‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 2 sur 205 · CCCLXIV. — A MADAME DE FOIX · texte numérisé non relu

CCCLXIV. — A MADAME DE FOIX

voyant une lettre du consolateur de votre âme, qui partit liier pour un voyage de dévotion qui durera quinze jours.

Notre visite fut aclievée hier, où l'on nous apprit ce que nous savons il y a longtemps, qui est quaprès une exacte perquisition, il se trouve que nous sommes tout à fait orthodoxes. Après cela, il faudra chercher (juelque autre crime pour faire notre procès, ou bien avouer quon a été bien précipité dans le jugement qu'on a fait de nous. Nous avons passé par tous les tribunaux séculiers et ecclésiastiques, nous n'avons plus rien a faire quà attendre le jugement qu'il plaira à Dieu de faire de nous, de qui nous sommes les criminelles; mais il y a bien de l'avantage à ce tribunal, puis(|u'il n'y a qu'à se confesser cou[»able, avec ime véritable douleur de l'avoir été, pour demeurer absous.

Notrennaison des Champs est compagne de la vôtre. en ce (ju'il y a un grand nombre de malades. J'ai bien de l'appréhension que vous ne la deveniez; je prie Dieu (juil ne vous fasse point porter sa croix en votre corps puisque vous n'en man(|uez point dans l'esprit, et ([ue celles-là sont les jibis sanclitiantes. Je lui demande aussi de tout mon cœur la conservation de votre sous-maîtresse, et je la désire avec gémissement, sachant combien il y a peu de personnes capables de servir les autres. Nous l'avons aussi supfdié de faire miséricorde à votre ancienne, qui est heureuse d'avoir vécu justiuau temps de la réforme.

La vénération envers notre chère mère augmente: il n'y a pas jus(ju'a M. Bail (jui la nomme notre sainte mère, et nous ne saurions fournir à donner (pielque chose (|ui lui ait servi; c'est ce (|ui nous fait tenir pour assuié ou (lu'ellc nous délivrera, ou (ju'clle nous obtiendra la grâce et la force de vouloir bien mourir dans la soutVrance, si elle continue jusque-là.

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