M. LEVÉQLE DANGERS A LA MERE AGNES
parliez aussi à elle, imisque nous ne sommes qu'une. Mais elle croit (ju'etant à aous autant quelle y est, et désirant d'être à Dieu tout ce qu'elle y doit être, elle n'est pas indigne de votre souvenir en particulier. Elle vous présente ses très-humbles respects et obéissances : elle vous demande avec moi votre sainte bénédiction. Nous sommes en peine de toute la famille dont nous ne savons aucune nouvelle.
Si j'avois la liberté d'écrire, je l'auiois fait a la mère supérieun; d'Angers, pour la lemercit'r des n liques (ju'il lui a plu de m'envoyor du bienheureux François de Sales, de quoi je conserve toute la reconnoissance que je dois, comme aussi des bontés quelle témoigne avoir pour nous.
Lettre de Mgr. Henri Arnauld, évéque d'Angers, à la mère Agnès.
Il répond à sa leure du 15 décembre, et lui dit les inolifs de son silence louchant sa nièce la sœur Marie-Angélique de Sainte-Thérèse.
2i décembre Ifi(i4.
J'ai ajipris, ma tres-chère sœur, avec une consolation tressensible, que vous avez une lettre du bienheureux François de Sales, par latpielle il fait paroîtie la charité (|ue Dieu lui avoit donnée [iomloule notre famille; (;t je ne m étonne pas qu elle \()Ussoitsi clière et si précieuse. Elle vousdevroit, ce \uv. semble, servir dune très-[iuissante recomrnandaliou au lieu où vous êtes; mais Dieu vous veut présenlemeul dans un elat île peine, de soutlrauce et daftliction , et cela durera laiil qti il lui |)laira.
Je vois bien, ma très-chère sœur, que vous êtes étonnée que je n'aie lait aucune réponse à votre lettre du 8 du mois passé touchant ma nièce : mais que vous aurai-je pu dire sur un lel sujet, dans une aussi grande captivité (|ue celle où vous continuez d élre ? non, par la grâce d»; Dieu, (pie je craigne de dire mes sentimens, |)uisque je veux bien ijue tout le monde les sache; mais parce (|ue, plus je vais en avant, et moins je m'accoutume a me voir réduit a ne vous écrire (jue des lettres que l'on voit auparavant que de vous les rendre, comme s*
nous étions des personnes convaincues d'avoir conspiré contre rÉlat. Dieu jugera un jour si nous méritons d'être traités de la sorte,
J'avois cru que celte pauvre enfant seroit traitée différemment de vous après avoir signé, mais je vois que non, puisquelle n'a aucune nouvelle de la famille non plus que vous.
Il faut adorer dans le silence les secrets de la divine Providence, c'est tout ce que nous pouvons faire présentement, ma très-chère sœur, et assurez-vous que mon cœur est tout à vous.
t Henri, évêque d'Angers.
DIV. — A Mgr. de Péréfixe, archevêque de Paris. Elle lui demande la sainte coramuaion à la fêle de Pâques.
29 mars 1665.
Monseigneur, J'ai laissé passer le saint jour de Noël sans oser me présenter devant vous pour vous demander très-humblement la même grâce que je n'avois point obtenue à la Toussaint \ dans la crainte que ma prière ne vous fût désagréable. Mais, après cinq mois de silence, le temps de la grande miséricorde du Fils de Dieu étant arrivé, où il demande par la voix de son sang à son Père éternel la réconciliation des homm«!S,j'ai cru. Monseigneur, que je pouvois espérer qu'il me seroit permis de me prosterner à vos pieds pour vous exposer avec toute Thumilifé (ju'il m'est possible l'ardent désir que j'ai de faire une sainte Pàque avec Jesus-Christ, s'il lui plaît de vous inspirer de détourner vos yeux du mécontentement que vous avez contre moi, pour les porter à la compassion d'une personne qui est dans la douleur de toutes parts pour ne pouvoir allitr votre commandement avec sa conscience.
Jesuis assurée, Monseiiinem-, et vous nous avez l'ai t l'honneur
< yualie jours devant la Toussaint, la mère Agnès écrivit la plus belle lettre et la plus louchante à M. de Paris, pour lui demander la sainte communion... (Relaiion de la caplivité de la sœur Marie-Angélique de Sainte-Thérèse.)
