‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 21 sur 205 · CCCXCIX. — A Madame la marquise de Sablé · texte numérisé non relu

CCCXCIX. — A Madame la marquise de Sablé

Klle la prie de considérer si elle doit venir se joindre û elles dans Télal d'incerlilude où ; onl les an';iires de Porl-Uoyal, el l'assure qu'elles sonl toujours dans la disposition de lui procurer la retraite quelle désire.

("doire à Jésus au Très-Sainl-Sacremenl !

Je suis déjà revenue, ma clière sœur, de ce voyage en peinture; cesl notre mère ' i|ui est allée visiter l'autre partie de son troupeau ; el je demeure' obligée de vous rendre ses Irèshundjles devoirs el les miens , qui consistent à vous assun;r (|ue nous désirons de nous conformer à votre volonté dans le leuqis (|ue Dieu ordonnera. Mais je vous siqqdie Ip's-humblemenl de considérer tjue nous n'avons point encore été si proches de la conclusion de nos allai res (|ue nous sommes à préseid, el <|ue ce seroil vous embarrasser beaucoup de vous joindre a des personnes (jui soid comme des oiseaux sur la branche, el de pauvr«'S brebis (piOn destine peut-être à l'occision. <^)ue si Dieu par nu miracle (|uil peut faire, change le Cd'ur de ceux de qui ilepend noire perte aussi bien (|U<.' noire

« La nien- Miidclciiie (].• S:tinle-Anni-s de l.ii;iiy, al.l.esse de l'url-HoYal. Kllc \int a l'orl-U(.\al-.l,«.-Cliamps le vendredi iH avrd 1662 pour la première fois depuis son élfclidu.

salut, notre disposition, ma Irès-chère sœur, ne changera pas à votre égard, puisqu'elle est telle dès à présent qu'elle sera lors, de vous donner toute la satisfaction que vous désirerez et qui sera en notre pouvoir. Néanmoins, si dès à présent vous désirez agir pour cela, nous ne nous y opposons point, et ce nous seroit de la joie que cette négociation vous fût favorable, dans l'espérance qu'une plus grande retraite, qui est une petite image de la mort, vous la rendroit moins redoutable, puisque, encore que cette terreur ne lut i)as mauvaise, il est encore meilleur de la regarder plus paisiblement et plus chrétiennement, comme étant la fin de nos péchés qui sont les maux que nous devons plus craindre. J'aurois envie de vous sn|)plier de vous faire lire le traité de saint Cyprien, de la Mortalité; et je crois que c'est le saint qu'il faut invoquer pour demander à Dieu la délivrance de la crainte de la mort, dont il parle comme s'il n'y avoil rien qu'on dût désirer davantage.

CD— A M. de Sévigné.

Les senteurs ne conviennent p;is aux pénitents

(6 mai 1662.)

Il faudroit que vous fussiez un pénitent extraordinaire et tout accompli pour m'obliger de renverser les lois de la nature, en vous ôtant la qualité (jue vous avez apportée en venant au monde. Ce n'est pas que je sois éloignée d'avoir ces bons sentimens de vous, si mes sens ne conti edisoient mon esprit en me doimant une preuve convaincante que vous n'avez jias encore bien aéré la maison, puisqu'on y sent encore des odeurs qui doivent être autant méj)risables aux pénitents qu'elles sont agréables aux enfans du siècle. Souffrez donc, pénitent, que je vous appelle Monsieur; et, quand vous m'aurez ôlé le sujet présent de vous r ndre cet honneur, il en restera encore assez d'autres de le soutTrir, pour satisfaire à vos ambitions passées par la privation de la gloire qui se trouve à porter la croix de Jésus-Christ. Poiu' ce qui est de vos billets, j'attribue à ladmiration (ju'ils vous ont donnée la détiancc (jue vous avez

CDl. — A MADAME DE POIX. 53

qu'ils aient éU- tiré? de bon sort. Je vous (ioiine une nouvelle assurance que c'est la providence de Dieu qui vous a été si favorable, et que vous avez grande raison de le remarquer, puis(}u"il e.--t certain que des cboses «ncore moindres n'arrivent pas sans sa conduite : ce (jui faisoil dire à M. de Saint- Cyran quand il tiroit un billet du mois, qu'il le lisoit comme si Dieu lui eût parlé. Je laisse à saint Jean à vous e.\pli(juerles secrets de son Apocalypse, que je n'ai jamais lu pour l'entendre, mais seulement pour en adon-r tous les niotscjui sont autant de mvstères.

