CDLXX. — A MADAME DE FOIX
avons api)ris <iiie le malade a assez bien passé la nuit ; l'oppression est toujours grande, mais il a peu de lièvre, et le médecin se confirme dans ses bonnes espérances.
CDLXX. — A Madame de Foix, coadjutrice de Saintes.
Sur la mon de M. Singlin, le 17 avril lOOi. à l'âge de 'iT ans. Il était supérieur el confesseur des religieuses de Port-RovaL
Ce 19 avril 1664,
Après m'ctre prosternée devant Dieu pour lui demander la grâce toute extraordinaire dont vous avez besoin pour être votre soutien el voire lorce dans une occasion si imprévue et si accablante, laut-il que je vous dise, ma très-chère mère, que les pensées de Dieu ont été plus élevées par dessus les nôtres que le ciel ne l'est de la terre, puisque, lorsque nous espérions la conservation de celui qui nous étoil toutes choses après Dieu, il lui a plu do nous en priver sans ressource ?
Je suis toute hors de moi en vous disant celte parole, sachant qu'elle vous sera comme un coup de foudre, ou conmie cette épée que nous considérions la semaine passée, qui avoit transpercé l'âme de la sainte Vierge, pour me servir d'une comparaison (pii ail (lu rapporta l'usage (pie nous devons faire d'une perle (pii a la vérité est en elîel inlinimcnt disproportionnée à la sienne, mais si je l'ose dire qui la surpasse en ce que notre vertu est si exln-'uiemenl inférieure à celle de cette; divine Mère, cjui n'a pu être abattue par aucun man(juen)eut de soumission à l'ordre de Dieu qui l'a voulu faire participer à la passion de son Fils autant «ju'une créature en étoil capable, KUe a dit sans doute au pied de la croix : Vuki la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole (S. Luc, c. i, V. 3S); et elle ne l'a pas dit avec moins de |dénilude de cœur «ju'elle l'avoit dit pour donner lieu à l'incarnation de Jésus- (^hrisl, sachant dès lors »|u'en devenant mère d'un Dieu, elle deviendroit aussi la mère d'un crucifié : tant il est vrai <jue les plus grandes grâces (jue Dieu fait en celle vie sont suivies des plus grandes épr(;uves. (l'est ce (pii rend notr(> alllicliou jirescpie incapable de consolalion, parce (|ue celui (jue nous pleu-
T. II. Il»