I>V. — A M. I.ARCIIEVÉtHE DE PARIS. I!»7
de nous le iliie |)liisieurs fois, (|ue vous ne voulez pas (juon fasse jamais rien contre Dieu. C'est ce (|ui me fait croire (|ne je vous obéis en elle!, i»uis(|ue dans la forte persuasion où je me trouve «pie je coinniellrois un péché en signant, ce seroit in'éloifjiier de votre intention que de le faire, a moins que je ne clianj-^easse de sentiment. C'est donc, .Monseiuneur. cette disposition (pii nest |ias une résistance à votre xolonte, mais une impuissance de m'y soumettre, qui devroit, ce me semble, me servir d'excuse, s'il vous plaisoit d'y avoir éj^^ard. Que si je ne suis pas si heureuse pour cela, et que vous jujiie/ toujours que ce soit une faute qui mérite punition, ne compterez-vous |)oint, Monseijineur, un exil assez rude et assez lonji, en vous relâchant, par miséricorde, d'une défense infiniment sensible comme est celle de la participation des divins mystères, et surtout en cette fête où rE},'lise ne convie pas seulement ses enfans de s'a|>procher de la table de Dieu . mais elle les y obli},'e et leleurconnuan(le?II n'y a «pie les indig^nes qu'elle n'y appelle pas. Je suis, Monseigneur, devant Dieu ce que lui seul connoît,etvous me ferez être extérieurement tout ce «pTil vous |)laira, ayant la puissance de me délier. Mais je ne puis «|ue je n'espère que vous aurez enlin la i)onlé de vous rendie mon libérateur. C'est le sujet des prières que j'offre sans cesse à Dieu, (jui ne lui seroient pas agiéal)les si elles n't'toient accon)pagnées de toute riiumilité et l'assujetlisscment que je dois à vos ordres, et de la résolution de ne diminuer jamais le profond respect avec lequel je suis, etc.
DV. — A Mgr. de Péréfixe, archevêque de Paris.
l'uiir lui (leniaïKler la cuminuniun pendant les trois mois de driai «pic la liulle n('(-()rd:iil |ioiir la signature du nouveau forniidaiio.
20 mai I <)('>•>.
Monseigneur, .Monsit tu- l'ablM' Chaniillard ' nous ayant apjiorlé votre ordonnance |tour piibli«'r la bulle de imtre saini père le pape*, «pii oribinnede signer im nouveau f«>rmidair«'
' Dorlenr de .'^orl)olllle (jue M^f de Pcn'dixe avait donné aux rdij^ieiKO» |i(inr «•«)nfcssenr el «-«ipi-rieiir.
» M.'xandrr VII. Itnile .lu \ , iV-Mur ni'i'i. riii ."^.-In-.- I.' 20 axiil.
que Sa Sainteté a dressé, j'ai crn, Monseijfneur, que le changement qui arrive dans celle affaire me donnoit sujet de vous supplier très-hun)blement (pi'il vous plût de me rétablir dans l'usage des saints sacremens pendant les trois mois que Sa Sainteté accorde pour satisfaire à son commandement. J'ai passé, Monseigneur, la fêle dePàipies dans la privation du précieux festin (|ue Jésus-Christ fait a ses cnl'ans en ce grand jour, dont le mystère de la Pentecôte est le dernier accomplissement el dans lc(iuel il a donné la plénitude de son Esprit, qu'il communique jiar la sainte Eucharistie avec plus d'abondance (pie dans tous les autres sacremens. Si vous me faites la grâce, Monseigneur, d'en ai)procher pendant ces trois mois, vous me donnerez le plus grand secours que je puisse avoir pour obtenir de Dieu la grâce de connoître et d'accomplir sa volonté en me séparant de toute préoccupation et de tout attachement qui me pourroit rendre incapable de suivre la lumière qu'il plaira à Dieu de me donner, que je lui demanderai dans Vimlifférence, n'étant [)oint déterminée à ne pas signer. Je me j)ersuade, Monseigneur, que vous aurez la bonté de vous servir de cette occasion pour avoir pitié de nous, en faisant cesser un si long jeûne qui nous pénètre le cœur, puisqu'il n y a rien de si juste que cette privation soit la douleur unique des âmes qui ont renoncé à toutes choses pour posséder Dieu. J'attendrai, Monseigneur, avec confiance la grâce que je vous demande avec toute sorte d'humihté, et j'espérerai que vous me ferez encore celle de me donner votre sainte bénédiction, qui doit être acquise à une personne qui est autant que moi avec un profond respect qui ne peut être plus grand , ftlonseigneur ,
Votre très-humble, etc.
