‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 33 sur 205 · CDL.— A MADAME DE SABLE · texte numérisé non relu

CDL.— A MADAME DE SABLE

bien porlôe depuis plusieurs années qu'il y a (jue votre Initiment est fait et qu'il n'a point élé loiirné (le ce côlé-là? C'est assez que votre tribune soit à l'Orient, et (pie vous y soyez exposée au Soleil tle justice, qui est Nolre-Sei^^neur Jésus- Christ, qui est venu nous visiler du ciel comme un soleil levant, pour éclairer ceux (jui eloienl ensevelis dans tes ténèbres e( dans l'ombre de la mort, et conduire nos pas dans le chemin de la paix. Vous trouverez sans doute de ce côté-là la santé de votre àine et celle de votre corps, autant qu'il plaira à Dieu de vous la donner.

Vous avez grande raison de dire qu'il est fort aisé de se tromper en croyant qu'on a la disposition d'offrir sa vie à Dieu Ioit(pril lui plaira d(; la retirer, et cependant on se trouve tout renversé des moindres apparences (ju'il y a qu'on n'est pas éloij^mé de la perdre; au lieu (juc, si l'on étoil sin- C(!rement dans le désir de faire ce sacrifice à Dieu (juand l'heure en sera venue, la nature pourroit bien trembler et s'élever contre l'esprit pour une chose (jui lui est si terrible, mais elle seroit réprimée parla foi (pii la feroit raisonner avec le prophète et dire à soi-même : Mon âme, ne serez-vous point sujette à Dieu, parce que mon salut doit venir de lui? C'est ainsi qu'on se fortifie, ma chère sœur, contre sa pro|)re infirmité, la |)arole de Dieu étant comme iiiie épée à deu^ tranchans (jui sépare en nous ce (pii est f(jible d'avec ce qui est fort.

LJ^ie des raisons pour les(pielles Dieu n'a pas voulu (|u'on sût le temps de sa mort, a élé pour nous oblijxer de I avoir plus |)résente, n'y ayant point d'heure en notre vie dans laquelle nous nous puissions assurer (ju'elle ne nous surprendra pas; et c'est peut-être en ce sens (jue saint Paul dit (|u'(7 meurt tous les jours, pour nous apf>reudre (juil n'y (k'vroit point avoir de jour aïKpiel nous ne fussions prépaies à la recevoir. Vous savez (jiie feu notre mi''re* a a|>piéhendé la moit aiilaril que vous le pouv(Z laiie; mais ce u eloit |ias par un amour de la vie, puis(|u'elle disoit, (|uand elle eût éié as.^urée de vivre encore cent ans. (pi'elle n'en aiiroit pas eu moins de crainte (ju'elle eu avoil; au lieu (jue la plupart du monde ne com-

' La mère Angélique

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