CDLXII. — A MADAME DE FOIX
onction pour le consacrer à son amour. Pour ce qui est de votre tableau, vous me dispenserez, s'il vous plaît, si je ne fais écrire pour l'avoir le mercredi des Cendres, mais nous solliciterons que vous l'ayez le Mercredi-Saint, ou plutôt le mercredi de la Passion ; car il vous faut considérci-, s'il vous plaît, que M. Champagne est pressé d'ailleurs, et qu'en cette saison la peinture ne sèche point. Je sais bien qu'il y a longtemps qu'il est commandé; mais un pénitent ne doit pas vouloir être servi le |>remier, principalement (juaud il a fort aimé à être le maître.
CDLXII.— A Madame de Foix, coadjutrice de Saintes.
Sur la foi i|ni ikhis ihtsikhIc que la volmilô df Dieu rèijlf loiil <•<• qui arrive, el sur la contiance que nous dcvuns avoir de nuire salul.
Ce 2 mirx 1661.
La paix avec le pape est fort assurée', el à l'avantage du roi, c'est pourquoi les bulles de notre archevêque viendront devant Pâques, après quoi il n'y aura [)lus de retardement à l'alfaire des jansénistes. C'est un tem|)S bieu propre pour .<e préparera tout cpie le carême, jmur couronner leur pénitence si on les fait soull'rir, ou pour leur donner la paix et la joie de la résurrection. Si Dieu n'avoit point la puissance de faire toute sorte de miracles, on pourroit dire i\ue celui-là no se feroit pas; mais la foi nous conuuande de croire qu'il n'y pourra avoir que sa volonté cpii empêchera (ju'il n'arrive, et connue elh; est toute ad()ial)le, il n'y aura (|u'a se; soumettre à son ordre suprême au |iréjudice de toute autre chose.
Au reste, ma Irès-chèie mère, Jésus-Christ ne veut pas (ju'on Soit dans les (létlauccs d»; sou salut, encore que Iiu'même nous ell'raye par des paroles terribles et (|ui uianiueut qu'il y en aura peu de sauvés. Car il veut d'autre part (jne la confiance; en sa miséricorde, (jui doit être iiu'-branlable quand elle est^ appuyée sur les mérites (ju'il nous a ac(|uis, nous donne une sainte présomplinii «pie nous ne serons pas exclus de cet heureux nombre, (pioiqu'il y en ail laul de n-jetés.
' A l'occasion de l'insulu- lailc a M.<l.: Cn'uui. aullJ;ts^adou^ du !■ i ;• Rome.
L'Église nous propose divers motifs pour nous exciter à des mouveniens difTérens, parce que nous avons besoin de tout; el de peur (jue nous ne nous arrêtions trop fortement dans les uns ou dans les autres, elle les tempère, et nous retire de ceux qui sont au-dessus de notre foiblesse, pour nous en donner qui nous fortifient. C'est pourquoi elle rapporte la prédiction que lit Jésus-Christ de sa mort, après l'évangile de la semence, pour nous faire espérer que la stérilité de notre àme peut être remédiée, et qu'elle le sera infailliblement dans celles qui auront recours à l'arrosement du sang de Jésus- Christ, que l'Église honore par la pénitence qu'elle embrasse pendant ce saint temps, où elle nous appelle au désert avec Jésus-Christ jjar un retranchement de toutes les vaines consolations, et même de celles qui sont les plus légitimes, lorsqu'il lui plaît de nous en priver; et pourvu qu'il soit avec nous dans ce désert, comme la foi nous oblige de croire qu'il est proche de ceux qui le cherchent , encore qu'il ne se découvre pas, c'est assez de quoi nous soutenir.
CDLXIII.— A Madame de Foix, coadjutrice de Saintes. Sur le mystère de la Iransfiguration.
9 mars 16G4 >.
Notre secrétaire est toujours mal; ces retours lui donnent souvent des pensées de la mort qui sont toujours utiles, et encore plus durant la santé, dans laquelle on ne s'en occupe pas assez. C'est ce que Notre-Seigneur nous a voulu apprendre dans le mystère de la transfiguration, où il s'entretenoit de sa mort qui a été durant toute sa vie l'objet de sa dévotion, qu'il n'a pas voulu interrompre durant ce peu de temps qu'il a fait rejaillir la gloire de sa majesté sur son humanité sainte. Quel exemple, ma très-chère mère, pour ne nous dispenser jamais de la mort intérieure, aussi bien dans la prospérité que dans l'affliction! S'il|n'avoit été nécessaire pour confirmer la foi de l'Église que Jésus-Christ donnât des preuves de sa divinité, il
' Ib dimaoche de carême.