DVL— A
Ayant su de quelle sorte on parlait de sa lettre du 20 mai, elle en témoigne son affliction avec beaucoup d'humilité aux personnes de qui elle l'avait appris.
Ce jour de saint Jean, 24 juin (1(565).
J'ai une grande douleur de celle que je vous ai donnée par
T)vi.— A 109
ce nialhoiipux mot (V indifférence, ie dis moi, |Kircc cjiie mes nièces' ne l'ont mis qu'avec mon consentement, comme vous le jugerez bien maintenant, i>nisi|ir"il est clans ma dernière à Monseigneur. Les |)au\res tilles ne m'anroient jamais voulu faire une telle intidélité : toute la faute csf sur moi, (jui me suis laissée persuader à M. Cliéron que ce terme n'étoit rien, et que ce seroit n'être pas chrétienne d'être si attachée a son sens qu'on fût résolue de ne s'en jamais déprendre. Et il nous dit qu'il n'avoit confessé et fait coînmimier notre mère abbesse*, qu'a|)rès qu'elle le lui eut accordé, ce qu'elle ne lit pas sans l'avoir fort contesté auparavant. Je m'en servois dans la pensée que j'étois |)rète à signer encore s'il se i)résentoit quel- (jue chose de bon, et non pas de l'opinion de celles (jui disoien qu'elles ne signeroient jamais rien ni bon ni mauvais. Mais j'avoue ma faute, et n'y veux |)lus chercher d'excuse. Dieu m'a humiliée avec justice , et ce (jui me touche plus vivement, c'est laftliction (jue je vous ai donnée, et a nos sœurs si elles l'ont su. Je fus hier outrée de regret en recevant vos lettres; mais ce fut néanmoins avec une grande consolation de me voir instruite et corrigée facilement, car vous ne pensiez |tas encore que j'eusse part à celle faute. J'avois résolu de me priver de la sainte conununion aujourd'hui ; néanmoins l'occasion que Dieu me donna de m'expli(iuer à M. Chamillard, comme vous le verrez, me fit croire que je le pouvois faire. Vous me manderez, s'il vous plaît, ce (jUc je ferai à l'avenir, si vous en avez l'occasion.
Je n'en dirai pas davantage pour épargner mou leil. Ma nièce Angélique m'aftlige de s'aflliger comme elle fait, de ce qu'on l'a crueeapahii! de manquer d(; naturel envers moi. Je l'accuse de préférer la nature a la grâce; elle me fait pitié d'être si sensible : mais pour parler spirituellement, c'est être trop humaine.
• La sœur Marie-Anijélique de Sainle-Tliérèse. el la sœur Marie-Çliarloltc de Sainte-Claire qui était avec la mère Agnès de|»uis le mois de mars.
' Madeleine de Sainte -Agnès de Ligny.
-2()() LETTRES I)i: LA MKKL AGNÈS.
DVII. — A Mgr. de Péréfixe, archevêque de Paris.
Pour lui demander la réunion, îi Porl-Royal-des-Champs, de toutes les sœurs exilées qui n'avaient pas signé. [Elle savait que c'était l'intention de M. l'archevêque.)
Gloire à Jésus au Ti ès-Saint-Sacrement !
Ce jour de saint Jean, 2i jimi 1665.
Monseigneur, La grâce qu'il yous a plu de me faire en me permettant dapprocher des saints sacremens, dont je vous rends, Monseigneur, de très-humbles remerciemens avec une extrême reconnoissance, me donne la confiance, Monseigneur, de vous en demander une seconde avec toute Ttiumililé dont je suis capable, qui est qu'il vous plût de nous încllre à Port- Royal-des-Champs avec toutes nos sœurs qui sont en divers monastères, ou elles n'ont point signé. C'est, Monseigneur, la pensée qui me vient en l'esprit toutes les fois que je m'occupe de la signature qu'on nous demande, croyant que le premier pas qu'il faut faire pour nous donner moyen de nous y appli- (|uer, c'est de nous réunir ensemble, et que ce seroit nous priver de toute résolution et même délibération, de nous tenir dans l'état de séparation où nous sommes. C'est le sentiment de mes deux nièces qu'il vous a plu de mettre avec moi, et qui croient que, si elles peuvent faire quelque chose, ce sera par réimion à leurs sœurs, la signature qu'elles ont faite séparément ayant été une source de peines et d'inquiétudes qui les a accablées de douleur. Je suis fondée, Monseigneur, dans la proposition que j'ose vous fjiire, sur la promesse du Fils de Dieu, par laquelle il nous assure qu'il sera au milieu de ceux qui seront assemblés en son nom. Ce seroit alors que nous unirions nos cœurs et nos prières ensemble pour invoquer la grâce de Dieu, et pour lui demander sa conduite dans ce qu'il veut que nous fassions; à quoi j'ajouterai, Monseigneur, que Dieu me rende digne de ne m'éloigner jamais du profond respect avec lequel je dois être
Votre très-huuible el Ires-obéiss.mte, etc.