CDI— A Madame de Foix, coadjutrice de Saintes.

Elle m |iarle de M. Sin^lin. — Une comiuile absolue n'est point cxpédiente. — Hlle appniuve sa lolt-rance à sup[)()iler ce qu'elle n'a pu empèclier. — Grandes aumônes de M"' la princesse de Conii.

Wmai (1662).

Je commencerai, ma très-cbère mère, en vous assurant de la parfaite santé de celui dont vous désirez tant de savoir des n(tuv< Iles. Vous aurez ui.iiiilenaul nue de ses lettres ({iii vous donnera sans doute une consolation solide. Sa conduite est bieti différente de celle dont vous nous (tariez, fjui prend nu asei'udaut oit l'on ne trouve point d'onclion, encore (ju'un la vtMiille bien embrasser, parce que l'esprit a qncbiue cliose de noble et de libre (pii ne s'assujettit point par une voie bautaine. Et bien (jue ce soit une cbose fort bonne d'être bumble et d'aj^réer d'être reprise et avertie, encore (pie ce soit peu civilement et (|u'ou n'y garde point de mesure ni de précaution, comme ces sortes de [lersonnes n'en ont point et croient devoir tout enqtorler de baule lutte; encore, dis-je. que ce ttit une vertu de pou\oir porter cette conduite, jiarce (ju'elle tend à uno. bonne fin , néanmoins on |>eut dire sur le sujet dont il s'agit, (pi'a (|uel(pie cbose le maibeur est bon, |»uis(|ue cette répuijuance de nos tilles les préservera de s'altaeber a une conduite si absolue el (jtii n'est point expédieute |)Our toutes les raisons (jue nous jugez. Ce n'est pas que la ma\ime soit si généralequ'il n'y ait (pielcpie excepli<ui, car ucuisavons «mi autre-

fois un religieux, abbé et notre supéiienr', qui agissoit avec une sagesse, un tempérament et une douceur qui gagnoit tous les cœurs, et qui ressembloit de bien près à ceux que Dieu nous a donnés après lui, encore qu'il n'eût pas tant de lumière. Il avoit une charité infatigable qui s'étendoit depuis la i)remière jusqu'à la moindre de la communauté; aussi estil mort comme un saint dans l'opinion de tous ceux qui l'ont connu.

Vous ne pouviez mieux faire, ma très-chère mère, que d'abandonner à Dieu ce que vous n'avez pu empêcher; il en tirera s'il lui plaît quelque bon effet, et quand ce petit feu sera passé, peut-être reconnoîtra-t-on qu'il y a i)eu de fond dans une spiritualité qui est composée d'art et de méthode, et qui n'est point fondée dans des maximes chrétiennes tirées de l'Evangile, qui paroît d'abord plus simple et moins étudié, mais qui enferme une vertu comme ce petit grain de moutarde qui fait croître dans l'àme un arbre qui a plusieurs branches où toutes les vertus se reposent; et rien ne servira tant à détromper les personnes qui se seront laissées prendre comme la tolérance que vous aurez pour les laisser revenir à elles-mêmes sans les contredire.

Je désirerois être en la peine que celui ^ dont nous partageons l'estime et la vénération pût donner trois mois au désir que vous avez de lui conmmniquer votre àme, et qu'après vous le renvoyassiez gaiement et volontairement en paix au lieu de sa première vocation ; mais je crois qu'il est plus impossible que ceci puisse arriver, que ce (|ui vous concerne, ceux qui nous ont dépouillées ne se repentant jamais de leur injustice, par opposition à la bonté de Dieu de qui les dons, comme dit saint Paul, sont sans repoilanci'.

