CDÏ. — A MADAME DE FOIX
CDX — A Madame de Foix, coadjutrice de Saintes. Sur la mort de M. Pascal. — La soullrance est le chemin du ciel.
Ce 20 août 1662.
Nonssonimes toujours dan? la crainte et dans la peine, nonseulement pour nous- mêmes, mais aussi pour vous, craignant que Dieu vous ôte ces deux personnes que \ous aimez, dont nous demandons de tout notre cœur la guérison , pour votre consolation, et afin qu'elles le servent encore mieux qu'elles n'ont fait. Pour ce qui est de nos affaires, elles sont au même état; on ne sait <jui arrête la passion de ceux qui nous veulent perdre, sinon la main de IMeu <)ui ne le veut pas encore, et qui peut-être ne le voudra point permettre du tout. Quoi <juil en soit, nous regartinus ce retardement connue une grâce (ju'il uous fait pour nous mieux disposer à recevoir les évêuemens qui pourront arriver. Nous sommes d'ailleurs dans une douleur sensible de la mort d'un de nos meilleurs amis que nous perdîmes hier. C éloit un vrai serviteur de Dieu, fort zélé pour la vérité, encore qu'il ne lût que laïque; Dieu lui a fuit des grâces singulières en sa mort, dont le curé qui l'a assisté est dans l'admiration, encore (|u'il ne soit pas janséniste, connue on appelle les gens de bien. Nous recommandons très-bumblenientà vos |)rières le défunt, (pii en a besoin jiour effacer ses tacbes, alin qu'il soit digne de se présenter devant Dieu; et une sœur' (juil laisse dans une aflliction inconcevable parce qu'elle l'aimoit uni(iuement.
Il y a longtemps, ma tres-cbère mère, <jue je ne vous mande rien que d'allligeaul, et je crains (|ue je n'aie toujours la même cbose à vous dire. Je làcbe de m'y accoutumer, considérant que la souffrance est le cbemin du ciel, et que l'Kglise appelle notre séjour en la terie une vallée île larmes, (l'est ce «jue l'Évangile promet aux disei|)lesde Jesus-Cbrisl, et en <}uoi il veut (juils mettent leurbonbuur ;ce qu'il n'est pas diflkile de
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comprendre, quand l'on considère (lu'il faut racheter ses péchés et les expier en l'autre inonde ou en celui-ci, où les souffrances, telles qu'elles puissent être, sont hien plus courtes et bien i)lus douces, puisque ce n'est pas la justice de Dieu, mais sa miséricorde qui les impose.
CDXI. — A Madame la marquise de Sablé.
Sur la mort de M. Pascal. — Elle l'.issure qu'elle ne voudrait non plus manquer à ce qu'elle doit à sa charité, qu'à ce qu'elle est obligée de rendre à Dieu.
Gloire à Jésus au Très-Saint-Sacrement !
Ce mardi 22 août (1662).
Pourriez-vous croire, ma très-chère sœur, que je fusse insensible à la perte que \ous avez faile, et qu'en pleurant la nôtre propre et celle que l'Église a faite d'un de ses plus fidèles défenseurs, je ne me fusse pas représenté le regret que vous auriez de vous trouver privée d'une consolation si douce comme celle que vous receviez d'une personne qui vous honoroit, non pas comme tant d'autres qui ne considèrent que ce que vous méritez par des qualités singuhères, mais qui vous regardoit par les yeux de la foi, ce qui lui donnoit un zèle et un amour pour votre âme qu'il auroit voulu servir aux dépens de sa vie? Et c'est ce qui vous fait ressentir cette solitude terrible, de vous voir délaissée d'un ami si fidèle qui ne laisse point son semblable après lui, excepté les autres qui ont le caractère aussi bien que la charité et l'affection pourvoira salut. Je prie Dieu, ma chère sœur, qu'il remplisse ce vide, et qu'il fasse par lui-même ce quil faisoit par cet instrument de sa grâce et de sa miséricorde sur vous.
Mais parmi cette affliction singulière qui nous arrive avec tant d'autres, voudriez-vous ajouter foi à une calomnie nouvelle qu'on nous impose, qui est que nous ne vous traitons pas avec le respect et la justice que nous vous devons, en parlant contre notre devoir et contre notre inclination de ce qui vous pourroit déplaire ? S'il éloit vrai que vous puissiez avoir cette créance, j'oserois préférer notre amitié à la vôtre, puisque nous ayant fait le rapport que l'une de vos amies parloit de
CDXII. — A M. LÉVÈQIE D'aNGERS. 69
nous comme font beaucoup d'autres, elle allégua que madame la maujuise éloit dans ks mèiiu-s senliuieus, et(jue nous méritions dèlre abandomiées d'elle qui désapprouvoit tout à fait ropiiiiàtieté où nous étions de ne \oti!oir pas signer; j'ai écouté ce discours comme ime chose qui avoit été prise en un autre sens, et que la personne qui le faisoit avoit transformé au sien. xVinsi, ma chère sœur, je n'en ai point tiré d'autre conséquence, sinon que votre tendresse et votre compassion arrachoient de votre bouche (luehiues paroles moins fortes que cellesque vous diriez, si vous étiez entièrement persuadée que nous sommes plus à plaindre pour le |»éril auquel on expose notre âme, (jue pour celui du renversement de notre maison. EnOn, il faut être, s'il vuus plail, inébranlable dans la créance que nous ne voudrions non plus maii(|uer à ce (juc nous devons à votre charité, t|u'a ce que nous sommes obligées de rendre a Dieu, puis(ju"il nous demandera etmqde de l'un et de l'autre, et qu'il condamne l'ingratitude qu'on exerce envers ceux à (jui il a donné le mouvement de nous faire ses grâces, connue il veut tjue nous reconnoissions celks (ju'il nous fait par lui-même. Si vous ne prenez tout ceci, ma très-chère sœur, comme une vérité très-certaine, vous oll'enserez Dieu qui est la vérité, et la même vérité ne nous délivrera |»oint, comme Jésus-Christ le promet en l'Kvangile, des soupçons et des doutes où vous entrez si facilement ensuite de ce ijne vous êtes toujours tentée d'incrédulité à notre égard.
CDXII.— A Mgr. Henri Arnauld, évéque d'Angers. La vie reliijic'usc ol |ioii de clio^c si clk- irr>l »'|irouvce.
Gloire à Jésus au Très-Saint- Sacrement !