‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 179 sur 205 · XCVIII.— A une religieuse de Port-Royal · texte numérisé non relu

XCVIII.— A une religieuse de Port-Royal

Sur la pt'niience.

Ma chère sœur, J'ai été bien marrie de ne vous pouvoir plus tôt répondre. Je vous supplie de le {)rendre comme une marque de ma liberté vers vous, qui ma fait préférer d'autres devoirs que j'ai crus ])lus nécessaires.

N'ous vous accordons ce que vous avez demandé, hormis de prier Dieu après matines; vous failes une indiscrétion de le demander, sachant combien aous avez besoin de dormir.

L'on ne peut offrir à Dieu que ce que l'on a reçu de lui, et nos pénitences doivent être des dons de sa grâce; c'est pourquoi il ne faut rien entreprendre que ce que l'on sait que l'on pourra faire sans effort humain. Je vous supplie de joindre à la séparation de la conférence un retranchement de toute sorte d'inutilité, comme si vous deviez passer le Carême dans un désert; car ce seroit paroître ce qu'on n'est pas, de s'abstenir de ce qui est permis, et de ne pas satisfaire à ce qui est commandé. Vous direz tous les jours voire coulpe à l'assemblée, des paroles inutiles que vous aurez dites.

Page 1