Dieu vous bénira sans doute, ma chère mère, de l'effort que vous faites pour les pauvres; leur misère est si extrême en tout ce royaume, que les plus durs en sont épouvantés et tout transis. On fait à Paris de grandes aumônes. Depuis trois jours madame la princesse de Conti ' a envoyé aux dames qui

^ M. Mauger, abbé de la Charmoye.

2 M. Singiin.

» Anne-Marie Marlinozzi, princesse de Conli.

CDU. — A MADAMi: DE lOIX.

ont soin des pauvres, son collieide iierlos tle iiiiaranle mille francs et îles pierreries (jui tont l'un et l'autre j)lus de cent mille francs, outre ce qu'elle donne en la province où elle est'.

CDU. — A Madame de Foix, coadjutrice de Saintes.

Sur les diverses afllictions qu'elle avait à souflVir. — Klle lui envoie la copie d'une letlre de la reine de Pologne.

31 mot 1602.

Je vous ai déjà mandé, ma trcs-chèie mère, que si le vent du Saint-Esprit cliassoit (juehjues-uns de nos amis en votre province, j'aurois de la joie de celle (|ue vous en recevriez; car ils sont trop bien informés de ce (pic vous èleS; pour manquer à se présenler à vous pour vous témoigner l'estime qu'ils fout du zèle (|ue \(»»is avez pour Dieu et pour sa vérité, «leliii (jiii a passé par voire \ illc; uou.s est auiaul inconnu (ju'a vousmême. Que vous faites de pitié, ma très-chère mère, d'èlre si oppressée et si accablée de toutes parl^: Vous croyez soulfrir tous ces maux sans mérite, parce (jtie vous n'avez pas la libellé d'esprit qui les fait accepter avec soumission; mais au milieu de ces répugnances, Dieu ne laisse pas de tirer secrètement le consente nient de votre ca'ur et de vous tirer à lui, comm<' il dit dans l'évangile de ce jour', encore (jue ce ne soit [)as avec le plaisir, duijuel saint Augustin remarque que Dieu se sert pour attirer les âmes; si ce n'est qu'on puisse dire, (ju'il n'y a |>oinl de satisl'aclion paicille de ressentir dans le fond de sou àme «pie Ton veut être a Dieu, et, (ju'ericore (pie la voie dans la(juelle il nous met soit bien dure, on ne voudroil pas entrer dans une plus large où marchent une iufuùlé de |)ersoimes (pii sont malheureuses dans leurs faux plaisirs, parce (pielles n'ont jamais de repos dans leur conscience, ni de pari aux c(uisolations du Saiul-Espril, aïKpiel le Fils de Dieu donne le nom (h' Consohilfur, bien (pTil dise en iiièuie teui|)S (ju'«7

' i.a princesse de Conti esl uioiie le l lévrier lii/.', a l'âge de 3.1 an<. On trouve un hel »;loge de celte princesse dans \v Suiiplmu-nt au .Secrolotjf (/ l'ort-Hoiidl, page 3Hl.

* Mercredi de la l'enlecôte.

riG LETTRES DE LA MÈRE AGNÈS.

reprendra les âmes de leurs péchés; mais il vaut bien mieux èlre reprise lie lui, que de se rendre indi^me de ses repréhensions, comme il arrive à tous ceux (|ui craiji;nent qu'il vienne à eux comme une tempête, qui fut le signe de son avènement sur 1rs apôtres.

Je m'imagine, ma très-chère mère, que \ous serez bien aise de voir la copie d'une lettre que la reine de Pologne a écrite à une de nos sœurs', qui l'a servie autrefois, où elle mande le secours (|u'elle a reçu de feu notre mère-, dont elle se veut servir en notre faveur en voulant le faire savoir au roi. J'admire la j)ensée (luelle a (jue le roi y ait égard; mais c'est à nous d'en profiler, pour redoubler notre confiance envers notre sainte avocate, qui s'emploiera sans doute auprès de notre roi divin pour nous obtenir la grâce de soutenir la rigueur de celui de la terre, par lequel il accomplit ses desseins sur nous.

