XCVIII.— A une religieuse de Port-Royal
Sur la pt'niience.
Ma chère sœur, J'ai été bien marrie de ne vous pouvoir plus tôt répondre. Je vous supplie de le {)rendre comme une marque de ma liberté vers vous, qui ma fait préférer d'autres devoirs que j'ai crus ])lus nécessaires.
N'ous vous accordons ce que vous avez demandé, hormis de prier Dieu après matines; vous failes une indiscrétion de le demander, sachant combien aous avez besoin de dormir.
L'on ne peut offrir à Dieu que ce que l'on a reçu de lui, et nos pénitences doivent être des dons de sa grâce; c'est pourquoi il ne faut rien entreprendre que ce que l'on sait que l'on pourra faire sans effort humain. Je vous supplie de joindre à la séparation de la conférence un retranchement de toute sorte d'inutilité, comme si vous deviez passer le Carême dans un désert; car ce seroit paroître ce qu'on n'est pas, de s'abstenir de ce qui est permis, et de ne pas satisfaire à ce qui est commandé. Vous direz tous les jours voire coulpe à l'assemblée, des paroles inutiles que vous aurez dites.