la vertu de la semaine; j'ai peu«é (ju'il y aiiroit encore assez de temps à la prati<jut;r. Nous axins pris la pénilt-ncL', sur ce queNoIre-Seignour dit dans rÉNaiigil»', tpi'f/ se faut mettre u la dernière place. Il ne doit y avoir rien de plus humble (ju'uneàme pénitente, <jui se doit considérer au-diss<tti8 de toutes les créatures. C'est poiMipioi nous avons pris le verset : lùj(t autcm sum vermi», el uon homo. Il faut praliqtier celte pénitence en preriattl toujours le pire pour soi el ne se préférant jamais a personne. Demandez .souxt.'ul a Notre-S(Mj:neur, durant celte semaine, (ju'il ne permette pas (|ue vous votis éleviez, «le peur qti'il ne vous rabaisse en vous refusant sa f.'râ( e «ju'il ne donne (|u aux humbles. Je ue tais où vous en êtes de votre ennui j s'il vous
ennuie encore, il faut convertir cette petite peine en pénitence et vous souvenir que le monde où nous sommes est une vallée de larmes.
Adieu, ma très-chère sœur.