Je bénis Dieu de la bonne disposition de votre novice que vous avez enfantée avec douleur; c'est être une vraie mère que de former les âmes avec autant de soin et de crainte que vous avez qu'elles ne réussissent pas, et il n'arrive guère (|ue Dieu n'exauce i)as les prières et les gémissemens qu'on lui offre pour un tel sujet.

Vous recommencez à faire des complimens dans vos lettre? ; que dois-je donc faire, ma irès-cbère mère, sinon de vous dire que je me glorifie de ne pouvoir exprimer jusqu'à quel point je suis entièrement à vous, et votre très-liumble et très-obéissante servante.

CDIII.— A Madame de Foix, coadjutrice de Saintes.

Sur divers sujets.

18 juin 1662.

Je trouve, ma très-chère mère, que vous êtes demeurée victorieuse dans le démêlé que vous avez eu, en ce que vous ne vous êtes point écartée de la justice, approuvant ce qui éloit bon et rejetant le reste. S'il arrive par bonheur que N. eulre-

» La sœur Marguerite de Sainte-Tliècle Josse. ' La mère Angélique.

rinH. — \ AiMivMi: i>r vow. ;>/

tienne celui (jucile tlcî-irc inlDiiiicr conirevous, ji' crois (lu'cllc en fera le discernement, et qu'elle verra la différence qu'il y a entre des personne? fondées sur l'Évanti^ile et (|ui sont sans intérêt de connu unauté, avec ceux qui ont contracté un certain esprit iini>érieux parce (ju'ils sont dans un état (|u'ils croient plus élevé, ce qui est néanmoins tout le contraire, leur avanlai^^e étant dans leur [)énitence, qui se réfère à eux-tncmes, comme aussi a servir le prochain, autant que ceux du dérivé les y admettent. Cela est le mieux du monde (|ue vous en ayez un autre de la même profession pour vous, et que ce premier se soit rencontré des meilleurs, s'il est vrai qu'il aime plus son couvent que d'aller évangéliser à une maison célèbre comme la vôtre, où ils aiment fort d'être considérés. Peut-être que Dieu l'a en\oyé [loia* votre novice, et ce ne seroit pas peu ([u'il eût servi une seule àme efficacement. J ai bien de la juie de la satisfaction que vous en avez, et de ce qu'elle est reçue pour la profession. J'espère que le zèle que vous avez pour avoir de bonnes ielii.(i('uses vous obtiendra de Dieu qu'il n'en tombe que de celles-là entre vos mains. J'aurois un extrême re<çret que vous perdissiez cette bonne religieuse dont vous parlez; je désirerois que nos prières fussent capables de vous la conserver pour l'excmide des autres.

Il y a plusieurs personnes (jui vous imitent dans lacontiance (pic vous avez aux prières de feu notre mère, et présentement nous faisons une neuvaiue en pailicnlicr pour im sci;ineur fort malade depuis un an, qui a eu l'instinct cpTon s'adresse à elle pour lui, encore qu'il ne l'ail point connue pendant sa vie ; et il ajoute (ju'on fasse une prière a la |)assion de Notre- Sei^'ueur Jésus-Christ, à la(|uelle il croit iprillc a eu yiande dévotion, et aussi parce qu'elle a achevé sa vie dans la souffrance.

Nous avons une de nos novices exilées' (|ui est extrêmement malade; les médecins la désespèrent (piasi. Klle a demandé a son curé (lu'il lui fît la {^ràce de permettre qu'on rapportât SdU corps céans : il lui a promis (juil lanicnera lui-même. Nous aurons de la joie si l>ieu l'appelle à lui, car ces pauvres enfans

» La Mcnr Madeleine Hainlranri V. i. I, p.'mo 406).

ris LETTRES DE LA MÈRE AGNÈS.

sont en de grands périls; on les veut persécuter loul de nouveau, à ce que l'on dit. Nous recommandons à vos prières cette pauvre mourante.

CDIV. — A Madame de Foix, coadjutrice de Saintes.

Sur la mort de la sœur Madeleine-Claude de Sainte-Gertrude Baudrand, novice de Port-Royal.

23 juin 1662.

