‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 186 sur 205 · CVIII. — A INF. RtLK.IElSË MA1.AI)E. 5l · texte numérisé non relu

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ment élevé, il se faut abaisser le plus qu'il est possible, parce qu'il s'approche de ce qui est bas par l'huinilité et s'éloi^^ne de ce qui est haut par l'orgueil. De même pour obli{5'er qu'on se souvienne de nous, il semble qu'il n'y ait qu'à s'éloigner, comme nous éprouvons depuis que Dieu vous a séparées de la communauté, vous ayant plus présentes dans Tespritque quand vous étiez devant nos yeux. C'est ce que je vous supplie de croire, et de vous consoler de ce que nous ne faisons eu cela qu'imiter la conduite de Dieu, qui est plus proche de ceux qui sont dans l'aflliclion : ce qui regarde princi[)alenienl la malade (jui aura plus de part aux visites iiitcrieuros de Noire- Seigneur, parce qu'elle porte la plus pesante croix.

Je ne doute point, mes chères sœurs, que vous n'acceptiez toutes de bon cœur l'essentiel de votre état, qui est d'élre privées de tout ce (jui douue de la consolation dans une communauté. Mais il faut aussi, s'il vous plaît, embrasser toutes les circonstances que la providence de Dieu a jointes à votre séparation, comme la privation d'assister à la glorieuse entrée que Noire-Seigneur fait parmi nous en celle fêle, et être bien aises d'avoir un présent si magnifKiue à lui faire, n'y ayant rien digne de lui (|nc lui-inètne. Vous êtes assurées de sa part qu'il fera une procession spiriluelle dans vostceurs, parce (ju'il dit dans l'Ecriture, parlant à ses élus, qu'il viendra à eux, et quil se promètiera parmi eux. Tâchez donc de lui f.iirv; un beau rcposoir bien orné île toutes les vertus, et que la lumière de la foi rende tout resplendissant; et vous serez assurées qu'il s'y reposera et ijuil n'en sortira pas, comme notre divine Eucharistie nous quille un ipiarl d'heure après.

Nous vous envoyons une dévotion sur la Passion, dont vous ne commencerez à vous servir (jue vendredi, parce (jue le jour de demain doit être consacré à lui-même. Nous supplions la malade de mettre toute sa dévotion a ne rien désirer ni rien regreller, mais a se laisser entièrement entre les mains de Dieu et de ses inlirmicres.

514 LETTRES DE LA SIERE AGKES.

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