1>\III. — Al X S(i:iHS l>K POHl-HOVAL UK l'AlUS. :ÎUl
Billel aur sœurs <li' Parl-Iioi/dl de Paris, (jui n'araivul pas signé :
Je vous (onvoie), mes chères sœurs, la copie de la lettre que j'ai «'crile à Monseiirnenr, (jui vous assurera que je ue me suis engagée à rien (ju'a prier Dieu, qui est ce(|ue vous avez intention lie faire.
DVIII.— Aux sœurs de Port-Royal de Paris, qui n'avaient point signé.
Pour lever la Hifficullé qu'elles .'ivaienl à entrer dans la proposition qui leur (Hait faite de se rendre à Pnrl-linyal-des-Clianips, en même tem[)s que leurs stmirs captives, pour y délibérer eiisendile sur la sii^miUire du formulaire d'.Alexandre VII.
27 juin I6fi.\).
.M. Chamillard me demanda la veille de saint Jean i»niir me (lire (|u'il avoit vu toutes nos sœurs dti <k'liors. et (ju'elles lui avoient toutes dit, poin- répondre à la |)ropositiou de signer, qu'elles ne pouvoient rien taire si elles n'éloient réunies, et (^n'on les mît avec noii«; à Porl-no\aI-des-Cliainps pour concerter ensemble, elc. Il me dit tjue si je le désirois, il se promeKoit de le faire agréer à Monseigneur l'archevêque. Je lui dis que j'en serois fort aise, pom'vu <|ue cela ne m'enj^ag«'àl à rien; ce (pi'il m'assura. J'ai rciil a Monseigneur pour l'en supplier comme d'une grâce, i)uis(|u'il est en sa main de faire de nous ce qu'il lui plaira; et j'ai regardé cela conuiie une cessation de rigueiu' et non connue un<i nouvelle violence, n'en trouvant point à nous mettre dans une de nos maisons, et (|uc je préférerois maintenant à celle de Paris, quand on me douneioit le choix d'y retourner. Je ne peusois pas ce jourlà que ce lut l'intention de .Monseigneur d'y envoyer aussi celles de Paris (|ui n'ont point signé, ce que M. Chamillard me vient d'appnmdre et en même tc^nips (|ue, vous l'ayant [»roposé, vous aviez t«''iiioigné ihî le voidoir pas, comme si c'étoit vous faire une injtistice. Je crois, mes chères saurs, tjtie vous envi.sage/ cela d'une sorte qui vous fait penser «jue vous devez con-civcr \otnî maison, <|tioiqin' d'aillciu's vous l'c^xposicz pour le bien de vos âmes. Pour moi, je i cjjai de iiolir létiniou <(uumt'
le pins grand avanla{?e qui nous puisse arriver; et je sépare rintérêl de notre lempnrel de Tunique intérêt que nous avons de n'clre qu'un même cœur et un même esprit ; ce qui ne peut être entièrement dans la séparation où l'on est dans l'ignorance des sentimens les unes des autres.
Je vous avoue, mes chères sœurs, que je m'en suis bien fait accroire dans cette occasion, m^maginant que vous seriez bien aises de nous revoir, comme j'avois une joie très-grande d'espérer que je vous embrasserois encore. Que si vous avez des inclinations que vous jugiez préférables à celle-là, il me faudra donc résoudre de ne vous jamais revoir, comme on nous \e fait entendre. J'ai donné moi-mêmecette lettre à cette bonne fille que je prierai de retourner demain, pour nous apporter votre réponse, que je me promets qui sera favorable quand vous aurez considéré que votre refus sera cause de la continuation de la captivité de nos sœurs et de la nôtre. J'ai écrit ceci de ma main sans vouloir épargner mon œil, qui ne sauroit être mieux employé qu'à vous donner des marques du désir que j'ai de vous témoigner de vive voix que je suis encore davantage que je n'ai jamais été, mes très-chères sœurs, entièrement à vous et votre très-hiunble sœur et servante.