Je ressens beaucoup, ma Irès-clière mère, la perte de votre bonne fille que je crois maintenant devant Dieu ; mais ce seroit encore bien pire si vous alliez avoir une grande maladie; car encore qu'ime personne qui a grande vertu serve beaucoup à une conununauté, celles dont Dieu se sert pour la conduite sont encore fout autrement nécessaires, quand elles seroient même plus imparfaites pour leur particulier, pourvu que ce ne soit qu'en un degré que Dieu excuse et qui est couvert par l'exercice de la charité qu'elles exercent envers les autres.

Notre pauvre novice mourut hier, accompagnée de trois de ses compagnes d'exil qui représenloient toute la communauté; elle n'a pas néanmoins manqué de consolation et de secours d'une personne qu'elle n'auroit pas eue si elle eût été ici. Le curé de la paroisse où elle étoit lui a donné les sacremens, et en a élé fort édifié toutes les fois qu'il l'a vue pendant sa maladie, ce qui lui a fait dire que Dieu faisoit tout en elle, et qu'elle n'avoit point besoin des hommes. 11 lui a accordé de fort bon cœur l'instante prière qu'elle lui a faite de trouver bon qu'elle fût enterrée céans, ce qui fut fait àl'entiée de la nuit, étant morte à quatre heures du matin. Nous ne doutons point que Dieu ne la regarde comme professe, ayant fait tous les vœux ([ui font reconnoître pour telle devant les hommes. Je la reconunande très-humblement aux prières de Madame' et de toute votre communauté. Pour les vôtres, ma très-chère mère, vous me feriez reproche si je vous les demandois, comme n'étant pas assez assurée que vous regardez nos filles comme les vôtres,

1 L'abbesse de Saintes.

CDV. — A LA MÈRE RÉNÊF. DE SAINT-IWII.. TiO

CDV.— A la mère Renée de Saint-Paul, à Saumur.

Elle lui demande la conlinuaiii.n de ses piiéros. Elle lui parle <le la dévotion envers la mère Angélique, et lui envoie de petites croix de Tliabil de cette mère.

Gloire à Jésus au Très-Saint- Sacrement!

1er juillet 1662.

Ma très-chère mère^ Je suis si assurée de la bonté de votre cœur |)Oiu" moi, «juc votre silence non plus que vos paroles n'ajoutent et ne diminuent rien à Teslime que j'en ai, bien que d'ailleurs vos lettres me soient fort a^^éables, et encore plus d'ap()ren(lrc que vous ne vous lassez [lointde faire prier Dieu pour nous. Je vous supplie trè<-lniuil)lenienl de faire nlfrir a la sainte Vier}j:e le renouvelh ment d'un vœu (|ue nous lui a>ons fait tout le lonj; de l'année jiassée', et duquel sansdoule nous avons reçu beaucoup de secours, pour- avoir arrêté les suites de la persécution qu'on nous fait, afin que nous ayons le temps de nous y préparer davantafj:e, et qu'ayant vu tant d'éclairs nous ne soyons pas si surjirises (juand le lonnerie viendra tomber sur nous; ce qui n'arrivera |)oinl si IMeu iw l'urdoiiiie, toutes les mauvaises volontés des hommes n'étant point ca|>ables de produire aucun effet, s'il n»' leur en donne la permission parce (pi'il veut que cela arrive, encore qu'il n'api>rouve pas leurs mauvais desseins; et c'est à cette volonté siq)rème et toute sainte cjue nous devons être parfaitement soMuiises, sans considérer les personnes dont il se sert poin- l'exécuter.

Dieu nous a déjà consolées par des grâces qu'il a accordées en suite de la confiance et de la dévotion (pi'il a donnée à plusieurs personnes envers la mère Auuéli(|ue. Je vous suis bien oblifzée de ce que vous prenez la peine de me mander ce (jui est arrivé à une des sœurs de votre monasteie. Je n'attendrai point plu- longtemps |)our eu remercier Dieu, ajant appris de M. de Saint-Cyran cpiil y a de grands et de petits miracles, et ipril suffit pour leur «lonner ce nom (|u'il arrive (|uelque chose (pii ne se puisse faire naturellenw.'ut : ce qui

' Voyez ce vœu. Histoire des l'ersrntlions. <li. xv.

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