Sœur Catherine-Agnès de Saint-Paul, Relige ind^
DIX. — Aux mêmes sœurs de Port-Royal de Paris. Sur le même sujet.
Gloire à Jésus au Très-Saint-Sacrement ! Ce dimanche 28 juin 1665.
Mes très-chères sœurs, La bonne tourière m'a rapporté la cordialité avec laquelle vous l'avez reçue, parce qu'elle vous portoit de nos nouvelles. Encore que je n'aie pas été surprise, mes chères sœurs, de cette marque de votre bonté pour moi, en ayant déjà reçu une infinité d'autres, je n'ai pas laissé d'en être extrêmement consolée, et de vous en être extrêmement redevable, comme aussi de vos i)réscntsqui signifient l'etJusion
DIX. — AUX SŒIRS DE PORT-ROYAL l)K PARIS. 50^
de votre amour, Jeth-sireque la feiinclô du chapelet^ se chauge en flexibilité sur le sujet dout il s'aj:it,au(|uel je trouve toujours iridins (le (iifficultc. Que si lou exif^eoit de vous de renoucer à votre mouaslèrede Paris, vous auriez raison de ue le pas faire; mais pour passer d'un Port-Royal agité et divisé à un Porl- Royal uni et Irantjuille. en vérité, Je ne comprends pas (|uel péril vous y trouvez. Jaurois l)ien désiré d'avoir aujourd'hui votre réponse, y ayant des raisons fort considérables qui font craindre le retardement de cette affaire. Je considère Uf'aninoitis que vous avez un gratui office, et cpTil faut lie.iucoup de temps pour s'assembler [)lusieurs fois. Vous donnerez donc heure à cette bonne fil!»! |)OMr retoiu'ner demain quérir votre lettre qui ser.i, s'il vous |>lait, bien claire et bien définitive; et prenez garde aussi qu'il n'y ait point de termes qiii ne puissent être vus de Monseigneur rarcbevèque. au cas (|u'ii fallût (la) lui nionlrer, ce qui ne sera |>oint s'il ne demande à la voir.
L'on nous a dit le mal de notre bonne sœur Catherine de Saint-Paul . (|iii est fort à craindre dans l'âge où elle est. Je tâche de l'avoir toujours présente devant Dieu ; je vous supplie de l'en assiutret que je demande pour elle autant di; confiance que d'humilité et de crainte, afin de regarder d'une part toute la vie religieuse, (juehjue buigue (|u'elle ait été et cpielque bonne (juelle ait pu être, comme du veut, selon rex|)ression de rÉcnlure; et d'autre part (ju'elle s'enrichisse des mérites infinis de Jésus-Christ, et qu'elle [«aroisse devant lui avec ce bou()uet de myrrhe ((|ue notre père saint Rernarc^tortoit toujours sur son sein), afin d'avoir un accès assuré au trône de sa miséricorde, et de la demander p(flir toutes celles qu'elle laisse dans les peiils. où l'on est toujoius pendant cpu' l'on vit sur la terre. Je ne doute point, mes chères somms, de votre charité pour elle, et pour toutes les autres (|ui n'ont pas été de Vos senlimetis, puis(|u'il est permis de n'ètitî pas unies dans l'espiit par unediNersilé d'oiiiiiions. au heu que la désunion des ((eurs n'est jamais peruM>e a ceu\ <|ui \eideul dire le Putcr comme il faut.
' Ce rhtipt'lrt «'lait apparciiimi'til du nuniltre des pnsents que les sa'ur> df Porl-Koyal av:iiciit nixoyés à la mère Agnès.
-20 i LKTlIUiS DE LA MKUi: AGNÈS.
Je finis, nit'S Irès-chèrcs sœurs, comme j";ii commencé, par la reconnoissance de l'affection que vous me témoignez. Que si je n'ai pas la charité, non plus que les autres vertus, au même degré (jue Dieu vous les a données, je désire au moins d'en approcher le plus qu'il me sera possible , et que vous ne vous puissiez pas plaindre que vous aimez une personne qui n'avoit pas assfcz d'amitié pour vous; ce qui me sera une obligation de demander à Dieu un cœur nouveau pour être digne de le répandre dans les vôtres, (jui ne sont animés, comme je crois, que de son saint amour. C'est en lui , mes très -chères sœurs, que je serai toute ma vie, votrj très-humble et très-affectionnée sœur et servante.
Sœur Catherfne-Agnès de SAmi-PAUL, R^e ind^
Le billet qui suit étoit avec sa leth'e écrite de sa propre main:
Il ne suffit pas, mes chères sœurs, que votre lettre se puisse montrer, mais je vous supplie de n'y pas joindre aucun petit billet où il y ait quelque chose que vous ne voulussiez pas qui fût su.
Je vous dirai encore que, si vous consentez à venir à Port- Royal, vous le fassiez de bonne grâce, et non pas en vous plaignantqu'on vous fait tort, puisqu'en effet je ne crois pas qu'on le puisse dire légitimement.
DX.— Aux mêmes sœurs de Port-Royal de Paris.
(Mgr. l'avchevêque vint raprès-fJînée du même jour 28 juin) et prit la peine d'apporter lui-même ce billet.)
28 juin 1665.
Mes très-chères sœnirs, Il y a quelque apparence, par ce que vous avez dit à la bonne tourière, que vous doutez si je désire véritablement daller à Port-Royal-de?-Champs', pour faire une réunion qui nous rendra capables d'aviser ce que nous
» Les sœurs craij^naioiil (|ue la mère Agnès ireùl (Hé trompée par quelque artifice de M. Cliamillanl.
n\i.— \ix siF.iRs m: port-royal de paris. 205
aurons a laireau bout de trois mois '. Je nous assure, meschèrcs sœurs, que je n'ai point d'autre tin (jiie celle-là, et que je la crois avanta^^euse pour nous toutes. Je vous en ai entretenues ce matin, et je me promets que vous y aurez quelque égard, et que vous croirez, s'il vous plaît, que je ne vous conseille rien en cela (jue je ne le lisse moi-même si j'étois avec vous, croyant être obligée de préférer le sentiment de Monseigneur * à toutes les raisons qui ne sont point de conscience. Je suis, mes chères sœurs, entièrement a vous,
Sœur Agnes de Sai.nt-Rvi l, H-- ind*.
DXL— Aux mêmes sœurs de Port-Royal de Paris.
.■^iir le iiièuie >ujel.
•Jït juin I660.
Vous ne pouviez, mes tres-clieres sœurs, me faire une plus agréable députation que celle de iM"'' de Monglat. J'ai le cœur tout épanoui de joie d'avoir eu riioiiiieur de la voir et sa couq)agiiie, et c'est poiu" ne la pas perdre que je ne vous ferai qu'un mot pour vous dire, mes Irès-cheres, que je vous trouve les plus raisoimables du monde de ne vouloir pas vous di siuiir d'avec celles qui sont de vos smliuieus. Mais j'es[)ere (juc vous Tobliendrez, puis(|ue Monseigneur ma dit positivement <|iiil désiroit que vous y allas>i(Z toutes. H n'y a ipieM. Cbamillard qui avoit dessein d'eu n tenir |)0ur le cha'ur ; mais il .ijoiila pourtant (jue celles (jui ne le Noudroieul pas on les laisseroit aller. Je ne sais (jue dire sur les raisons (|ue vous avez outre celle-là, parce (jiie je ne les sais pas; <|ue si elles ne font point de |)réjudic<; au \oyage, et (jue vous soyez lesolues de >enir, je vous suppli(.' d(; le faire en la meilleure manière (|ue vous pourrez. C'est, mes chères, tout ce que je vous puis dire dans la hàte«pi(.' j'ai d aller revoir la chère compagnie. Vous con-
' AfCOnli'S |i:jr la Imlif ilii [lapc Alexamlri' VII, ri au lioiil deMjiu'ls il n'y aurait que l'alierualive «li- se sonniotOt-, ou ilflre t-MouiMMinii'.
> Ou a \u |ir<'(-<-i|iMMiii«-iil (|) :!()l)<|ue rKiôc d*- réunir à 1*. H. des Cliauip^ le^ suiir» de l'aris (|ui n'avaicul |>as >iniié, venait de ^ar^■lle^èl|ue,